Charlton Heston est mort, que Mars ait son âme !

Publié le 8 avril 2008 - par
Traduire la page en :

L’acteur hollywoodien Charlton Heston vient de passer l’arme à gauche à l’âge de 83 ans.
Il était connu pour ses rôles dans des peplums où il incarnait la force, le courage, la virilité.
Depuis dix ans il était atteint de la maladie d’Alzeheimer.
C’est pour cette raison qu’il avait renoncé à la présidence de la NRA, la National Rifle Association, le puissant lobby qui défend le droit des américains d’acheter, posséder et porter une arme à feu.
Ce droit est inscrit dans le deuxième amendement de la constitution des USA.

Les quatre millions d’adhérents de la NRA estiment que ce droit fait partie des libertés fondamentales des citoyens, dont une partie se retrouverait au chômage si la vente des armes cessait d’être libre.
Il y a plus d’armes à feu en circulation aux USA que de citoyens.
Certaines familles en possèdent plus d’une.
Certains parents offrent un revolver ou un pistolet à leurs enfants pour Noël ou pour leur anniversaire.

Sur certaines portes d’entrée on peut voir des plaques portant l’inscription suivante : « We don’t dial 911 », « nous n’appelons jamais la police », autrement dit nous nous défendons tout seuls, nous faisons la loi tout seuls.

Les défenseurs du deuxième amendement de la constitution refusent d’admettre qu’à l’époque où la constitution fut rédigée, les hommes crééaient des milices de quartier pour se défendre parce que la police n’existait pas encore. A présent c’est la police qui doit faire régner la paix. Ce sont les juges qui doivent sanctionner les délits.
Combien de lycéens ont été tués par des gamins qui se sont levés un jour et ont décidé de massacrer leurs camarades ? Dans le film « Bowling for Columbine », Michael Moore essaya de provoquer Charlton Heston et lui faire admettre que si la vente des armes n’était pas libre, beaucoup d’innocents seraient encore en vie.
Le célèbre acteur refusa de parler. Il était fidèle à ce qu’il avait déclaré à la convention annuelle de l’NRA : « Je vous donnerai mon arme lorsque vous la prendrez dans ma main froide », autrement dit quand je serai mort.

Beaucoup d’Américains sont profondément attachés à l’esprit d’autodéfense car ils voient le danger, le mal partout. L’Autre représente souvent une menace.

Combien de noirs ont été tués parce qu’ils se sont approchés de certaines propriétés alors qu’ils n’avaient aucune intention de nuire ?

Combien d’enfants ont été tués par des balles perdues ?

Combien d’accidents ont eu lieu parce que de jeunes enfants ont trouvé les armes de leurs parents et se sont mis à jouer avec ?

Tout individu considéré comme suspect doit être tué pour l’empêcher de nuire, même si on ne connaît pas ses intentions.
Figurez-vous que dans l’état du Connecticut même les Taser sont en vente libre. Les Taser sont des armes utilisées par la police pour immobiliser les délinquants.
Lorsqu’on appuie sur la gâchette, des sondes en métal reliées à des fils électriques sont envoyées comme des fléchettes dans le corps de l’individu. Ceci provoque un court-circuit et une décharge électrique allant jusqu’à cinquante mille volts. Si les fléchettes n’atteignent pas la cible, le Taser peut toujours être utilisé comme un pistolet hypodermique.
Il vous est peut-être déjà arrivé d’être convié à une réunion Tupperware ou Avon. Une amie ou une voisine vous invite chez elle un après-midi.

Elle ou bien une représentante vous montre les derniers modèles de boîtes en plastique pour garder votre nourriture ou bien le dernier rouge à lèvres. Vous choisissez, achetez, ensuite vous prenez un thé.
Dans l’état du Connecticut il y a des réunions Taser. La représentante vient montrer les derniers modèles de Taser pour femme. Il y en a de couleur rose, bleu, dans des étuis imitation peau de léopard. Ils sont aussi petits et légers qu’un rasoir. Ils coûtent trois cents dollars. Ils immobilisent le soi-disant agresseur pendant trente secondes, alors que les Taser des policiers les paralysent pendant seulement cinq secondes.
Peu importe si le soi-disant agresseur n’a aucune envie d’agresser, peu importe si le soi-disant agresseur est cardiaque et meurt en recevant la décharge électrique.

La mentalité des détenteurs d’armes reflète leur méfiance, leur hostilité, leur esprit belliqueux et guerrier, leur arrogance, leur cruauté.
Elle reflète d’ailleurs la politique agressive de leur chef d’Etat, qui a envoyé les forces du Bien plier les forces du Mal. Peu importe si quatre mille soldats sont morts en Iraq, peu importe si des milliards de dollars sont partie en fumée.

Charlton Heston croyait certainement en Dieu. Ces gens-là croient en Dieu, lisent la Bible, défendent la peine de mort, s’opposent à l’avortement, détestent les homosexuels, justifient les guerres injustifiables et se prennent pour les hommes les plus civilisés de la planète.
Où se trouve Charlton Heston à présent ? Au paradis ou bien en enfer ? Devinez ! Moi je connais la réponse.

Jeanne Bourdillon

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi