Calvi invite Gollnish, Longuet, Mélenchon, Peillon, Bouzar à parler des minarets : une mascarade de débat !

Publié le 11 décembre 2009 - par
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Bonjour,

Etudiant en Histoire , plutôt proche d’une pensée de gauche républicaine, laïque et écologiste, et lecteur assidu de votre journal, je me permets de vous livrer ma réaction à la suite de l’émission d’Yves Calvi – Mots croisés – diffusée lundi 7 décembre 2009. Celle-ci avait pour thème de débat « Que cache la querelle des minarets ? ».

Etaient invités Bruno Gollnish (FN), Gérard Longuet (UMP), JL Mélenchon (PG), Vincent Peillon (PS), Christophe Barbier (l’Express) et Dounia Bouzar (anthropologue du fait religieux). Nous avons assisté à un véritable faux débat ! Gollnish mis à part, tous les invités ont déclamé leur sempiternel monologue bien-pensant islamophile. L’équilibre n’était absolument pas repecté dans ce débat : cinq contre un ! Vive l’équité et la démocratie ! De plus, pour défendre la cause anti-minarets, Calvi a invité un membre du Front National… qui, de surcrôit, a, par le passé, tenu des propos extrêmement controversés… Autant dire que si vous avez approuvé le référendum des Suisses, que vous êtes opposés à la construction de mosquées et que vous voulez mettre un frein à l’islamisation de la France (en soulignant les dangers de l’Islam), vous vous retrouvez de facto assimilés au camp des négationnistes, antisémites, racistes et passéïstes ! Voilà le message subliminal lancé par l’émission !

Je commenterai ici uniquement les interventions de MM. Longuet, Mélenchon et Peillon (symptomatiques de la langue de bois) :

– G. Longuet avait bien appris sa leçon sarkozyste : il vaut mieux favoriser l’érection de mosquées animées par des imams « modérés » (mais qu’est-ce, au juste, qu’un « modéré » ?) plutôt que de laisser pulluler des lieux de prières secrets dans lesquels sévit un islam intégriste… Assurons donc la paix sociale via le facteur religieux. Sous un faux-discours républicain se dissimule en fait la lâche volonté d’établir un compromis entre l’Etat et l’Islam, en espérant que les bons musulmans canalisent les plus excités. Je vous laisse aprécier cette vision républicaine de la société…. On ne parle pas de peuple français (quelque soit la diversité religieuse des nationaux) mais d’un agrégat de communautés qu’il convient de brosser dans le sens du poil religieux.

– JL Mélenchon : Durant ce débat, il s’est montré particulièrement inquiétant. Une fois de plus, son combat anti-religieux s’est focalisé sur l’anti-christianisme. Il n’a pu s’empêcher d’éructer sa haine du catholicisme, jugeant implicitement cette religion plus archaïque que toutes les autres. Pour lui, l’Islam n’est ni plus ni moins violent que n’importe quelle autre confession. Questionner la compatibilié de l’Islam et de la République serait tout simplement anti-laïque et crypto-raciste. Un parallèle nauséabond a d’ailleurs était établi entre une prétendue « stigmatisation » des musulmans et les persécutions subies par les juifs… Mélenchon aime bien déverser sa haine sur la dalaï-lama et les bouddhistes pacifiques, prend un malin plaisir à conspuer le catholicisme (c’est toujours très facile de tirer sur une ambulance) mais est étrangement silencieux sur l’archaïsme islamique. Il accuse les « bigots » (selon ses propres termes) catholiques d’être contre l’avortement. J’aurais aimé qu’un contradicteur lui apprenne ce que pensent les musulmans de l’avortement…

Son attitude n’est toutefois pas très surprenante : à l’instar de la gauche bien-pensante, les arrières-pensées tiers-mondistes, communautaristes et électoralistes priment dans son discours. Mélenchon raisonne par amalgame et syllogisme simpliste : les anciens pays colonisés étant, en majorité, de culture et de religion musulmane, si on déprécie l’Islam, cela reviendrait à être méprisant, « intolérant » et in fine raciste envers les personnes issus de ces pays. Fermez le ban ! Plus aucune discussion n’est possible !

Selon le Président du bureau national du Parti de Gauche, l’Etat n’aurait donc à se mêler que des « conséquences » néfastes des religions… Hélas, les conséquences de l’islamisation du pays sont déjà visibles (votre journal les dénonce courageusement) mais M. Mélenchon feint de ne pas les voir.

Je souhaite souligner autre chose : la conception de l’identité nationale de Mélenchon est particulièrement sectaire, partielle et partiale. La France n’existerait que … depuis 1789 ! Nous sommes bien évidemment et essentiellement les fils des Lumières, de la Révolution française, du positivisme, de la République, de la laïcité… Mais nous ne pouvons tirer un trait sur l’héritage helleno-judéo-chrétien de notre nation. On a le droit de se revendiquer de ses deux traditions, de ses deux héritages. OUI, Hugues Capet, Louis XI, l’ordonnance de Villers-Cotterets, le Louvre, Versailles, les châteaux de la Loire, les terroirs français riches de leur diversité, c’est aussi la France ! La France de Mélenchon serait donc une France désincarnée, ne répondant qu’à des références idéologiques. Je suis désolé, la France ne peut être l’otage d’une conception tronquée de son identité.

– V. Peillon : Le philosophe sectaire. En grand démocrate, après avoir fustigé la votation citoyenne des Suisses, on a eu droit au discours victimaire sur les pauvres jeunes de banlieues qui n’aiment pas la France car celle-ci les discrimine, les rejette, ne les reconnaît pas, etc, etc (j’en passe et des meilleurs)… Les problèmes que connaissent les Français seraient uniquement des problèmes sociaux et nullement d’ordre identitaire, etc, etc… La soupe béni-oui-ouiste socialiste qui nous est continuellement servie sur les plateaux de télévision. Sauf qu’avec Peillon, il y a ce côté péremptoire et donneur de leçon franchement insupportable. Lorsqu’il est destabilisé, il biaise le débat par des arguments fallacieux (attaquer Gollnish sur ses dérapages n’avait rien à voir avec la question de l’Islam). Il a conclu en affirmant que l’Islam était de facto une part de l’identité nationale française. Il précisa que celle-ci n’est pas figée, qu’ elle évolue grâce à l’apport des nouvelles cultures et qu’au final, la culture musulmane nous transformera également… J’aurais bien aimé qu’il poursuive sur ce point et qu’il nous explique, en tant que grand philosophe, républicain et socialiste laïque qu’il est, comment et en quoi l’Islam nous transformera !

Je n’ai qu’une chose à dire : Riposte Laïque, lancez vous en politique, nous avons besoin de vous !

Très cordialement

Stanislas Geiler

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