Caroline Fourest cherche à faire peur à Riposte Laïque et à ceux qui le soutiennent

Dans son dernier billet (Le Monde du 2 octobre :
retour-de-flamme-anti-islam-par-caroline-fourest ) il semble bien que Caroline Fourest soit à la recherche d’un bouc émissaire en la personne du site Riposte Laïque accusée de devenir « complaisant » envers… le christianisme. Ainsi dit-elle : « Son intransigeance envers l’islam n’a d’égal que sa complaisance envers le christianisme, décrit comme porteur « de valeurs qui ont conduit à la sécularisation et à la démocratisation » caractérisant « le modèle occidental ». Comme s’il n’avait jamais fallu arracher ces valeurs à l’Eglise… »
Un tel propos amalgame de l’ignorance et de la christianophobie à l’évidence : en effet et en tout premier lieu, n’importe quel manuel scolaire d’histoire et de philosophie, y compris les plus soixantuitards, admettent que les valeurs d’égalité de justice de raison ont été portées par le (judéo)christianisme, insuffisamment sans doute, mais réellement, et ce en continuité avec divers courants spiritualistes antiques, etc. ; en second lieu, le christianisme ne doit pas être confondu avec l’Église puisque celle-ci est faillible, sauf lorsqu’elle édicte le Dogme qui se résume en réalité à la Parole inscrite dans les Évangiles, ce qui exclut par exemple la discipline telle celle régissant le célibat des prêtres, sans parler des mœurs, Jésus ne fut-il pas celui qui défendit la prostituée de l’opprobre ambiante ?
En troisième lieu l’on peut s’étonner dans ce cas du vocabulaire et du raisonnement employés : ainsi Caroline Fourest n’a de cesse de calomnier Riposte Laïque en l’amalgamant aux positions d’un Vincent Geisser qui, lui, en effet, confond islam et voile, islam et refus de vendre des choses non « halal », or, que fait-elle, sinon amalgamer « le » christianisme, aux multiples facettes, avec son institution censée l’incarner principalement à savoir l’Eglise catholique d’une part ; d’autre part, lorsqu’elle parle de valeurs qui ont été arrachées au christianisme on ne voit pas comment de telles valeurs seront, elles, « arrachées » à l’islam, y compris aujourd’hui.
Caroline Fourest pense, elle, que c’est possible. Elle le veut. Le monde comme volonté et représentation (disait le concurrent, malheureux, de Hegel…). Mais ce sans faire aucun autre bilan de cette possibilité qu’en indiquant le vœu (pieu) d’un « islam éclairé et laïque ». Caroline Fourest s’offusque par exemple que certains manifestent contre la présence ostentatoire de minarets. Mais déploie-t-elle la même fougue lorsque non seulement aucun culte autre que musulman n’est toléré en Arabie Saoudite, mais aucun chrétien, juif, bouddhiste, a fortiori athée, laïque, n’a le droit de fouler le sol de La Mecque et de Médine ?
Ne parlons même pas de la manière dont sont traités les croyants non musulmans et les athées en terre dominée par l’islam avec interdiction de construire de nouveaux lieux de culte par exemple ou alors avec parcimonie. Or, n’est-ce pas là deux poids et deux mesures qui alimentent précisément la méfiance envers une religion qui exige l’égalité au nom des principes « occidentaux » mais les refuse au nom des siens ?
Caroline Fourest peut évidemment rétorquer que tant ce ne seront pas les « musulmans éclairés laïques » qui domineront dans ces pays la situation en restera là ; sauf que l’on ne voit guère ceux-ci, pourtant librement installés chez nous, manifester bruyamment devant les ambassades pour exiger que les croyants non musulmans, ou les non croyants tout court, puissent vivre en paix. Caroline Fourest a-elle par exemple lancé une pétition pour soutenir ces marocains désireux de ne pas faire le ramadan ? A-t-elle été manifesté devant l’ambassade d’Iran ? Peut-être, en tout cas elle ne l’a pas indiqué dans sa tribune.
Certes Caroline Fourest, (mais elle n’est pas la seule), se fait fort de participer à la construction d’un islam mesuré, ouvert, etc, (pourquoi pas ?) aussi on comprend son énervement de n’avoir pas été invitée à l’une des dernières émissions de Laurent Ruquier qui a mis en scène le méchant islamiste Tarik Ramadan (opposé au méchant nationaliste « rance » Eric Zemmour), puisque ceux-ci incarnent précisément ce qu’elle rejette alors que Laurent Ruquier aurait dû inviter un gentil musulman éclairé comme Mohamed Sifoui et…elle-même, grande savante si l’en est de l’islam, connaissant du bout des doigts bien sûr son histoire et son corpus, capable, comme Mohamed Sifaoui, de toiser les dizaines de pays de l’Organisation islamique mondial dans lesquels les droits de l’homme et de la femme sont bafouées quotidiennement pour leur dire qu’ils ne professent pas le « true » islam car elle, lui, eux, toute une petite poignée de leur genre en France en Angleterre et ailleurs ont décidé une fois pour toutes qu’il n’y a pas de lien, d’aucune sorte, entre islam et islamisme et que surtout un Ramadan et ses consorts n’y connaissent rien, ce qui semble pourtant si faux et surtout bien méprisant.

En fait, Caroline Fourest monte à la hâte un dossier à charge contre Riposte Laïque dans le but de faire peur à toutes celles et ceux qui commencent à se poser des questions sur l’iniquité de traitement entre musulman et non musulman dans les pays musulmans, sur l’amalgame opéré entre religion et race, entre religion et culture, puisque accepter le voile dans les lieux publics serait faire preuve de multiculturalisme alors qu’il s’agit bel et bien de communautarisme, de politique (initié par le khomeynisme à partir de 1979) alimenté il est vrai aussi par un nihilisme de plus en plus ostentatoire : on l’a ainsi vu dernièrement défendre le viol sur mineure d’un Roman Polanski dont l’acte impuni alimente en réalité la montée en puissance du conservatisme religieux, huile sur le feu que Caroline Fourest s’empresse, dans un combat d’arrière garde, de répandre un peu plus en s’en prenant aux…pompiers censés sinon l’éteindre du moins de le contenir. Tristes tropiques.
Lucien Samir Oulahbib

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