Cohn Bendit et pédophilie : l’étonnante attitude de la classe politique française

Publié le 15 juin 2009 - par - 322 vues
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Madame Tasin

En réaction à votre article intitulé « Comment expliquer l’incroyable complaisance des journalistes à l’égard de Cohn-Bendit ? » (1), je tenais à vous remercier d’avoir soulevé certains sujets qui semblent encore à bien des égards être tabous dans la sociéré française, a fortiori lorsqu’il s’agit effectivement de citer le nom de Daniel Cohn-Bendit. Pour que mes propos soient compris de tous, je tiens à préciser d’emblée à nos lecteurs que je n’ai voté, le 07.06.09, ni pour Monsieur Bayrou ni pour Monsieur Cohn-Bendit. Pour le reste, le bulletin que j’ai déposé dans l’urne le 07.06.09 n’est pas l’objet du présent débat.

De quoi parlions-nous donc, vous comme moi Madame Tasin ? Accessoirement d’une altercation qui a eu effectivement lieu quelques jours avant les élections européennes, sur une chaîne publique et dans le cadre d’un débat sur l’Europe. Je dis  » accessoirement  » car l’essentiel du sujet abordé ici n’est pas l’altercation verbale entre Messieurs Bayrou et Cohn-Bendit en elle-même. Non, l’essentiel était le sujet momentanément soulevé par Monsieur Bayrou : celui de la pédophilie. Que l’on partage ou pas le projet européen de Monsieur Bayrou, peu importe. Que l’on partage ou pas le projet européen de Monsieur Cohn-Bendit, peu importe. Dans les deux cas, le débat ne se situait pas là à cet instant précis.

Voici donc le débat engagé et Monsieur Bayrou parle, ce 04 juin 2009, très rapidement des écrits de Monsieur Cohn-Bendit dans son ouvrage intitulé  » Le Grand bazar « .

Le Grand bazar a été publié chez Belfond en 1975 et Monsieur Cohn-Bendit y évoque alors son expérience d’éducateur dans les jardins d’enfants alternatifs de Francfort. Il y raconte notamment son embarras face au  » désir  » d’enfants avec lesquels il a échange des  » caresses « . Dois-je poursuivre tant c’est déjà en soi édifiant ? A ce stade, je ne vais pas du reste commenter ici les écrits de Monsieur Cohnt-Bendit dans le Grand bazar. Christine Tasin a exprimé clairement son point de vue sur la question, point de vue pour l’essentiel partagé de moi Bonapartine.

Il n’y a donc pas lieu de paraphraser ce qui a déjà précédemment fort bien été développé. De fait, j’invite à ce titre chaque lecteur de Riposte Laïque à lire attentivement l’article de Christine Tasin. Par ailleurs, je me permets simplement ici, Madame Tasin, d’ajouter un commentaire plus personnel sur les réactions qui ont suivi cette altercation entre Messieurs Bayrou et Cohn-Bendit.

Moi, ce qui m’inquiète le plus dans cette affaire, Madame Tasin, ce sont les réactions de l’ensemble de la classe politique française sur cet épisode.

Que dit Madame Aubry ?  » L’Europe mérite mieux que cela.  » Dois-je en conclure qu’aussi maladroite qu’ait certes été l’introduction faite de ce sujet par Monsieur Bayrou dans un débat européen, les questions liées à la question gravissime de la pédophilie ne mobilisent en rien la classe politique de gauche ? Du côté de Madame Royale qui, du temps où elle était en poste au Ministère de l’Education nationale gesticulait beaucoup sur la question de la pédophilie – ce qui du reste peut tout à fait se comprendre -, a observé, elle aussi, un silence remarqué sur ce dossier ! La question de la protection de l’enfance ne serait-il donc pas un débat européen digne de ce nom ? Pas un enjeu européen non plus ? Même son de cloche du côté du Parti communiste où l’on semble préférer invoquer l’absence de  » vrai débat européen  » pour d’autant mieux sembler éluder le sujet délicat abordé par Monsieur Bayrou lors du débat télévisé du jeudi soir 04.06.09.

Au tour de Monsieur Barnier. Que répond-il ? L’attaque de François Bayrou à l’encontre de Monsieur Cohn-Bendit est alors qualifiée de  » misérable « . Ce genre de réaction demeure totalement incompréhensible pour moi !

Une telle réaction demeure d’autant plus incompréhensible pour moi qu’elle ne se situe pas dans une cohérence logique et politique avec, par exemple, celle de la loi que vient de voter l’Assemblée nationale le 28.04.09. Il est au demeurant également vrai que la presse française ne s’est pas vraiment mobilisée, dès l’origine, pour rendre compte de cette proposition de loi déposée à l’origine par Madame la député de l’Yonne Marie-Louise Fort. Cette même presse n’ a pas non plus déployé beaucoup plus d’efforts pour rendre compte des grandes lignes d’un texte pourtant majeur.

Que dit – il en effet, ce texte de loi ? L’inceste prend enfin sa place dans le Code pénal français d’une part. D’autre part, elle met en avant la criminilisation de toute agression sexuelle sur mineurs et elle permet sa qualification en viol dans la majorité des cas évoqués. Enfin, elle précise que les actes incestueux commis avant le vote de la loi pourront être poursuivis, ce qui n’est pas rien pour les victimes de tels actes. Bref, en termes plus clairs, l’adoption de cette loi met fin à l’impunité des pédocriminels qui sévissaient jusqu’alors dans les familles, toutes classes sociales confondues.

Voilà, je tenais simplement à compléter votre propos, Madame Tasin, par la présentation d’une loi dont personne ou presque n’a parlé dans la presse française et qui complète par ailleurs votre développement d’origine sur la question de la pédophilie ainsi que le silence complice observé par une certaine presse à ce sujet concernant Monsieur Cohn-Bendit. Merci donc encore à vous, Madame Tasin, de soulever un sujet qui, aujourd’hui encore, dérange à l’évidence ! Il concerne pourtant la protection de chacun de nos enfants et devrait préoccuper, à ce titre, activement, chaque citoyen de la République.

Bonapartine

http://www.ripostelaique.com/Comment-expliquer-l-incroyable.html

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