Sur la Palestine, Besancenot est un mélange de Dieudonné et de Staline

Publié le 26 mai 2009 - par - 251 vues
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Leader de la gauche socialiste, regroupée autour de Marceau Pivert (la « gauche révolutionnaire » de la SFIO qui s’était séparée du crypto stalinien Zyromski animateur de la revue le « Bataille socialiste »), puis auteur d’une tentative de marier marxisme et anarchisme, Daniel Guérin parcourra à vélo cette partie de l’Allemagne populaire profonde dont le cœur vibrait pour le Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands- NSDAP, et dont la jeunesse s’enrôlait sous l’uniforme brun des sections d’assauts (SA), la milice du parti hitlérien.

Daniel Guérin observait : que les agitateurs de ce parti cherchent à gagner les couches populaires et ouvrières du parti social démocrate et du parti communiste. Pour cela, ils lui parlent un langage qu’il connaît bien, avec des mots qui lui sont familiers qui se coulent le long des idées admises par ces couches populaires et ouvrières. Ce qui tranche, montre-t-il, ce sont les conclusions. C’est ainsi que les agitateurs « nationaux socialistes » martèlent : Il faut sauver le travailleur allemand ! Pour cela, nous devons combattre et abattre le traité de Versailles et les exigences de l’impérialisme français ; nous devons combattre ceux qui nous soumettent à ces puissances !! Lutter ? Oui, mais le SPD est trop timoré, son réformisme le rend impuissant. Quant au KPD (le parti communiste allemand), il prend ses ordres à Moscou. Or Moscou se fout du travailleur allemand. Il faut sauver le travailleur allemand contre Moscou et contre le réformisme qui nous interdisent de nous libérer du traité de Versailles.

Il faut une révolution ! La Révolution, nous les nationaux nous allons la faire, contre les Juifs qui tiennent tout et sont derrière la « paix » de Versailles. Ce qui distingue l’agitateur nazi de l’agitateur du KPD, c’est que le premier remplace la dénonciation de la classe des capitalistes par la dénonciation du Juif. La différence est souvent si ténue dans le langage simplifié de l’agitateur, entre les mots d’ordre « transitoires » du KPD et ceux du NSDAP, que l’ancien dirigeant de l’opposition trotskiste en URSS, Karl Radek, préconisera une politique de front unique entre les organisations du KPD et celles du NSDAP.

Le Comintern fera sienne un moment cette politique, lorsqu’il parviendra, via son parti allemand, à organiser une grève générale des transports berlinois qui se fixera l’objectif d’avoir la peau du préfet social démocrate Severing et la chute du gouvernement SPD du land de Prusse.

Quand les Nazis parviendront au pouvoir, ils n’auront pas la moindre reconnaissance pour la complaisance des staliniens. Ces derniers iront, par milliers, peupler les camps de concentration ouverts par les nazis. Le secrétaire général du KPD, Ernst Thaelmann, sera décapité à la hache, peu avant la fin de la guerre, dans le camp où il était interné depuis la victoire électorale des nazis. Staline donnera une dimension plus large à cette politique. Après l’échec de ses pourparlers avec les démocraties (France et Angleterre) – malgré sa bonne volonté évidente pour défendre le capitalisme menacé en Espagne, qui lui avait fait utiliser le parti communiste espagnol pour coloniser, domestiquer et impuissanter la gauche socialiste, puis faire donner la répression des tueurs du NKVD contre le POUM et les Libertaires de la CNT-FAI les plus engagés dans le processus de la Révolution espagnole, afin de repousser les aspirations révolutionnaires socialistes des ouvriers et des paysans d’Espagne, afin de repousser les revendications socialistes immédiate de la masse en action – Staline érigera en diplomatie d’état ce qui avait été réalisé dans la grève des transports berlinois.

Staline et Hitler se partageront la Pologne. Hitler donnera à Staline son feu vert pour que l’armée rouge procède à la reconquête militaire de l’ancienne province finlandaise du tsarisme, devenue indépendante avec la révolution de février 1917. Vingt millions de citoyens de l’URSS payeront de leur vie cette politique.

J’écoutais cette semaine le postier de Neuilly, ce chouchou des médias ; j’écoutais le porte parole de cette défunte LCR suicidée, dont le vieux trotskiste Stéphane Just donnait cette définition incontestable : la LCR , une organisation crypto-stalinienne propulsée par la bourgeoisie. Donc, j’écoutais ce petit sauveur suprême, parlant sur un forum du quotidien le Figaro. J’ai écouté son propos une seconde fois. Je n’en croyais pas mes oreilles. L’homme, qui osait, jusqu’il y a peu, affirmer avoir une relation politique avec la Quatrième internationale, nous débitait les mêmes thèmes, à très peu de nuances près, et les slogans du chanteurs des FASC + C. Le représentant du NPA a conclu, en invitant les « arabo musulmans » à voter pour les listes de son parti qui font, de la question palestinienne et du combat contre l’ennemi sioniste qui s’est insinué un peu partout, une question posée devant tous les électeurs, devant tout le pays. Cette démagogie, posant ses filets aux limites du « national socialisme » des sociaux nationaux du Parti antisioniste FASC+C, montre bien que, malheureusement pour les quelques milliers qui croient de bonne foi construire avec le NPA, quelque chose de nouveau, ils donnent leur dévouement à une formation qui fait cuire sa soupe dans les vieilles gamelles et avec les légumes avariés du stalinisme.

Alain RUBIN

http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-16435-109-1-fasc-facho-catho-rescousse-dieudo-union-sacree-pire.html

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