Christine Tasin, candidate DLR aux élections européennes (vidéo)

Publié le 16 mars 2009 - par - 293 vues
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Cette semaine, notre journal, pour la première fois, vous propose une interview vidéo. C’est une première expérience, nous ne sommes pas des professionnels, nous vous remercions donc de votre indulgence, et essaierons d’améliorer cela pour nos prochaines expériences. Pour ceux qui préfèrent l’écrit à l’image, nous publions le texte écrit de cette interview.

1re partie : http://www.youtube.com/watch?v=KDRgU1KF-p4

2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=yR5xWu_nZ9I

Riposte Laïque : Tu vas être candidate, en deuxième position, sur la liste de Debout la République, dans l’ouest de la France. Ne crains-tu pas que cette candidature ne marque Riposte Laïque comme soutien de Nicolas Dupont-Aignan ?

Christine Tasin : Non, pour deux raisons ; d’abord je crois que Riposte Laïque a suffisamment prouvé son indépendance politique depuis sa création, tout en revendiquant la défense des valeurs républicaines, bien sûr cela entraîne ipso facto le soutien implicite d’un certain nombre de valeurs défendues aussi bien par un Chevènement que par un Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi leur critique. En effet, la liberté de ton, de critiquer, est totale et Riposte Laïque est complètement indépendant de tout parti, quels que soient les engagements ou les opinions politiques, parfois divergentes, de ses différents collaborateurs. De plus, pour éviter néanmoins tout amalgame, j’ai pris un peu de distance par rapport à Riposte Laïque, je me suis mise en retrait de l’équipe rédactionnelle et je n’écris plus que très exceptionnellement pour notre media, sauf, à part, chaque semaine, la reprise d’un post paru sur mon blog dans la rubrique « coup de sang », sans rapport avec mon engagement politique, ce qui me permet de continuer de participer à l’aventure Riposte sans que l’on puisse me reprocher de l’utiliser comme media de propagande.

Riposte Laïque : Nous t’avons connue, il y a 18 mois, tu étais alors au MRC, et tu viens du Parti socialiste. Peux-tu expliquer ton cheminement, et le fait de passer du PS à Debout la République, avec une étape chez Jean-Pierre Chevènement ?

Christine Tasin : Il est vrai que si je suis, par conviction, de façon presque atavique, une femme de gauche, je ne me retrouve plus depuis des années dans le parti qui prétend incarner « la gauche », le Parti Socialiste, que j’ai quitté en 1999 à cause de ses positions en faveur d’une Europe libérale, de ses propositions antirépublicaines, rappelez-vous la proposition de statut autonome de la Corse, et de sa politique éducative laxiste et peu exigeante qui a contribué à mettre à mal l’ascenseur social.

J’ai alors rejoint le MRC, Mouvement Républicain et Citoyen, de Jean-Pierre Chevènement, qui défend la souveraineté nationale, les valeurs de la République et l’héritage des Lumières. J’ai naturellement été découragée par le soutien du MRC à Ségolène Royal en 2007, auquel je ne me suis pas associée. Il me semblait ahurissant que des républicains puissent marcher main dans la main avec un parti et une candidate qui avaient fait campagne pour le oui lors du referendum de 2005 et qui avaient applaudi à l’instauration de l’Europe libérale dont nous crevons.

En effet, je suis opposée à l’Europe anti-démocratique qu’on nous propose et au Traité de Lisbonne (ratifié par l’UMP et le PS !), qui rend impossible une politique nationale alternative, avec un vrai projet de société, et donne des pouvoirs exorbitants à des hommes qui n’ont aucun compte à rendre au peuple. C’est pourquoi, face au pouvoir et aux coups de boutoir de l’UMPS, européiste, il m’a semblé urgent que, dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, les républicains de gauche et de droite s’unissent pour construire un vrai projet républicain et restaurer notre souveraineté nationale confisquée par Bruxelles.

C’est pourquoi j’ai accepté d’être candidate sur la liste pour la région Ouest de Debout La République, de Nicolas Dupont-Aignan, pour les européennes du 7 juin, ce qui m’a valu d’être exclue du MRC le 18 février 2009. J’ai donc rejoint mon nouveau parti, DLR, dès le lendemain, non seulement sans état d’âme, mais avec plaisir. On me dit que ce parti est de droite… Relisez le discours de NDA lors du congrès fondateur de DLR le 23 novembre dernier, y a –t-il le moindre mot qu’un républicain de gauche pourrait lui reprocher ??? Non, le bipartisme est une vue de l’esprit, mis à mort par les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 40 ans pour ne faire que la même politique, celle qui nous a mené à la crise actuelle et à la disparition des valeurs qui donnaient un sens et des limites à notre société.

Riposte Laïque : A gauche, il risque d’y avoir un éparpillement de la gauche du non, dans la continuité de la présidentielle. Ne crains-tu pas la même chose pour la droite du non ?

Christine Tasin : Je ne parviens pas à considérer, comme je viens de te l’expliquer, que DLR soit un parti de droite ; certes c’est un parti gaulliste mais je crois que c’est et ce sera dorénavant le seul parti qui incarnera le non républicain, de droite et de gauche, puisque le MRC s’entête à chercher des alliances avec une gauche de moins en moins laïque. Rien à voir avec les listes de Le Pen ou de De Villiers-Libertas, qui, bien qu’opposés à l’Europe qu’on veut nous imposer, ont par ailleurs des valeurs  » de droite » qui me dérangent, que ce soit leur conception, rétrograde, de la femme ou celle de la place de la religion.

J’ajouterai tout de même une petite parenthèse à propos de Bruxelles : je m’interroge sur l’alliance entre De Villiers et Libertas, le parti du milliardaire irlandais Declan Ganley, qui défend une Europe fédéraliste, l’entrée de l’Irlande dans l’Otan et refuse tout protectionnisme….

En fait, le seul et vrai problème qui se pose est celui de la démocratie des élections européennes. Non seulement Debout La République est plus ou moins boudé par les medias, qui partagent la vision de l’Europe de l’UMPS, mais ce nouveau et jeune parti qui n’a donc pas de groupe constitué ne peut prétendre au financement public de sa campagne, contrairement aux autres partis. Or, pour chaque liste, il faut un minimum de 150000 euros… remboursables si on fait 3% des voix, c’est un fait, mais en attendant il faut posséder cette somme … C’est pourquoi j’ai lancé un appel à dons sur mon blog, avec les références techniques nécessaires. C’est notre seule possibilité pour qu’une autre vision de l’Europe soit défendue, pour qu’on échappe au pouvoir des financiers, des spéculateurs et des multinationales. Cela vaut bien un don, déductible des impôts à 66% !

Riposte Laïque : Nous avons souvent des lecteurs qui partagent notre défense de la laïcité, mais divergent de notre journal sur la question européenne Que leur dis-tu ?

Christine Tasin : On ne peut, hélas, les distinguer. La Charte des Droits fondamentaux du Traité de Lisbonne ouvre une brèche inquiétante dans nos lois par la reconnaissance du droit à manifester sa religion, de plus le Traité qui mentionne l’héritage religieux comme « source de la démocratie, de l’Etat de droit et des libertés fondamentales  » (!!!) prône la non-discrimination alors que notre Constitution a pour objectif l’égalité homme-femme. Par exemple, interdire le voile serait discriminant religieusement bien que le voile remette en cause l’égalité homme-femme. On marche sur la tête ! Il ne faut pas non plus oublier que les lobbies des différentes religions sont très actifs auprès du Conseil de l’Europe, qui voudrait introduire le délit de blasphème dans nos lois et qui a failli interdire le rapport du député Guy Lengagne sur les dangers du créationnisme en juin dernier !

Riposte Laïque : Tu as été dernièrement l’objet de menaces, sur ton blog. Tu avais déposé plainte. Comment cela évolue-t-il ?

Christine Tasin : Je n’ai pas eu de nouvelles, l’instruction est toujours en cours. Quel qu’en soit l’aboutissement, je redis haut et fort que je ne me laisserai jamais intimider et que je conserverai ma liberté de penser et de parler face à tous les censeurs, religieux ou politiques. Marianne le vaut bien. Si nous répondions tous avec la même véhémence et la même détermination à ceux qui veulent nous faire taire, la société s’en porterait mieux. Nous en avons le moyen, nous sommes les plus nombreux, exactement comme dans un bus ou une rame de métro où quelques adolescents hystériques font régner la terreur, il y a en général suffisamment d’adultes en face qui sont les plus forts mais qui n’osent pas… et les barbares se croient tout permis. Il faut dire stop, partout et en toutes circonstances.

Riposte Laïque : Tu as rédigé un chapitre du livre « Les dessous du voile ». Quel message as-tu voulu faire passer ?

Christine Tasin : J’ai voulu montrer que la France des Lumières à laquelle je suis attachée est menacée par plusieurs dangers convergents, qui se soutiennent malgré les apparences : l’islamisation de la société, qui arrange et l’extrême gauche et la gauche et l’extrême droite, et je montre leurs points de convergence, qui conduisent à la disparition de la République. C’est grave.

Propos recueillis par Pierre Cassen

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