Assez de démagogie gauchisante, la nationalité française doit être respectée

Publié le 2 août 2010 - par - 398 vues
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Le discours prononcé vendredi 30 juillet à Grenoble par Nicolas Sarkozy alimente cette période estivale en manque d’actualité. Combien de journalistes, combien de commentateurs auront pris la peine d’écouter l’intégralité du discours ? A les entendre, bien peu.

Ils se seront contentés de commenter au mieux une dépêche de l’AFP dont les journalistes dans ce domaine doivent tous être au NPA et n’ont jamais appris ce qu’était l’objectivité. Pour les autres, gageons qu’un article du Monde et des commentaires à la radio ou à la télévision leur suffira pour toute information. On ne s’étonnera pas que la Ligue des droits de l’Homme en tête – même Tubiana est convoqué, lui qui n’a jamais en bouche que le « classe laborieuse classe dangereuse »- nous fassent à nouveau le coup de Vichy ? Depuis le temps que même le PS ressasse cela, on se demande qui peut encore les croire. L’Humanité et le Parti communiste – enfin ce qu’il en reste – se découvrent un attachement à la République.

On passera sur Villepin, Dupont-Aignan et Bayrou qui, pour se démarquer de Sarkozy, enfourchent les déclarations assassines mais sans jamais aucune proposition.

Quand on prend le temps d’écouter le Président, son discours est ferme mais il prend bien soin ni de stigmatiser ni de généraliser, bien au contraire. Maintenant comme le fait Cyrano, on peut être dubitatif sur les paroles et attendre de voir les actes. Personnellement je préfère cette posture que la critique systématique.

Mais je voudrais parler plus particulièrement de la nationalité. De la même manière que personne n’écoute le discours, beaucoup de commentateurs n’ont qu’une idée vague du droit de la nationalité, c’est pourquoi sans entrer dans le détail, il paraît nécessaire de rappeler quelques éléments.

Au début des années 90, à la suite de la commission présidée par Marceau Long, vice-président du Conseil d’Etat, la possibilité pour les jeunes étrangers nés et résidant en France de devenir Français a été soumise à une simple manifestation de volonté dans laquelle les jeunes devaient très simplement remplir un formulaire exprimant qu’ils souhaitaient devenir Français. Tollé ! Drame ! La bienpensance aux abois ! Cette réforme résultait des auditions faites au cours des quelles des jeunes et en particulier les Algériens disaient ne pas vouloir être Français malgré eux. Dont acte.

En 1998, Elisabeth Guigou, ministre de la Justice a non seulement supprimé cette disposition mais a permis que cette déclaration puisse être faite dès 13 ans à l’initiative des parents, dès 16 ans ou automatiquement à 18 ans. Il ne fallait pas traumatiser ces jeunes. Résultat : tous les enseignants sérieux le disent : dans leur classe, tous les jeunes Français d’origine étrangère se déclarent tout sauf Français.

On voit même se développer un rejet violent de la France et de ses symboles. L’injure « sale Français » au même titre que « fils de ta race » sont devenues monnaie courante. Mais pour la bien-pensance de gauche, très présente au Conseil d’Etat, de toute façon être Français ou pas, n’a guère de sens sous couvert d’une déviation d’un humanisme primaire « nous sommes tous des êtres humains » ; avant la version « nous sommes tous des êtres vivants » reconnaissant des droits pour les animaux. Donc, sous les gouvernements de gauche l’accès à la nationalité française n’a cessé d’être facilité, l’assimilation se réduisant et encore à un niveau très faible, à l’obligation de parler français. Toutes les conditions préalables étant interprétées avec largesse (porter la burka ne gênait pas Madame Aubry) et les conditions de retrait ou de déchéance étant réduites à minima. La déchéance pour terrorisme a été rétablie mais pour les jeunes, alors qu’auparavant nul ne pouvait acquérir la nationalité s’il était condamné à une peine d’emprisonnement de six mois disposition abrogée par la loi Guigou, n’a pas été rétablie.

C’est même une des raisons de déclaration anticipée dès 13 ans, conseillée par les juges pour échapper à une éventuelle expulsion pour comportements délictueux. Alors, quand on entend d’éminents juristes énoncer que les dispositions annoncées seraient anti-constitutionnelles et remettraient en cause la nature de la République, on se demande si le soleil de juillet leur a fait tourner la tête.

Etre Français n’est ni un droit, ni une obligation. Ceux qui ne veulent pas être français n’y sont pas obligés. On nous parle d’apatridie ! Mais ceux dont on parle, disposent toujours d’une autre nationalité et s’en revendiquent ! Quand on nous dit : il n’y a pas deux sortes de Français, c’est absurde. Il n’y a qu’une sorte de Français en terme de droits civiques, d’égalité, en tant que citoyen. Mais il y a des étrangers qui deviennent Français et qui doivent remplir des conditions d’assimilation pour le devenir et peuvent perdre la nationalité, sous certaines conditions, après avis du conseil d’Etat. Certains commentateurs comme l’historien Patrick Weil ont feint de croire que Sarkozy viserait l’ensemble des Français issus de l’immigration depuis des générations, comme pour les Juifs sous Vichy. Il demandait à Sarkozy de préciser mais honnêtement lui-même ne semblait pas croire ce qu’il disait mais sans doute est-ce le fantasme se jouent la LDH et la LICRA pour annoncer le retour de Vichy. On joue à se faire se peur et cela permet de raconter n’importe quoi.

Quand on devient Français pour se jouer de la France comme le polygame de Nantes, n’est-ce pas une provocation, une insulte faite à la France ? Il y a beaucoup d’étrangers fiers et heureux de devenir Français. Il suffit d’assister à une cérémonie de naturalisation pour s’en convaincre. Ceux là doivent être respectés. Il faut séparer le bon grain de l’ivraie ; que l’on cesse d’excuser les délinquants, les criminels qui ternissent ceux qui se comportent loyalement, correctement. Or, de fait, la gauche et toute la bien pensance préfèrent défendre les délinquants au détriment des gens honnêtes, Français et immigrés.

Gabrielle Desarbres

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