Article d’Anne Zelensky dans « Le Monde » : un ras-le-bol partagé par les lecteurs

Publié le 4 janvier 2010 - par
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Réactions à l’article d’A. Zelensky dans « Le Monde » du 21 décembre

Le ras-le-bol d’une citoyenne laïque, féministe et athée

On pouvait redouter de la part des lecteurs du Monde une indignation de bon ton, tant le ton de l’article d’Anne Zelensky tranchait avec les habituelles diatribes de nos plumitifs bien en cour, dégainant à longueur de papier contre l’islamophobie. Les mêmes qui crient haro sur Riposte laïque.
Eh bien, non !

Les réactions furent très nombreuses (quelques 300 messages répertoriés à ce jour.) Et elles furent à 95%, selon les calculs des lecteurs eux mêmes, non seulement positives, mais carrément enthousiastes. Les « bravo » et les « merci » se sont enchaînés. On célèbre les qualités du texte « Clair, lucide, profond. » ou encore « justesse de vue et impartialité.» On se félicite d’entendre enfin la voix de la Raison dans ce débat.

Mais, surtout, ce texte a fait du « bien », le mot revient souvent. Il a frappé au cœur. On sent de la souffrance derrière ce soulagement proclamé. Les lecteurs du Monde eux aussi, n’en peuvent plus des prêchi prêcha de leur quotidien.

« Ca fait du bien, je respire mieux, j’étouffais à vrai dire. » François.
« Soyez bénie entre toutes les femmes( !)… pour votre défense de la laïcité ! » Michel. Voilà donc que resurgit, détournée, l’ode à la Vierge. Je suis sûre qu’Anne en fut toute retournée.

A ce propos, notons une majorité de réactions d’hommes, et d’hommes convaincus. Tel ce jeune chercheur, « mollement catholique » et peu habitué à s’exprimer publiquement, qui conclut son message par ces mots : « Puissent 60 millions de français vous lire et vous entendre (vœu pieu.) »

Certains se félicitent qu’une femme « se soulève » « Elles devraient être des millions dans ce pays à le faire et leur silence m’inquiète », commente Gabriel.

Par contre, moins de réactions féminines. C’est parmi elles qu’on compte les critiques les plus vives. On sait que les femmes s’expriment moins facilement, elles n’osent pas, sauf quand c’est pour faire leurs griffes sur une consœur…

Alors, la conclusion s’impose. Le texte d’Anne montre que la pensée et les écrits de notre revue, Riposte laïque, expriment le sentiment profond d’une population excédée de se voir dépossédée de sa parole par la police de quelques « beaux esprits ».

On peut résumer à trois axes les attentes des lecteurs :

– « Remettre les religions à leur place » « Il n’y a pas de problème de l’islam, c’est leur problème. »
– Se manifester collectivement « À quand la grande manif laïque pour dire à tous les dévots (Molière, reviens !) de nous lâcher la grappe, nom de dieu »
– « Inventer une morale laïque, nettement plus forte que l’ensemble hétéroclite des « droits » qui en tient lieu aujourd’hui.»

Du pain sur la planche pour RL.

Jeanne Bourdillon

PS. Voici le PS qu’envoie à Anne un de ces lecteurs :

« Continuez votre combat, car il est TRÉS loin d’être gagné, comme le prouve ce petit texte qui raconte l’histoire véridique (rapportée en Europe dans le seul Corriere de la Sera) et que vous connaissez sûrement déjà. On pourrait la baptiser « Le petit Chaperon rouge au pays des mollahs » :

Nous sommes le 27 octobre 2008 en Somalie. Aïcha Ibrahim Duhulow vient de mourir. Voici son histoire. Aïcha est une adolescente de treize ans, mariée, comme il se doit, qui traverse à pied Mogadiscio, capitale en pleine guerre civile, pour rendre visite à sa grand-mère. Sur ces entrefaites, elle est agressée par trois hommes qui la violent chacun leur tour. Terrorisée, la jeune fille demande protection auprès des autorités… qui s’empressent de l’accuser d’adultère. Son procès s’ouvre à Kismayo. Sentence : la peine de mort, conformément à la charia. Le Petit Chaperon rouge n’aura hélas pas la chance d’être dévoré par le grand méchant loup. Car Aïcha est d’abord enterrée vivante jusqu’au cou puis lapidée par une cinquantaine d’hommes devant un public nombreux. Afin que tout se passe dans les règles, les pierres sélectionnées ne sont ni trop grosses, ce qui pourrait provoquer une mort rapide, ni trop petites, afin de rester un tant soit peu offensives. Au bout de quelques minutes, des infirmières déterrent Aïcha et constatent qu’elle vit encore. Mauvaise pioche. La famille d’Aïcha s’en émeut (seulement la mère, pour être précis) mais tout rentre rapidement dans l’ordre. Aïcha est replacée dans son trou et la lapidation peut continuer jusqu’à ce que mort d’ensuive.
À côté de ça, Charles Perrault et même Antigone, c’est de la dentelle…

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