Au Québec, le traitement de l’information est comme en France

Publié le 26 mars 2010 - par
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Monsieur Alain Rubin critique avec raison la vision d’un spécialiste du CNRS sur les drames quotidiens qui se déroulent au Nigéria, la qualifiant injustement, à mon avis, de très française. Ici, au Québec, quand à la télé, on parle de la situation dans ce pays, on la qualifie d’affrontements interreligieux (chrétiens vs musulmans). On ne va jamais plus loin. On ne nous explique pas la situation, on la qualifie dans l’abstrait. C’est pas plus compliqué que ça, simple comme bonjour. Autre exemple, Israël. Les Palestiniens font toujours pitié ; les Israéliens sont toujours les occupants de territoires sacrés. On ne nous dit jamais que le Hamas veut détruire l’État juif, que cet état est démocratique et non pas dictatorial. À côté, il y a une Palestine affamée, pitoyable, peuplée de pauvres enfants soumis à l’arbitraire de monstres surarmés et entêtés. On ne le dit pas avec cette crudité, on le laisse entendre, ici aussi, au Québec. On ne met plus rien en relief et cette vision s’impose à nous sans plus de questionnement. Le misérabilisme est devenu l’aune avec laquelle on mesure toute situation.

Et pendant et temps, une Égyptienne étudiante en français au collège Saint-Laurent à Montréal fait la une au Québec. La pauvre fille est ostracisée puisqu’elle a été mise à la porte parce qu’elle ne voulait pas enlever son voile intégral lors de l’examen de français. Elle crie à qui veut l’entendre que son vêtement est un vêtement comme un autre et qu’elle est au Québec, un pays de liberté. Elle a fait appel devant la Commission des droits de la personne contre la décision du collège et de la ministre de l’Éducation qui approuve la décision du collège. On l’a vue à la télé avec son interprète voilée. La pauvre martyre de sa foi n’en revient tout simplement pas. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, elle a dit qu’on avait brisé son rêve. On n’ose à peine le croire ! Cette dame couverte des pieds à la tête est sans doute en service commandé pour jauger notre système de justice et des droits de l’homme. Qu’arrivera-t-il ? Peut-être devrons-nous l’indemniser pour lui avoir imposé des mesures iniques dignes de l’Arabie Saoudite. Qui sait?
Ainsi va le monde au Québec et en France. Et ailleurs.

Richard Desgagné

Chicoutimi

Québec

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