Comment défendre la laïcité, les services publics et l’Etat-Nation lors d’une campagne européenne ?

Publié le 26 mai 2009 - par - 266 vues
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Quotidiennement, depuis 3 mois, et encore ce dimanche matin, devant le parc de la Tête d’Or à Lyon, les Françaises et les Français discutent volontiers, s’étonnent de ne pas avoir plus d’informations, nous demandent nos tracts en passant à vélo et nous proposent même d’en distribuer dans leur immeuble ! Mais le chœur officiel explique que les citoyens se désintéresseraient de l’avenir et de celui de leurs enfants.

Après avoir fait voter par les parlementaires UMP, PS, Modem et Verts le Traité de Lisbonne, copié/collé du Traité constitutionnel refusé par le peuple Français, lors du référendum, de peur de l’expression populaire, le pouvoir médiatico-politique affirme que les élections européennes n’intéressent pas nos compatriotes. Ils justifieront ainsi l’abstention record qu’il espère. Ils n’osent pas encore enlever le droit de vote aux Français, mais espèrent convaincre un grand nombre de personnes qu’il est inutile d’aller voter.

Pour être plus sûr de décourager les Français, ils ont commencé par faire organiser par des officines amies des réunions où ne sont invités que les « 4 grands partis». Ce qui organise le déséquilibre, au mépris du code électoral.

Si l’on proteste contre une situation qui rappelle les candidatures officielles du second Empire ou les régimes « bananiers », voici quelques réponses stupides :« manque de siège ( !)» à l’Université Lyon III, décision arbitraire de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe à Draguignan ou incapacité de mener un débat avec plus de 4 candidats pour l’Union Européenne Fédéraliste qui a organisé une « audition citoyenne » à la mairie du 3° arrondissement de Lyon ! Les fédéralistes sont pour une Europe à 27, voire à plus, mais ne peuvent pas organiser un débat avec plus de 4 candidats. C’est plutôt croustillant, mais surtout insolent et indécent. Et les associations organisatrices sont toutes nourries de subventions publiques, notamment de la Commission Européennes dont le clientélisme et l’immixtion dans les vies politiques nationales sont sans vergogne et –à nos frais- sans limites financières.

Au fond, ce consensus est assez logique. Résumons : le parlement Européen n’est pas encore réélu. M. Barroso, conservateur (PPE), également PPDC (plus petit dénominateur commun) est déjà pré-désigné -disons désigné- par accord avec le PSE. On voit mal d’ailleurs pourquoi le PS, présent au FMI par Dominique Strauss-Kahn et à l’OMC par Pascal Lamy, tordrait le nez devant Barroso. Quelques miettes au Modem qui peut invoquer la démocratie chrétienne et MM. Monnet et Schuman comme ancêtres fondateurs. Quelques années de rente pour Daniel Cohn Bendit, inusable révolutionnaire de papier, rémunéré en permanent durable. Voilà comment on forme un consensus !

Lorsque les débats sont organisés par des associations qui invitent tous les candidats, l’UMP refuse de participer. Ainsi la semaine dernière dans les Bouches-du-Rhône, lors d’un débat organisé par une association qui avait demandé à Etienne Chouart, informateur précis lors du référendum, d’être le modérateur ou la semaine prochaine, pour un débat organisé par ATTAC Drôme.

Ils refusent donc de débattre avec ceux qui proposent des solutions pour une Europe différente, qui permettraient d’agir mieux et plus fortement pour protéger nos droits fondamentaux en tant que citoyens, notre santé alimentaire, notre environnement, nos emplois et nos industries des lobbies malfaisants mondialisés.

Nos références sont républicaines, laïques, féministes, sociales et patriotes. Nous représentons l’Alliance des Républicains des 2 rives. Des « Chevènementistes » sont actifs sur notre liste ou dans nos réseaux de soutien. Tout simplement parce qu’au dessus des tactiques et intérêts électoraux, il y a la République.

A partir du constat (Communiqué national du MRC du 26 mars 2009) que le Front de Gauche ne partageait aucune position du MRC, il était logique qu’ils se rassemblent avec nous. Les discussions avec ce front avaient échoué sur les clivages essentiels : analyse de la crise du capitalisme, affirmation de la Nation (le front est fédéraliste et cosmopolite !), Europe indépendante, refus des migrations sans contrôle, protection raisonnée de l’emploi des travailleurs et de notre santé, conception progressiste de la croissance et de la science.

Parmi les axes essentiels pour Debout la République dans cette campagne, 3 points que je défends ardemment, les raisons de mon engagement, ce qui n’étonnera pas les lecteurs de Riposte Laïque.

1/ La laïcité est une valeur intrinsèque à notre République française.

1.1 C’est l’Etat chez lui, les religions chez elles et les citoyen-ne-s libres de croire, de ne pas croire ou de s’interroger. Sans laïcité, pas de liberté de l’esprit.

Notre histoire nationale avec notamment la grande date de 1905 est marquée par cette affirmation émancipatrice, qu’il faut renforcer et développer. Les articles 1 et 2 de cette loi, notamment, sont essentiels et à réaffirmer hautement. Les intégristes et cléricaux de tous types conduisent aujourd’hui une offensive puissante et coordonnée contre la laïcité. Ils rencontrent la complaisance de certains et l’appui de courants différentialistes ethnicistes et communautaristes qu’il faut combattre absolument.

1.2 La mise en cause des Lumières, avec les moyens financiers des multinationales religieuses et sectaires, est évidente : créationnisme, impostures des fausses sciences, antirationalisme ont des ramifications internationales bien connues.

1.3 L’Europe d’inspiration conservatrice-libérale ou social-démocrate manifeste une complicité coupable. Tariq Ramadan n’est-il pas conseiller de Barroso, du maire d’Amsterdam, auparavant de Tony Blair ? M. Sarkozy, par son inacceptable discours au Latran, a rejoint clairement le front des obscurantistes.

1.4 La laïcité est aussi garante des droits des femmes et de l’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes. Contraception, avortement, refus des violences ethnicistes, de l’oppression religieuse et/ou communautaire. Les « nouveaux entrants » (Malte, Pologne, etc.) sont très préoccupants à cet égard et renforcent –sans doute sont-ils là pour cela – le poids des intégrismes rétrogrades.

1.5 Le Traité de Lisbonne est marqué d’une illégitimité fondamentale aux yeux de Debout la République puisqu’il va à l’encontre du Non du peuple français. L’Europe UMP-PS-Modem-Verts, concernant la laïcité particulièrement, entérine une conception anglo-saxonne qui accepte ethnicisme, communautarismes et tribalismes ethniques ou religieux. Ce n’est pas notre conception de la République et de la France.

2- Le consensus conservateur-social démocrate veut démanteler clairement les services publics au nom de la pseudo-concurrence « libre et non faussée ».

Quelle insolence de le prétendre alors que jamais les monopoles internationaux n’ont été aussi puissants, malfaisants et destructeurs.
Au sommet de Barcelone, en 2002, le PS et l’UMP ont accepté le démantèlement des services publics !

Nous refusons la destruction de la SNCF, de La Poste, du système hospitalier et de sécurité sociale, la dérégulation de l’énergie. Le caractère calamiteux de ce renoncement à la conception républicaine et sociale, gaulliste, des services publics est évident.

Il y a un consensus de Bruxelles (Barroso-PPE) Washington (FMI-Strauss-Kahn) Genève (Pascal Lamy – OMC) sur cette orientation.
C’est la souveraineté du peuple qui est en jeu. Nous proposons par exemple une idée simple et pratique : Tout redéploiement d’un service public devra être soumis à débat public : organisation d’une enquête d’impact, consultation des usagers, des syndicats, des personnels, des populations et des élus, rapport public avant toute fermeture, recueil des propositions pour améliorer et développer le service public (cf. pétition sur notre site www.europeennes-sudest.fr).

Nous constatons ainsi que la « stratégie de Lisbonne » loin de développer la science, les techniques et l’intelligence fait reculer les sources rationnelles du progrès.
En France c’est la recherche bloquée, le système universitaire bafoué. Faut-il évoquer la reconnaissance d’une religion comme autorité scientifique pouvant délivrer des diplômes ? Ou le poids, organisé par Bruxelles, des lobbies religieux ?

3-Nous refusons le système institutionnel européen actuel.

 D’abord, supprimer la Commission. Purement et simplement.

 Instaurer la primauté des Etats-Nations s’accordant sur des projets précis (la voiture électrique, les énergies nucléaires et renouvelables du futur, les infrastructures vraiment d’intérêt européen, etc.)

 Mettre fin à la logique néfaste de la Banque Centrale Européenne.

 Le rôle d’expression des peuples du Parlement européen doit être totalement refondu.

C’est ce que propose notre plan B (cf. Le petit livre mauve et le résumé sur notre site www.europeennes-sudest.fr).

En l’attente de cette nouvelle architecture institutionnelle, la République française doit suspendre même unilatéralement l’application des normes européennes qui nous nuisent. Quand on veut, on peut. Il suffit même parfois de pratiquer la politique de la « chaise vide », comme l’a fait efficacement de Gaulle.

Le choix formulé par Thucydide est d’actualité : se reposer ou rester libres. Voulant une France libre dans une Europe des nations, nous ne nous reposons pas et menons activement campagne.

Michèle VIANES

Tête de liste dans le Sud-Est aux élections européennes
Debout la République, parti présidé par Nicolas Dupont Aignan

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