Après la condamnation de Fanny, faut-il légiférer contre le voile et la burqa ?

Publié le 4 novembre 2008 - par
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Un juge vient de céder devant les pourfendeurs de la République Laïque en confirmant en appel, la condamnation en 1ere instance de la propriétaire d’un gite dans les Vosges, Fanny Truchelut, qui avait refusé l’accès aux parties communes de son gîte à une femme voilée.

Au travers de ce jugement inique et scandaleux, ce sont les valeurs fondamentales de notre république laïque qui sont bafouées.
Fanny Truchelut a eu le tort de s’opposer à la soumission et l’humiliation que symbolise le port du voile que s’imposent ces femmes, qui en vérité ne sont pas libres de leur choix.

Fanny Truchelut était condamnée d’avance, car le juge a traité cette affaire sous l’angle de la discrimination religieuse.
Le port du voile ou de la Burqa pour les femmes n’est nullement écrit dans le Coran. Il est donc des plus surprenants que le juge ait pu considérer que Fanny Truchelut avait porté atteinte à la liberté de culte de cette cliente.

Non Fanny, tu n’as pas à rougir de ce que tu as fait. Tu étais dans ton bon droit, même si la justice laïque n’a pas voulu entendre ton cri de colère et d’indignation contre l’oppression dont cette femme voilée était victime.

L’attitude de Fanny n’aurait pas été politiquement correcte et aurait heurté la pensée dominante actuelle, qui voudrait nous imposer le retour du religieux dans le débat publique.

Les discours du Latran et à Ryad du Président de la République ont redonné aux religieux un espace dans la sphère publique.
C’est malheureusement dans ce contexte que le procès de Fanny Truchelut a eu lieu et influencé les juges dans la décision qu’ils ont rendue à son encontre.

Fanny Truchelut ne méritait nullement d’être condamnée à de la prison avec sursis, comme un vulgaire délinquant.

On a voulu museler Fanny Truchelut avec ce jugement d’un autre âge, et lui faire comprendre qu’elle devait rester tranquille au risque de se retrouver en prison.

Ce jugement devrait être pour les démocrates une honte et une blessure car il remet en cause le combat des femmes dans nos sociétés occidentales qui ont lutté pour revendiquer leur indépendance et leur liberté contre toutes les oppressions d’où qu’elles viennent.

Les islamistes radicaux qui provoquent en permanence notre démocratie doivent jubiler et doivent penser qu’ils peuvent en toute impunité déployer sur notre sol, les préceptes de la charia qui sont totalement contraires à nos valeurs fondamentales.

Il ne faut pas croire que le port du voile dans les pays occidentaux soit totalement dénué de tout fondement politique pour ces islamistes radicaux et particulièrement en France.

Pour ces extrémistes, la France, pays des lumières, des droits de l’homme, de la dignité de la femme et de l’égalité des sexes est une cible privilégiée.

Ils veulent tester notre résistance face à l’intégrisme et voir si la tolérance qui caractérise nos démocraties occidentales cédera le pas à l’obscurantisme.

Comment peut-t-on admettre dans notre pays que la soumission à une lecture interprétative et archaïque du Coran, dans ce cas précis, soit tolérée ?

Comment peut-t-on imaginer que l’oppression quelque soit la forme qu’elle puisse revêtir, soit acceptée sur notre sol, sous prétexte que la tolérance serait notre ligne de conduite ?

Comment peut-on laisser prospérer dans les pays civilisés des courants extrémistes, dont le but initial est de s’attaquer à nos valeurs démocratiques et humanistes ?

Les politiques prennent conscience de la nécessité d’une loi limitant le port de la burqa au nom des principes de laïcité. Deux députés Jacques Myard et Françoise Hostalier ont déposé deux projets de loi allant dans ce sens.

Le 22 Juillet 2008, Françoise Hostalier, Députée UMP du Nord s’appuyant sur le fait que : « Le principe de laïcité suppose que pour garantir à tous une parfaite liberté de conscience, de pensée et d’expression, l’État doit non seulement être le garant d’une stricte neutralité »
a déposé un texte « visant à interdire le port de signes ou de vêtements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, politique ou philosophique à toute personne investie de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ».

Le 23 septembre 2008, Jacques Myard, Député UMP des Yvelines, lui aussi a déposé une proposition de loi « visant à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme résultant de certaines pratiques religieuses ».

Pour ce député le port du foulard islamique constitue un signe distinctif montrant l’appartenance à une religion.
Il rappelle également qu’aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le territoire de la République doit avoir le visage découvert permettant aisément sa reconnaissance ou son identification.

Il serait temps que la gauche se joigne à ces voix de droite pour réaffirmer les principes républicains, qui préserve l’égalité des sexes et la dignité des femmes.

Rappelons que la laïcité n’est ni de gauche ni de droite ni positive …
Il ne devrait pas y avoir dans la sphère publique de signes ostentatoires à caractère religieux, qui stigmatisent l’appartenance à une communauté, et rendent plus difficile l’intégration et l’acceptation du vivre ensemble au-delà de nos différences.

La pratique religieuse doit rester dans la sphère privée et ne pas apparaître dans la sphère publique.
Sphère publique, sphère privée, la frontière est bien tenue.
Peut-on considérer que les parties communes d’un gîte font partie d’une sphère privée ?
Une salle de restaurant est- elle un lieu commun ou une sphère privée ?
Une salle de cinéma serait-t-elle un lieu commun ou une sphère privée ?
Devra-t- on apposer, dans les lieux recevant du public, des règlements intérieurs pour interdire les couvre-chefs pour faire respecter la laïcité ?
Il faut absolument éviter que le procès de Fanny Truchelut ne fasse jurisprudence et n’affaiblisse les fondements de notre République laïque.

Les islamistes radicaux mènent une lutte contre l’occident et ses valeurs. Le port du foulard islamique constitue un signe distinctif montrant l’appartenance à une religion.

Cette guerre de civilisation est bien réelle. En Afghanistan, une femme qui travaillait pour une ONG anglaise a été tuée par les Talibans, qui la soupçonnaient de faire du prosélytisme.
Est-t-il possible d’interdire tout signe ostentatoire à caractère religieux dans la sphère publique ?
Il est difficile de répondre à cette question, car cela touche aux libertés individuelles. Cependant une loi aurait pour avantage de fixer un cadre légal et non discriminatoire.

Nous devons interdire le prosélytisme. Nous devons proscrire tous les courants extrémistes qui cherchent par tous les moyens à détruire le lien social qui sous-tend la coexistence entre les différentes cultures.

Non, nous ne devons pas nous résigner et réaffirmer haut et fort notre attachement indescriptible à la laïcité et ne pas abdiquer devant le danger que représentent les mouvements extrémistes, qui poussent nos sociétés à la division et à l’affrontement communautaire.

Ces femmes sont sous le joug de fanatiques, qui ont une lecture rigoriste de la religion musulmane et en cela jettent le discrédit sur les autres musulmans, qui n’ont rien à voir avec ces idéologues qui poussent au crime et à la haine des autres.

Cela ne devrait pas nous laisser indifférent quand de tels agissements se produisent dans les pays occidentaux et pourtant, nous les laissons agir et proférer leur haine de notre civilisation.

Nous ne faisons rien ou presque rien pour les empêcher de nuire en Occident, par contre, nous n’hésitons pas à envoyer des troupes dans les pays où sévissent ces mêmes islamistes extrémistes pour défendre et restaurer la démocratie.

La défense des libertés et la lutte contre l’obscurantisme ne doivent pas être à géométrie variable où être guidée par des intérêts exclusivement géopolitiques.

Jusqu’à quand devrons nous continuer à courber l’échine devant tous les intégrismes d’ou qu’ils viennent ?
C’en est trop de ne pas défendre nos valeurs au risque de nous renier. Nous devons dénoncer les dangers du communautarisme, même si nous devons déranger les bonnes consciences.

N’ayons pas peur de défendre les valeurs de notre république laïque en balayant d’un revers de la main ceux qui nous traitent d’islamophobes.
Défendre les principes républicains et rappeler que la laïcité permet de préserver le pacte social qui nous unit face aux dangers de l’intégrisme religieux serait –t-il devenu hors la loi dans le Pays des Lumières et de la Révolution de 1789 ?

Trop de compromission, trop de résignation, trop de renoncement ne peuvent que conduire dans une impasse nos libertés fondamentales.
La laïcité ne se marchande pas. Elle ne peut accepter que des courants religieux cherchent à la dénaturer par des provocations incessantes dont les effets dévastateurs ont conduit des quartiers entiers, à vivre selon les lois édictées par leur religion qui sont à leurs yeux plus fortes que celle de la République.

De tout temps, la France a été un pays de terre d’asile et d’accueil pour les populations d’origine étrangère.
Nous devons continuer le combat de l’intégration en s’opposant fermement à l’obscurantisme qui se propage dans nos cités.

Fabrice et Marie José LETAILLEUR

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