Caroline vous ne pourrez pas rester au milieu du gué

Publié le 30 mars 2009 - par
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En 1989, quand apparaissent les premières affaires de voile à l’école, j’enseigne l’EPS depuis plus de 25 ans, je sens tout de suite que cette affaire n’est pas anodine. Vouloir afficher, par le biais du corps des femmes, de leurs vêtements, à l’intérieur de l’école, une conviction religieuse a quelque chose de bizarre et me pose questionnement. Depuis trente ans, dans l’école française et, en France en général, pas de jeunes filles voilées. Les femmes musulmanes pensent sans doute, après la décolonisation, avoir gagné leur liberté. Cependant, d’Iran, et surtout d’Algérie arrivent des signes très forts, d’une trahison des femmes, et de l’obligation musclée pour elles de repasser sous l’autorité théocratique. Il y a donc là des signaux d’alerte. Je pense alors : « notre ministre, va soutenir les profs, les chefs d’établissement, ce n’est rien si on réagit tout de suite »…. Que nenni…. Débrouillez-vous, Lionel Jospin décide de….. ne rien faire ! Une simple analyse, une simple réflexion aurait dû lui faire comprendre qu’il avait une position privilégiée et une autorité pour gérer rapidement cette attaque. L’histoire de la France en eût sans doute été changée. A-t-il manqué de jugeote, de courage, n’a-t-il pas senti la gravité du moment ? Pourquoi donc cette offensive sur l’école française Monsieur Jospin ?

Pendant plus de 15 ans les dirigeants de l’Islam de France avancent leurs pions poussés en cela par des prêcheurs venus de l’étranger et payés par l’argent de l’Arabie Saoudite. Les histoires de voile se multiplient, l’idéologie intégriste musulmane gagne du terrain., on revient sans cesse au voile, pour casser notre école laïque et imposer des accommodements.

J’étais inquiète, malheureuse de voir ma famille de gauche se défausser ainsi de ce qui était jusqu’alors son combat, l’égalité à l’école, la promotion des femmes, pour toutes les femmes. Non la gauche a choisi de ne rien voir. Et puis un jour, chère Caroline Fourest je vous vois à la télévision, c’est pour moi une révélation, vous êtes brillante, convaincante, instruite, vous parlez vrai, vous parlez avec clarté des idéologues musulmans, de leur proximité avec le mouvement Hitlérien dans les années 30. Moi, fille de résistant déporté, c’est vous Caroline qui me faîtes comprendre la gravité de la situation. Je lis vos livres et bien d’autres, et, pour mieux comprendre, je lis aussi le Coran. Et là ce que je trouve me fait dresser les cheveux sur la tête. Condition des femmes, versets violents, appels au meurtre….! Trop de trop….Je comprends que l’Islam , sous couvert de religion, est un mouvement politique en marche, et que ce mouvement totalitaire brise les femmes et les libertés là où s’installent les républiques islamiques.

Maintenant que, grâce à vous, pour beaucoup d’entre nous, s’est imposée la nécessité d’une résistance il est difficile de comprendre vos récentes déclarations, vous brouillez le message très clair de vos positions courageuses. Voir et dénoncer le danger des religions, de toutes les religions, doit rester une liberté fondamentale, ça n’a rien de raciste. Sauf à envisager que vos livres soient retirés des librairies, qu’il faille emprisonner Taslima Nasreen, Ayaan Irsi Ali, tuer Salman Rushdie et tous les libres penseurs qui, dans les pays musulmans, dénoncent les travers de l’Islam, il nous faut condamner nettement, sans tourner autour du pot, ce qui se prépare à Durban II en nous retirant de la conférence. Caroline vous ne pourrez pas rester au milieu du gué.

Chantal Crabère

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