Bernard Guetta et Serge July : les nouveaux Janissaires

Publié le 2 novembre 2010 - par
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La crise économique et financière broie les peuples. La montée des tensions intercommunautaires un peu partout en Europe gronde. On aurait pu croire que cela suffirait à faire taire la palanqué d’éditorialistes qui nous a entraîné au fond du gouffre. Et bien non. Attali, Plenel, July, Guetta, Duhamel, Joffrin, Minc, Cohn-bendit, Giesbert… persiflent et jacassent de plus belle. Alors que leurs pronostiques se sont avérés faux et que leurs analyses sont définitivement caduques. Alors que l’Histoire et les événements récents ont rendu leur idéologie obsolète et aurait dû les condamner au silence, nos Bouvard et Pêcuchet du progressisme continuent, comme dans un dessin animé de Tex Avery, à courir au dessus du vide.

La semaine dernière, deux d’entre eux nous ont démontré que leur folie était sans limite. Serge July et Bernard Guetta, deux incontinents de la pensée merdique qui nous gouverne depuis plus de 30 ans, ont accordé leurs pianos pour nous jouer la Marche Turque. Pour eux, seule la Turquie et notre soumission à son islam pourront sauver l’Europe.

July : La Turquie comme la Chine

Lors de sa chronique du 27 octobre sur RTL (1), l’ancien directeur de Libération était en émoi. Il venait de découvrir le taux de croissance de la Turquie. Plus de 10%. Un résultat qui a des vertus stimulantes pour Serge. Limite aphrodisiaque. Plus de 10%, vous vous rendez-compte : « La Turquie comme la Chine » s’extasie l’ancien maoïste. « … tous les ingrédients du miracle économique sont réunis », s’enflamme l’observateur flétri par 30 ans d’aveuglement. « Une main d’oeuvre à bas prix qui permet de rafler les grandes industries de montages, une géopolitique exceptionnelle … et enfin des conditions politiques favorables, le régime du premier ministre Erdogan a en effet permis de développer une immense classe d’entrepreneurs de PME encouragée à manger du lion »…. Il est au bord de l’apoplexie le beau Serge.

Mais très vite son excitation s’émousse. Ses pensées deviennent plus noires. Le chanteur se fait moins lyrique et sa Marche Turque prend des allures d’oraison funèbre. Notre éminence grise doit se rendre à l’évidence : même si en 2004 des négociations ont été ouvertes, l’Europe rechigne à faire entrer Ankara dans la danse.

Les raisons de cette hésitation sont piteusement politiques, nous explique Serge July. Sous l’influence des partis populistes islamophobes, l’Europe a peur de « l’immigration et de la mixité culturelle ». Or « le modèle Turque est la potion magique à préserver » insiste convaincu le grand timonier de la pensée unique. « La Turquie – poursuit notre phraseur fatigué par 30 ans de cabotinage au service des puissants – est parvenue au mariage réussi entre la laïcité et l’islam qu’il faut valoriser à tout prix ».

Valoriser au prix de notre civilisation ? Au prix de notre souveraineté ? De notre identité culturelle et politique ?
A quel prix doit-on valoriser les minarets d’Erdogan ? Le prix du silence des baïonnettes sans doute. A quel prix la croissance des Turcs ? A celui du chômage des ouvriers français ?

On le voit bien, Serge July serait prêt à faire bien plus qu’un pas de deux avec les Turcs. L’Histoire nous l’apprend, les bourgeois n’hésiteront jamais à vendre à vil prix la France aux plus offrants.
Le chroniqueur de RTL nous donne cependant un indice qui nous permet de comprendre la stratégie de nos apprentis sorciers européens :

« L’ Europe aurait bien besoin de mettre un tigre Anatolien dans son moteur…. si les musulmans se mettent à battre des records de croissance, alors les anti-islamistes vont devoir aller réviser les raisons de leur croisade et peut-être l’Europe va-t-elle finir par regarder les musulmans autrement  » finit-il par conclure.

Nous sommes prévenus, la croissance turque peut bien se faire au détriment des ouvriers français, elle servira d’argument aux européistes les plus farouches pour la faire entrer au sein de l’union, et ainsi rendre les salariés des autres pays plus flexibles. Et toute forme d’opposition sera assimilée à du fascisme.

En 40 ans de carrière, July n’ a rien appris du peuple et n’a tiré aucune leçon de ses erreurs passées. Emmuré dans les certitudes d’un soixante-huitard décati, il lui est aujourd’hui impossible d’imaginer que les peuples européens placent la préservation de leur identité et de leur modèle de société bien au dessus des préoccupations financières et économiques qui obsèdent la classe bourgeoise dans laquelle barbotte Serge July et consorts.

Guetta Malade de ses peurs

Le même jour, dans les colonnes de libération (2), le surveillant en chef Bernard Guetta sonnait du clairon. Dans un article intitulé, « L’Europe malade de ses peurs », le chroniqueur des matinales de France Inter, et baveux multicarte, s’inquiétait de voir des partis européens « d’extrême droite », vouloir organiser des référendums sur l’entrée de la Turquie dans l’union , comme le permet le traité européen de Lisbonne pour lequel Bernard Guetta fut un ardent défenseur.

« Réunis le week-end dernier à Vienne, les représentants de cinq des partis de la nouvelle extrême droite européenne ont décidé de lancer une campagne en faveur d’un référendum européen sur l’entrée de la Turquie dans l’Union… Presque au point mort, les négociations avec la Turquie en seront encore plus compromises car, à l’heure où le rejet de l’Islam fait tant recette, personne ne souhaitera que les extrêmes droites puissent s’affirmer en utilisant un outil de démocratie directe européenne sur un thème qui les mettrait à l’unisson d’électeurs de tous les courants politiques. »

Guetta, c’est Cohn-Bendit en plus laborieux : il est pour la démocratie mais quand celle-ci lui profite et répond favorablement à ses volontés dictatoriales. Si non, Il s’époumone à la cour des puissants : « dégagez-moi ce peuple indigne et si peu reconnaissant des efforts que nous faisons pour lui… Et s’il résiste ? Canons et baillonettes  » .
Car si les peuples européens sont malades, autant les achever tout de suite. On ne guérit pas de cette peur. Si celle-ci était écologique, elle serait légitime et on trouverait des remèdes. Mais la peur européenne est identitaire, civilisationnelle, sécuritaire. Une peur jugée par nos Diafoirus comme incongrue, frileuse, coupable, illicite, déraisonnable.. donc incurable. La seule solution : euthanasier les peuples.

« Les Européens sont ainsi menacés de s’enfoncer un peu plus dans cette peur de tout qui finira par les laisser sur le quai. La peur de l’Islam nous fait rater une occasion historique de nous étendre à la Turquie, de consolider la démocratie et la laïcité dans le plus dynamique et le plus moderne des pays musulmans, d’y trouver des marchés et d’offrir au Proche-Orient l’exemple d’un autre destin que celui de la régression islamiste. La peur du dépassement des Etats-nations dans lesquels avaient été scellés les compromis sociaux de l’après-guerre est en train de nous faire passer à côté de la chance de bâtir un Etat continent, à même de peser dans un siècle où les moyennes puissances d’hier ne compteront plus. »

Guetta nous le demande (sans oser nous le dire de vive voix!) : « Peuples européens, désincarnez-vous! Dépouillez-vous ! Acceptez d’être enfin mort. Laissez sombrer dans l’oubli le souvenir chimérique de vos Nations et celui de vos États. De vos langues aussi. Et de vos défunts… De votre Histoire et de votre mémoire…Peuples Européens buvez jusqu’à la lie la ciguë. Retournez contre vous-même les armes qui vous ont servi jadis à gagner votre liberté. C’est un ordre : Européens rendez-vous. Européen vous êtes cernés. En joue… Feu! »

Et c’est ainsi qu’ Allah est grand.

Martine Chapouton

(1) http://www.rtl.fr/actualites/article/serge-july-la-turquie-comme-la-chine-7632769868

(2) http://www.liberation.fr/monde/01012298655-l-europe-malade-de-ses-peurs

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