Après les obsèques de Simon Blumental

Publié le 10 juillet 2009 - par
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Ce mercredi 8 juillet, il pleuvait sur le cimetière de Bagneux. Notre ami Simon Blumental y repose à présent pour toujours. Simon est parti comme il a vécu, avec cette modestie qui le caractérisait. La nouvelle récente et précipitée de son décès n’a sans doute permis qu’à trop peu de ceux qui l’ont connu, admiré et aimé, d’être présents lorsqu’on le mit en terre.

Autour d’Anna; sa compagne de toujours, il y avait sa famille, ses enfants, frères sœurs, nièces et neveux. Dignes et soudés, se mêlaient à eux les amis de Simon, les plus proches et les plus fidèles, comme le furent Rachid ou Mohamed Sifaoui. J’étais venue à l’enterrement de Simon, par amitié, et aussi pour représenter Riposte Laïque, accompagnée de Pierre Cassen et de Pascal Hilout. Alain Calles, ancien président du Mrap, vint nous saluer. On vit Dominique Sopo, président de Sos Racisme aux côtés de Mohamed Sifaoui.

La cérémonie fut brève et il n’y eu pas de longs discours, seulement une prise de paroles, celle de Mohamed Sifaoui.. Son intervention fut courte et chargée d’émotion. Il eu les mots simples et justes qui vont droit au cœur, sans doute les mots que Simon aurait aimé entendre, ceux d’un compagnon des derniers jours, ceux qu’on dit avec la pudeur d’un chagrin partagé et qui ne laissent personne indifférent. Sa manière de parler de la curiosité de Simon pour la chose politique, notamment pour la situation iranienne, alors qu’il savait qu’il allait mourir dans quelques jours, toucha toute l’assistance.

Ce grand personnage que fut Simon Blumental, j’aurais aimé le connaître davantage. C’était un ami, mais avant tout un ami de combat, un militant laïque. S’il avait parfois le ton vif et cinglant de ceux qui défendent leurs convictions avec passion, il avait surtout cette humanité qui le rendait particulièrement attachant et qui nous faisait oublier ses excès d’humeur. « Algérie Ensemble » fit partie de la Coordination Féministe et Laïque, que j’ai eue l’honneur d’animer avec Anne Zélensky jusqu’en 2006, et qui fut créée au moment de la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école. Elle rassembla un grand nombre d’organisations laïques et féministes. Cette alliance des féministes et des laïques, fort bien racontée par Anne Zelensky dans « Les dessous du voile », donna naissance, quelques années après, à Riposte Laïque.

La CFL eut, aux côté de l’association « Ni pute, ni soumise », un rôle important dans l’organisation de plusieurs initiatives, comme des meetings parisiens, avant le vote de la loi du 15 mars 2004, les manifestations du 8 mars, où, avec Ni Putes Ni Soumises, nous avions décidé de ne pas laisser la rue au Collectif National du Droit des Femmes, qui acceptaient les voilées dans ses rangs, et combattait la loi contre les signes religieux à l’école. La présence assidue de Simon au sein de cette structure, me permit d’apprécier aussi le militant féministe qu’il était. Il apportait de la richesse à nos débats, des idées nouvelles, quelque chose de plus que nous ne pouvions pas négliger. Je n’oublierai pas les discussions que nous avions à cette époque. J’appréciais ce qu’il était, un interlocuteur direct et franc, un défenseur des valeurs qui font progresser l’humanité, un homme profondément attaché à la liberté d’expression.

L’adhésion de Simon Blumental à la ligne de résistance de Riposte Laïque a été le prolongement logique de son parcours d’homme engagé dans tous les combats pour défendre les Lumières contre l’obscurantisme, et pour lutter contre tous les racismes et tous les fascismes. Aujourd’hui nous sommes nombreux à RL à savoir combien il va nous manquer. Nous partageons la tristesse de sa famille et de ses proches.

Brigitte Bré Bayle

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