Benazir Bhutto, la mort d'une icone

Nous venons d’apprendre la mort d’une militante contre l’islamisme radical dans une région du Monde de tous les dangers Le PAKISTAN. Cette femme musulmane était revenue dans son pays, au péril de sa vie, pour tenter de réinstaller une démocratie et un espoir pour tout en Peuple confronté depuis de nombreuses années à un régime militaire, soutenu exclusivement par les américains, pour des raisons géopolitiques, du fait que ce pays musulman possède l’arme nucléaire.
Cette femme exemplaire à bien des égards, connaissait parfaitement la difficulté de sa tâche en revenant d’un exil de huit ans, après en avoir été chassée pour corruption, qui s’est avéré par la suite comme étant dénué de tout fondement..
En effet, elle fût emprisonnée à plusieurs reprises ou placée en résidence surveillée, elle a réorganisé le Parti du peuple pakistanais (PPP) fondé par son père. Exilée en janvier 1984 à Londres, elle a fait un retour triomphal en 1986.
De nouveau emprisonnée quelques jours après une manifestation interdite contre le général Zia, elle avait échappé à un attentat en janvier 1987.
En novembre 1988, le PPP remportait les législatives et Mme Bhutto devenait chef du gouvernement. Destituée en août 1990 pour corruption et népotisme, elle a comparu devant des tribunaux spéciaux de septembre 1990 à mai 1991 pour abus de pouvoir, malversations et détournement de fonds public, accusations dont elle sera innocentée en 1994.
Battue aux élections d’octobre 1990, passée dans l’opposition, elle est revenue au pouvoir en octobre 1993 avec la victoire du PPP, avant d’en être évincée de nouveau, pour les mêmes motifs, fin 1996. Les poursuites judiciaires, cette fois, resteront pour l’essentiel en suspens le temps de son exil et jusqu’à l’amnistie décrétée par M. Musharraf en novembre. Mariée en 1987 à Asif Ali Zardari, Benazir Bhutto était mère de trois enfants.
Son retour au Pakistan avait été acclamé par ses nombreux partisans et le peuple pakistanais, qui espérait en elle, une nouvelle ère démocratique et une ouverture au monde occidental et ses valeurs pour sortir ce pays, d’un régime totalitaire, et infiltré par de nombreux islamistes dans les services de sécurité intérieur.
L’arrivée au pouvoir de M. Musharra en 1999 après un coup d’état dont il faut rappeler ci-dessous les circonstances :
Le conflit du Kargil précipite les événements : du 9 mai au 12 juillet 1999, des combats ont lieu entre des troupes islamistes pakistanaises infiltrées en territoire indien et soutenues par le pouvoir, et l’Inde ; ce conflit se solde par une défaite du Pakistan, désavoué de surcroît par ses alliés traditionnels, comme les États-Unis. Cette défaite débouche sur un coup d’État militaire au Pakistan le 12 octobre 1999. L’armée renverse le gouvernement civil de Nawaz Sharif, qui est remplacé par le général Pervez Musharraf, président depuis lors.
Pendant le régime de Musharraf, toujours en place à ce jour, avec l’appui des Etats-Unis, la situation ne sait nullement arrangée pour la population locale, traversée par des courants divers et surtout la présence permanente et influente des réseaux islamistes, au travers des madrasas « écoles coraniques » environ 11000 dans tout le pays.
Il faut rappeler la situation de ce pays pour en comprendre les enjeux pour la stabilisation du Monde. L’Afghanistan est un pays à la limite du Moyen Orient et de l’Asie. Son territoire est enclavé entre l’Iran, le Turkménistan, l’Oubzekistan, le Tadjikistan et une petite partie de la Chine.
De plus, il ne faut oublier que ce pays n’est pas très éloigné de l’Inde, dont le modèle de démocratie est fortement combattu par les extrémistes islamistes fort nombreux dans cette région du Globe, puisque l’Inde est un Etat laîque et multiconfessionnel.tout ce que rejette les fondamentalistes islamistes, soutenus dans la région par les adeptes d’Al Qaida.
Que risque que t-il de se produire aujourd’hui au Pakistan avec la disparition , semble –t’il programmée de Benazir Bhutto, celle-ci ayant déjà échappée à un premier attentat le 18 octobre 2007, lors de son retour d’exil ?
Le chaos ou la porte grande ouverte aux fous d’Allah, prêts à prendre le pouvoir, pour installer un régime islamiste pur et dur comme aux heures les plus sombres qu’a connu son voisin frontalier l’Afghanistan.
En perdant Benazir BHUTTO, musulmane courageuse, qui voulait moderniser l’islam, les pays occidentaux ont perdu une alliée précieuse, qui pouvait faire barrage à l’obscurantisme et aux velléités guerrières des fous d’Allah contre l’Occident.
Le danger est grand que ce pays rentre dans une zone de turbulence, avec des partis politiques actuellement incapables de relever le défi démocratique auquel il est confronté. Un coup d’état militaire sera –t-il le seul rempart aux fanatiques islamistes ?
En effet, ceux-ci rêvent d’instaurer une République islamiste dont on connaît aujourd’hui les méfaits pour tous les peuples muselés par les adeptes d’une lecture du Coran trop strict.
Les libertés fondamentales dont nous revendiquons les valeurs n’existent pas dans ces régimes. Les libertés sont supprimées, les femmes sont soumises aux préceptes de la charia.
L’année 2007 a connu une recrudescence d’attentats perpétrés par les islamistes radicaux à travers le Monde. En Algérie, au Maroc, en Irak, au Pakistan, en Thaïlande mais aussi en Angleterre, les islamistes ont frappé pour terroriser les populations et montrer aux occidentaux, qu’ils pouvaient frapper à tout moment dans n’importe quelle partie du globe.
Il est grand temps que nous prenions conscience que le danger qui nous guette dans les années à venir est la montée de l’extrémisme religieux que nous devons absolument circonscrire pour éviter que les communautés ne se déchirent entre elles.
La voix que voulait prendre Benazir BHUTTO pour combattre l’extrémisme dans son pays a été brutalement interrompue par des individus dont le seul but était d’abattre une femme éprise de liberté, de justice et d’égalité pour ce pays.
Celle-ci était consciente qu’il fallait imposer un Régime démocratique sans son propre pays, pour éviter que celui-ci ne sombre dans l’obscurantisme ou la dictature.
Les fous d’Allah ne voulaient en aucune façon que cette femme musulmane, non voilée de surcroît accède au pouvoir.
Fabrice Letailleur

image_pdf
0
0