Cachez cette violence que je ne saurais voir…

Publié le 23 mars 2009 - par
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Il est évident que c’est la phrase que se répète MAM à longueur de journée.

Les incidents et les agressions contre les policiers se multiplient (1), les attaques de commissariat deviennent banales, quand il n’est pas carrément question de guet-apens contre les force de l’ordre (2).

Certains s’arracheraient les cheveux, d’autres passeraient une annonce pour recruter les super-sherifs capables de remettre dans le droit chemin les bandes qui voudraient nous faire vivre de mauvais westerns, d’autres encore prendraient d’assaut les différents ministres, le premier d’entre eux et le Président de la République pour concocter, enfin, le projet de société cohérent qui redonnerait du sens à la vie ensemble, de la citoyenneté et de la sécurité à tous ceux qui vivent sur le territoire national.

Pas notre ministre de l’Intérieur. Sans doute dépassée par les évènements, elle a cherché des modèles… et les a trouvés dans les socialistes et tous les bobos compassionnels qui, à chaque fois qu’il y a agression de policier, nous expliquent que c’est normal, que les délinquants vivent dans des conditions difficiles et qu’ils répondent aux provocations des forces de l’ordre. Bien entendu, quand les policiers se défendent, ce sont des assassins. On n’aurait jamais imaginé la ministre de Nicolas Sarkozy, celui qui a fait campagne sur la sécurité et la restauration des valeurs républicaines se mettre à hurler avec les loups et tenir des discours dignes d’un Mamère ou d’un Cohn-Bendit : « il peut y avoir un désespoir tel chez certains qu’il conduise à des actes violents » (3).

On lui rappellera qu’elle ne parlait pas de chômeurs, de SDF, de salariés réduits à travailler à temps partiel… non, elle parlait précisément de bandes organisées ou d’individus ayant décidé, délibérément, d’en découdre avec les policiers. Par haine de l’ordre ? Par refus de l’ordre ? Par peur de voir réduits les trafics de drogue ? Parfois pour montrer leur révolte de vivre dans des ghettos dont ils font fuir tous ceux qui en ont les moyens, comme on le voit dans La Journée de la jupe ?

Alors, oui, il peut y avoir un désespoir tel chez certains qu’il conduise à des actes violents : désespoir des policiers qui se font tirer dessus sans pouvoir répondre ; désespoir des commerçants (4) qui ne savent plus à quel saint se vouer ; désespoir du salarié qui peine à joindre les deux bouts et se lève aux aurores pour aller travailler et découvre sa voiture calcinée ; désespoir du chômeur qui vient de recevoir encore une lettre de refus à sa candidature, désespoir de l’ouvrier qui a accepté de travailler à une cadence infernale, sans dimanche ni horaires réguliers pour éviter la fermeture de son usine et aprend qu’elle délocalise ; désespoir de la mère qui voit sa fille se couvrir les cheveux pour ne pas se faire insulter par la « racaille » de sa cité, désespoir du père qui entend son fils lui raconter qu’il n’y a pas moyen de travailler à l’école parce que « les autres veulent pas »….

Oui, Madame Alliot-Marie, au lieu de vous apitoyer sur ceux qui veulent en découdre avec nos policiers, vous devriez vous pencher sur le désespoir de vos concitoyens. La France qui se lève tôt souffre, mais ces gens-là sont trop bien élevés et trop soucieux d’autrui, vous ne les écouterez que quand il sera trop tard et qu’ils n’auront plus rien à perdre…

Christine Tasin

(1) les_syndicats_de_police_denoncent_les_incidents_aux_mur.html

(2) les-policiers-sont-de-plus-en-plus-la-cible-de-guet-apens-.php

(3) Les-interviews-du-matin/Michele-Alliot-Marie

(4) les-vols-en-bande-se-multiplient-dans-le-centre-d-angouleme

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