Copenhague : le réchauffement climatique, assurance-vie du capitalisme

Publié le 13 novembre 2009 - par
Share

« C’est une certitude, la planète se réchauffe et le niveau des mers va monter, l’heure est à tout faire pour freiner ce phénomène qui est quoi que l’on fasse maintenant inexorable… » Voilà le discours invraisemblable que l’on ne cesse de nous asséner quasi quotidiennement.

Le réchauffement climatique, un piège idéologique qui envahit tout : des collectivités territoriales à la CGT

A quelques semaines du sommet de Copenhague, après la taxe carbone, on nous parle du calcul des risques pour la santé consécutifs au réchauffement climatique dont on nous dit qu’il faut déjà prévoir d’en payer la facture dès aujourd’hui pour les effets de demain, un des enjeux de ce sommet. Des effets qui impacteraient particulièrement les pays du Sud auxquels on applique déjà cette variable écologique sous le signe duquel on fait glisser toutes les catastrophes qui hier encore étaient attribuées à des motifs bien plus simples : le fait d’être des pays à risques où depuis toujours on constate tornades et autres inondations… Mais comme toute idéologie celle-ci ramène tout vers ce qu’elle entend justifier, tout doit découler du but et s’aligner avec sa vérité, son dogme.

On nous explique qu’à coup sûr les inondations récentes du Gard et la canicule de 2003 seraient le fait de ce phénomène conséquent au gaz à effet de serre, le CO2 présent en général naturellement dans l’atmosphère. Il y était présent en quantité quatre fois plus importante il y a 160 millions d’années, ce qui n’a pas pour autant fait bruler la planète qui avec des soubresauts réguliers n’a cessé de progresser à travers la complexité de ce qui s’y est développé jusqu’à son apogée, l’homme.

Tout dégouline littéralement de cette idéologie du développement durable qui redouble la théorie du réchauffement climatique… Les collectivités territoriales n’ont plus que ce leitmotiv à la bouche, de gauche ou de droite, sous le signe d’« Intégrer le développement durable dans les politiques territoriales » jusqu’à la CGT qui met cette tarte à la crème en musique avec son prochain Congrès dans son document d’orientation, en premier dans l’ordre de ses préoccupations dès le préambule parlant d’« Une CGT plus forte pour le développement humain durable, les conquêtes sociales, la démocratie » jusqu’à parler à la fin de ce texte de « construire un rapport de force durable… » touchant le fond du ridicule à force d’éculer la formule.

Une démarche montrant très bien l’hyper-domination paranoïaque de cette idéologie sur toutes les autres préoccupations, au-dessus de tous les autres enjeux pourtant eux, aucunement hypothétiques. Ce jugement dernier promis par les écologistes permet au capitalisme de passer au second plan dans les problèmes posés aux hommes à l’échelle planétaire, ultra-culpabilisés comme accusés principaux du problème. Comme on l’explique dans le numéro Hors-série de L’Express consacré à Darwin d’octobre-novembre 2009 : « Au cours des 500 derniers millions d’années, cinq extinctions se sont produites. Certains chercheurs estiment que nous vivons actuellement la sixième, provoquée par l’homme. »

L’homme paria de la nature et génocidaire des espèces

On sait sans toujours pouvoir l’expliquer que le régime normal de la nature est précisément l’évolution des espèces avec une sélection naturelle qui en élimine régulièrement de la planète qui n’ont plus leur raison d’être, en quelque sorte, qui a été jusqu’à l’apparition de l’homme, cette création extraordinaire. On nous présente le problème de la disparition des espèces aujourd’hui comme consécutive à la simple présence de l’homme sur la terre supprimant la cause naturelle qui y est à l’origine dans l’ordre de la sélection pour l’essentiel. On ne saurait oublier aussi le rôle de protecteur des espèces qui est celui de l’homme, sans l’intervention duquel des centaines d’espèces auraient disparu de notre globe.

L’homme a eu indéniablement sa part dans l’exploitation inconsidérée parfois des richesses de la planète. Mais la vraie écologie devrait être celle qui mette en accusation les responsables des excès qui sont la cause des déséquilibres écologiques en général, les capitalistes, ceux du profit à tout prix et du tout s’achète et se vend avec pour toute morale l’exigence de l’actionnaire, l’entretien du rentier.

S’il fallait suivre les demeurés qui voient dans l’homme le mal absolu tourné contre la planète, il faudrait tout simplement organiser un immense suicide collectif pour résoudre le problème ! Mais on inverse le sens des choses et du temps, car bien des questions sur la place de l’homme dans la nature et ce vers quoi ces facultés qui sont les siennes le poussent à s’émanciper de sa planète pour se projeter vers l’univers, mériterait bien plus d’intérêt. Malheureusement aujourd’hui, on réduit sa capacité collective à agir en faveur du progrès social en offrant contre lui au capitalisme par écologie interposée un nouvel argument de domination et à travers le principe de précaution, aussi un frein terrible au développement de la science qui est l’autre versant des progrès de l’homme.

Le principe de précaution, un obscurantisme frein à tout progrès !

Encore, 150 experts viennent de rendre leur avis sur les ondes des antennes relais pour conclure qu’il n’y a finalement pas de danger. Mais on insiste sur le principe de précaution qui veut que l’on continue de chercher s’il n’y aurait pas des dangers, et que, pour cela, on impose 0,50 euros au consommateur sur le prix de chaque téléphone portable ! Encore il s’agit ici une fois de plus de faire payer les peuples.

A propos des nanosciences et des nanotechnologies, on nous refait le coup du principe de précaution, alors qu’il s’agit d’une recherche et de technologies de pointes essentielles pour l’avenir avec trois axes de développement : Les énergies à faible impact climatique dans un contexte de développement durable, les technologies pour la santé et la médecine, les technologies de l’information et de la communication. Des avancées scientifiques qui concernent en réalité pratiquement tous les secteurs de l’industrie. La mission de recherche dans ce domaine est confiée en France au CEA et au CNRS au service de la collectivité nationale » en partenariat avec les universités et les industriels. Des associations obscurantistes bien connues demandent un moratoire sur les nanotechnologies au nom des risques, ce qui nous ferait prendre un retard catastrophique comme sur les OGM à propos desquels on a laissé l’initiative et la manne aux Etats-Unis.

Si réchauffement climatique il y a, il ne tient que de l’interprétation d’observations relativement empiriques, car rien ne prouve scientifiquement en dehors de modèles sortis de laboratoires les allégations de ceux qui en ont adopté la référence. Il est déjà douteux par le fait qu’il n’ait pas de conséquences sur l’antarctique contrairement à une fonte des glaces plus importantes en été en arctique, ce que l’on n’explique pas. On élude au passage d’évoquer que ce genre de phénomène s’est déjà produit des milliers de fois dans l’histoire de notre planète, hommes y vivant ou pas, et que s’il y a à se préparer à quelque chose, cela devrait être fait dans un tout autre état d’esprit que celui d’une culpabilisation généralisée et sous la peur qui n’aident en rien.

On interprète surtout ici un phénomène qu’on a du mal à définir et dont l’impact prévu reste le propre de la vision fantasque de quelques prédicateurs qui, pas plus que la voyante, ne peuvent prévoir l’avenir à moins qu’ils ne se prennent pour des dieux (sic !).

Le réchauffement climatique, la nouvelle union sacrée au service du capitalisme comme fin de l’histoire

Le réchauffement climatique comme thème dominant le politique est surtout une aubaine non innocente dans ce contexte de crise profonde du capitalisme qui ne peut s’en sortir sans continuer de détruire les droits et les protections des peuples, et là il a trouvé son argument et son alibi pour s’exécuter dans ce sens en s’appuyant sur tout ce qu’il y a d’obscurantisme et d’opportunisme.

A travers cette théorie selon laquelle les « hyper-consommateurs » du Nord riche seraient responsables des effets du réchauffement climatique qui auraient essentiellement un impact sur le Sud pauvre, on trouve un merveilleux argument de culpabilisation pour nuire à la motivation des peuples des pays développés de défendre leurs acquis que la mondialisation vise à détruire pour imposer son marché unique et sans contrainte.

C’est un véritable consensus en forme d’union sacrée, parce que ce thème garantit même aux partis politiques à la dérive un peu de cette crédibilité fallacieuse derrière ce thème très tendance auquel certaines couches de la population genre bourgeois-bohèmes sont sensibles, en recherche d’une bonne conscience avec sa grande cause qui surtout ne touche pas l’essentiel, le système libéral auquel ils croquent en toute quiétude, à la façon dont hier l’aristocratie avait ses pauvres.

L’histoire, c’est ce qui permet de se rappeler d’où on vient, et on sait qu’un peuple sans mémoire est un peuple sans défense. Cette idéologie du catastrophisme, de l’inhibition du progrès, de la prédication d’une fin du monde en forme de jugement dernier faisant expier l’homme de son pécher d’avoir osé toucher à la nature comme seul destin, tourne l’homme vers des peurs et un avenir en impasse qui nie tout projet collectif porteur d’amélioration du sort commun, toute idée d’histoire et d’un homme agent de son histoire.

Le réchauffement climatique, système de domination et assurance-vie des super-riches

Derrière ce bruit, on fait tout oublier des grands problèmes comme la faim qui voit toutes les six secondes mourir un enfant sur notre planète ou encore le fait qu’un milliards d’affamés dont 200 millions des moins de cinq ans se trouvent dans un état de souffrance critique sur ce plan alors qu’il suffirait de 29 millions de dollars par an pour résoudre ce problème, selon le Directeur de la FAO. Au même moment on nous dit cyniquement que ceux du club des hyper-riches (possédant chacun au moins 30 milliards d’actifs) retrouvent déjà le sourire, la crise étant pour eux passée…

Ils peuvent dormir tranquille, car ce qui est sûr, c’est que le réchauffement climatique ne remettra rien en cause de l’ordre injuste sur lequel prolifère la spéculation et les injustices sociales dont ils se nourrissent, bien au contraire, c’est leur assurance vie !

Guylain Chevrier

historien.

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.