Avec Nicolas et Jean-Luc, un peu de fraîcheur républicaine pour oublier l’UMPS

Publié le 25 novembre 2008 - par
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Les journaux télévisés ne parlent que de la guerre civile qui sépare le PS en deux camps où chacun suspecte l’autre d’avoir triché. Nous ne voyons pas une feuille de papier à cigarette qui sépare le programme politique de Ségolène Royal et celui de Martine Aubry. Mais la conception du fonctionnement du parti n’est pas la même. Il faut reconnaître que l’ancienne candidate à la présidence de la République, qui la joue aux sentiments, qui se présente comme la « madone des Français » avec lesquels elle aurait des « atomes crochus », a su fédérer, contre elle, un axe large allant de l’aile gauche Filoche à l’aile droite Strauss-Kahn, en passant par Emmanuelli, Hamon, Fabius, Aubry, Delanoë, Lang et toute la vieille garde dont les Français ne veulent plus entendre parler ! Mais il faut aussi admettre que, bien que Ségolène Royal ait fait le meilleur score des motions (29 %), le total ajouté des trois autres motions, qui appelaient à voter contre elle, aurait dû donner à Martine Aubry un confortable avantage sur sa rivale. C’est donc un véritable camouflet, à l’instar de celui infligé à Delanoe par la fédération de Paris, que les militants de base, lassés de voir toujours les mêmes à la tête du parti, ont infligé à Martine Aubry et à ses alliés.

Par ailleurs, même si nous n’avons pas davantage confiance en la régularité des scrutins dans l’Hérault ou dans les Bouches du Rhône, supporters de Ségolène Royal, que dans le Nord ou en Seine-Maritime, supporters de Martine Aubry, si c’était finalement, comme c’est probable, Martine Aubry qui était élue secrétaire du Parti socialiste, ce serait le couronnement de la pire anti-laïque qui existe au Parti socialiste (1).

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy, qui doit bien rire du spectacle offert par les dirigeants du principal parti de gauche, fait ce qu’il veut de l’UMP, qu’il prépare à mener la bataille des européennes. S’il est un domaine où il faut vraiment beaucoup d’imagination pour faire la différence entre l’UMP et le PS, c’est bien sur la question européenne. On se souvient que, déjugeant les promesses de sa candidate, qui avait promis un référendum lors de l’élection présidentielle, le Parti socialiste a soutenu la ratification du traité de Lisbonne voulue par le nouveau président, en février, trahissant le vote du peuple, le 29 mai 2005. Quant à la laïcité positive, on attend avec amusement les futures protestations de Martine Aubry, avec le brillant palmarès qui est le sien, à Lille. Sur la discrimination positive, que tout le monde veut mettre en avant depuis l’élection d’Obama, on a vu sans étonnement des hauts responsables socialistes et des hauts responsables de l’UMP appuyer un texte délirant paru dans « Le Journal du Dimanche ».

L’UMPS, en ne voulant rien changer à cette Europe dirigée par des commissaires non élus, par la Banque Centrale, et par des hommes comme Barroso ou Juncker qui sont des adeptes du libre-échange total, montrent qu’ils n’ont aucune intention de redonner à notre pays la possibilité de retrouver sa souveraineté populaire, son indépendance et donc les moyens d’agir pour sortir de la crise, pour construire une autre société. Alors, tout est-il fichu ?

Fort heureusement, non. Partisans du rassemblement des républicains des deux rives, hostiles depuis toujours à l’Europe de Bruxelles, nous enregistrons, à gauche comme à droite, deux très bonnes nouvelles. Deux des meilleurs orateurs de la campagne du non, en 2005, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, ont décidé, chacun de leur côté, de créer un nouveau parti.

A gauche, le sénateur socialiste de l’Essonne a claqué la porte de son parti dès les résultats des motions, le considérant comme irredressable. On imagine ce que Jean-Luc et ses amis entendraient, de la part de l’aile gauche, si c’était Ségolène Royal qui gagnait les élections, pour quelques centaines de voix. Nous avons du respect pour sa décision, et préférons être à sa place plutôt qu’à celle de tous ses anciens camarades de l’aile gauche, qui essaient de se convaincre qu’en ayant voté Aubry, ils ont sauvé le Parti, qu’ils ont fait de la vraie politique, et qu’ils vont influer sur l’orientation du PS, à présent ! En partant à temps, Mélenchon s’est évité cet exercice de dialectique.

Il fera sans doute campagne, aux prochaines élections européennes, et essaie de relancer la dynamique du « non de gauche ». Nous savons que le sénateur de l’Essonne est un vrai républicain. Nous l’avons écrit, nous le redisons, nous craignons que la logique anti-capitaliste, et parfois gauchisante, du « non de gauche » ne l’amène, lui qui a appelé son nouveau parti « Parti de Gauche », à négliger la République et la Nation. Nous espérons que nos craintes seront vaines.

Ce dimanche, à la Mutualité, Nicolas Dupont-Aignan transformait son mouvement en parti politique. « Debout la République » a donc vu le jour, devant un millier de personnes (3). De jeunes citoyens engagés, de plus vieux qui se sont décidés, pour la première fois, à entrer dans un parti, y côtoyaient, tous pleins d’espoir, d’anciens militants de chez Villiers, déçus par le silence du vicomte lors de la signature du traité de Lisbonne, d’anciens chevènementistes qui n’acceptent pas que leur leader continue à se vendre au PS pour un plat de lentilles, et des déçus de l’UMPS qui espèrent que le maire de Yerres redonnera un élan aux valeurs républicaines, gaullistes, nationales et sociales. Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il essaierait d’éviter deux écueils : le discours « euro-béât de l’UMPS, et celui des « euro-ronchons », où dut se reconnaître Philippe de Villiers. En présentant le véritable « Plan B », il a appelé à en finir avec tous les anciens traités européens, seule solution pour que la France, sixième puissance mondiale, retrouve sa puissance et sa capacité d’agir contre la pauvreté qui se développe avec une puissance exponentielle en France.

Notre collaboratrice Christine Tasin, invitée à prendre la parole pendant ce congrès, a été très applaudie par le public quand elle a dénoncé le viol de la démocratie que constitue la ratification par l’UMPS du traité de Lisbonne, et le mépris du vote des Irlandais par le président de la République français, qui les a invités à revoter pour dire oui ! Elle a conclu son intervention en expliquant la nécessité de la laïcité, pour faire vivre la liberté, l’égalité et la fraternité.

Ce week-end encore, notre collaborateur Pierre Cassen, invité par le Comité 1905 de l’Ain, présidé par Françoise Mitterrrand, défendait les principes laïques à Bourg-en-Bresse. Maurice Vidal interviendra à Draguignan, fin novembre, à l’invitation du comité 1905 et de Patrice Decorte. Guylain Chevrier et les Frères Humains, invités par Roland Monnet, animateur du comité Edgar Quinet-Aristide Briand, à Saint-Genis, interpréteront un répertoire de chansons républicaines. Ils seront également, quelques semaines plus tard, aux dix ans d’anniversaire du Comité Ornais de Défense de la Laïcité, animés par nos amis Roland Clément et Martine Ruppé. Pierre Baracca, par ailleurs président de l’Ufal de Lille, interviendra prochainement à Roubaix, invité par la Fédération des Associations Laïques, Brigitte Bré Bayle est sollicitée par des organisations de femmes, à Toulon. Nous avons également quelques contacts internationaux, puisque Pierre Cassen est également sollicité par une radio australienne, pour une interview d’une heure, tandis que Pascal Hilout ira bientôt à Cracovie, représenter notre journal, à l’invitation de l’Union Rationaliste polonaise.

Riposte Laïque n’est qu’un média, mais entend, dès qu’il a en la possibilité, défendre, dans des réunions publiques, la ligne originale que nous essayons de mettre en œuvre dans notre journal en ligne.

Alors, si vous avez envie d’entendre Christine, Maurice, Guylain, Pierre, Robert, Pascal, Brigitte et tous nos rédacteurs disponibles, n’hésitez pas, comme cet animateur associatif du Périgord l’a fait il y a quelques jours, à nous solliciter, nous répondrons toujours présents.

(1) http://www.ripostelaique.com/Martine-et-Segolene-c-est-bonnet.html

(2) http://www.lepartidegauche.fr/

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=637

(3) http://www.debout-la-republique.fr/

http://www.debout-la-republique.fr/Est-ce-qu-on-peut-devenir-Garde.html

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