Coup de cÅ“ur pour la chef d’orchestre Zahia Ziouani

Publié le 6 avril 2009 - par - 283 vues
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Au hasard d’une émission sur Radio Classique, alors que j’étais au volant, je suis tombé sur une interview de Zahia Ziouani. Tombé est bien le mot. Si vous voulez en savoir davantage, ne vous contentez pas du peu que j’écris ci-dessous, allez plutôt sur Google et tapez simplement ce nom : Zahia Ziouani. Si vous la connaissez très bien et si vous jugez que j’enfonce là une porte ouverte, tant mieux. Cela ne m’empêchera tout de même pas de manifester l’émotion que j’ai pour ce qui me concerne ressentie à cette découverte, car pour moi, c’en était une.

Qui est-elle ? Une jeune femme de 29 ans d’origine algérienne. Son activité ? Chef d’orchestre, une spécialité où les femmes sont rares. Un orchestre qu’elle a créé, nommé « Divertimento », composé d’une soixantaine de musiciens (orchestre symphonique) de haut niveau professionnel, qui se produit un peu partout dans le monde, et dont le siège se trouve à… Stains, en Seine-Saint-Denis, le fameux 93, plus souvent appelé 9-3. Vous avez bien lu : dans le 9-3, où l’ensemble se produit très souvent, sous la direction de Zahia. Dans cette même ville, elle est aussi Directrice de l’Ecole Municipale de Musique et de Danse.

Précisons tout de suite que son parcours musical est des plus brillants : guitariste classique, altiste, lauréate de plusieurs premiers prix de conservatoire, elle étudie enfin la direction d’orchestre avec Sergiu Celibidache, un des plus grands chefs de notre époque. Ceci pour ne citer que les principales étapes de sa formation musicale.

Elle ne se contente pas de diriger « son » orchestre. Elle est maintes fois invitée à diriger d’autres orchestres en France ou dans un grand nombre de pays. Et parmi ceux-ci : l’Algérie. Car figurez-vous qu’il existe un Orchestre National Symphonique d’Algérie. Oh, elle ne fait pas une fixation sur les pays « arabes », comme je viens de le dire. Mais elle ne manque pas une occasion de s’y rendre. Elle a également dirigé au Caire par exemple.

Son répertoire à présent. Je me reporte ici à ses propos lors de l’interview que j’ai entendue sur Radio Classique : la musique du XVIIIe, du XIXe, et jusqu’au début du XXe. Oui, Zahia Ziouani joue prioritairement des œuvres de Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann, Mendelssohn, toute la musique romantique…

Et régulièrement, la jeune femme revient dans le 9-3, où elle fait chaque fois salle comble.

Voilà ce que j’ai découvert ce samedi matin en écoutant à tout hasard la radio dans ma voiture.

Faut-il ajouter un commentaire ? Faut-il se lancer dans des dissertations sur la culture, la banlieue, la musique libératrice plutôt que celle qui abrutit, l’intégration (la vraie, pas la politique ni la médiatique si frelatées), la place de la femme, et tant d’autres thèmes que je n’ai pas besoin de vous souffler ?

Militant laïque depuis toujours, amoureux de cette musique que je crois porteuse non seulement de beauté, mais aussi de l’authentique émancipation humaine, attaché aux valeurs dites « des lumières » (à juste titre) par opposition à l’obscurantisme, je l’avoue : cette découverte constitue pour moi un émerveillement, une lueur d’espoir.

Il y a des jours comme ça, qui commencent mieux que les autres, et qui font entrevoir d’autres horizons.

Yves PIALOT

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