Claude Imbert, une lecture qui fait du bien…

Publié le 22 novembre 2010 - par
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Claude Imbert, éditorialiste du Point, est ce que l’on peut appeler un « républicain essentiel ». Son discours est celui d’un modéré soucieux de trouver dans la marche du monde comme dans celle de la France les équilibres nécessaires à leur pérennité.
J’apprécie ses textes aussi concis qu’élégants et exhaustifs. Les plumes ne sont pas nombreuses sous lesquelles les mots revêtent leur exacte signification, ceci avec un sens de la formule qui signe son authentique écrivain.

Le 18 Novembre 2010, Claude Imbert a écrit ceci : « Ce n’est pas protéger les minorités que de tolérer leur affranchissement de la loi sur des critères ethniques et religieux. C’est une faute que de demander à notre laïcité de tirer sa révérence devant des exhibitions d’identité islamique. C’est freiner une intégration qui ne s’opère que dans et par la loi ».

Tout est dit.
Les démocrates inquiets de se voir clouer au pilori de la bien-pensance sous prétexte qu’ils tirent depuis longtemps les sonnettes d’alarme doivent se réjouir qu’au milieu du caquetage médiatique, des lâchetés avérées, des compromissions évidentes et des exaspérantes roues de paons, une voix s’élève pour dire ces mots simples et parfaitement lumineux. De telles phrases ne sont pas monnaie courante dans la presse française. Jamais, au grand jamais on ne les entend à la radio et à la télévision, du moins sortant des bouches « autorisées » à asséner des vérités, à pourfendre la contestation et à clore le bec d’opposants immédiatement rangés dans le camp des hitlériens, des fascisants, des stigmatiseurs de l’Islam et des suppots de l’extrême-droite. Or, ce sont hélas ces voix-là que l’on subit à longueur de journées, de débats, de jugements et de sentences. Jusqu’à la nausée. Ce sont ces mêmes voix qui finissent par former une muraille contre laquelle se brisent la lucidité, la colère et la frustration de ce qui est, qu’on le veuille ou non, la grande majorité du peuple français.

Alors les quelques lignes de Claude Imbert concluant un éditorial sur la mondialisation font du bien. Elles en font d’autant plus qu’elles seront désormais, c’est inéluctable, suivies par d’autres lignes de la même eau, sous d’autres plumes. Nous assistons enfin à la prise de responsabilités publiques par des gens qui, jusque là, ont, pour des raisons sans doute diverses, retenu leur jugement sur ce qui est, de loin, le plus grand danger de ladite mondialisation : la disparition pure et simple des plus anciennes nations, des authentiques démocraties, sous les coups de boutoir et dans les brouillards répandus par des spectres grimaçants, par de répugnants fantômes ressuscités de Moyen-Âges supposés à tort révolus.

En termes mesurés, avec une sorte de politesse encore exquise, Claude Imbert traduit la vague rageuse qui submerge peu à peu le coeur et l’âme des citoyens de ce pays. C’est une excellente nouvelle car le combat que les Lumières engagent aujourd’hui contre la nuit opaque, épaisse et puante de l’obscurantisme religieux, sera long et douloureux. Dans cette affaire, les esprits libres, d’où qu’ils viennent, seront les bienvenus afin que se montre et se fortifie, loin des montages politiciens et des alliances loufoques, l’authentique front républicain qui se réveille depuis quelque temps en France.

Alain Dubos

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