Ce que j'ai retenu de la conférence de Riposte Laïque, mairie du 16e, à Paris

Le 27 avril dernier, dans la mairie du 16ème arrondissement de Paris, Pierre Cassen était l’invité du B’nai B’rith, association juive de France.
Le cadre de cette conférence, aux antipodes du Local, a suscité ma curiosité et je m’y suis rendue.
La salle était comble avec un auditoire de tout âge. Pierre a fait une conférence très convaincante, chaudement applaudie. L’actualité footballistique lui a fourni l’occasion de mettre en évidence l’hypocrisie de la foi de certains.
Il fut contredit sur ce point par la première intervenante dans le public. Elle rappela qu’au contraire, Frank Ribéry est un croyant irréprochable puisqu’il est licite de contracter un mariage d’une durée très variable pour consommer une relation. Le nom arabe de ce procédé est le « jwadj moutra », traduit en français par « mariage de jouissance ». Pour cette intervenante, on ne peut donc rien reprocher à ce joueur, son attitude est, on ne peut plus conforme à sa foi.
Cette même intervenante d’origine berbère a ensuite évoqué deux faits historiques. Le premier concernait les conditions dans lesquelles fut conquise la Péninsule Ibérique par les Arabes. Le Général Tarik Ibn Ziad qui menait l’expédition, fit brûler tous les bateaux et déclara à ses soldats fraîchement débarqués : « La mer est derrière vous et l’ennemi est devant vous ». Il fallait donc conquérir ou mourir. Les bateaux ayant disparu dans l’incendie, aucun recul, aucun retrait n’était possible.
Dans le second, elle rapportait les propos de l’ancien Président algérien Houari Boumédienne qui, dans les années 70, évoquait « la colonisation de l’Occident par le ventre des femmes ». Cette stratégie de conquête par la démographie a donc été explicitement annoncée.
Une autre intervenante a témoigné avec force d’une pratique pacifique de l’islam. Un musulman croyant et pratiquant récemment arrivé dans sa famille sait vivre en bonne intelligence avec des personnes de confession différente. Elle était donc surprise qu’on n’évoque pas aussi ces musulmans qui ne font de mal à personne. Son expérience fait qu’elle n’accepte pas que l’on présente trop souvent l’islam sous un jour peu flatteur, voire inquiétant.
Je suis intervenue moi même dans ce sens pour dire qu’on a le droit d’être musulman en Europe. En refusant de voir qu’un nombre important de musulmans pratiquent leur foi dans la sphère strictement privée, je crains que l’on risque de s’aliéner leur adhésion. Ces musulmans républicains haïssent eux aussi ceux qui, dans les mosquées, prêchent la haine du pays d’accueil.
J’ai tenu enfin à rendre hommage – en contradiction au discours de Latran, à cette institutrice de mon village de Champagne qui accueillait sans distinction dans son école tous les nouveaux élèves. A cause de la religion de nos parents, nous ne mettions jamais les pieds à l’église. Il était donc impossible de croiser la route du curé. Pour la transmission des valeurs, c’était bien l’instituteur qui était irremplaçable, puisque de fait, on ne pouvait pas connaître le curé. Si aujourd’hui, je me sens française de culture et de cœur, c’est grâce à Mademoiselle Lerouge et non grâce à Monsieur le curé. Elle et les autres instituteurs ont assuré avec talent et conviction l’éducation à la citoyenneté de tous les enfants du village.
Un autre intervenant a rappelé que de la même manière que les Juifs et les Catholiques avaient accepté de voir leur foi reléguée dans la sphère privée, l’islam devra en faire de même. Si ses représentants refusent, il faudra les obliger. Nous n’avons pas d’autres choix.
Cette conférence a permis à des personnes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrées, de dialoguer dans le respect. La conscience unanimement partagée qu’on ne peut pas rester à ne rien faire face aux attaques répétées de notre mode de vie, a mis au jour à quel point le destin de notre pays nous tenait à cœur. Ce lien silencieux était criant dans le salon accueillant et convivial d’un lieu symbole de la République.
Zohra

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