Dalil Boubakeur ou la docilité bien récompensée

Publié le 5 mars 2008 - par
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Dalil Boubakeur porte bien son prénom, puisque Dalil veut dire « Docile ». La bonhomie, qui n’est en fait que bonne bouille, réussit très bien à notre président du Conseil Français du Culte Musulman et recteur, de père en fils, de la Grande Mosquée de Paris. Sur instruction de l’ancien Ministre des cultes dénommé Sarkozy, « Docile » a été imposé, par deux fois, comme président du CFCM. Et c’est par la grâce de notre Grand Chanoine National dénommé Sarkozy que le même « Docile » vient d’être fait commandeur de l’Ordre National du Mérite. N’est-elle pas belle, la Républicaine phaléristique qui récompense les copains pour les services rendus ?!

Pourtant, par deux fois, la fédération musulmane Grande Mosquée de Paris affidée à notre « Docile » n’était nullement la mieux placée à l’issue des deux « élections » organisées par les mosquées sous l’égide du Ministère de l’intérieur.

Ainsi, M. Boubakeur ne bénéficie pas seulement du soutien financier de l’Algérie, des subsides de la Mairie de Paris pour rénover sa Mosquée, de la nomination à la tête de la Fondation des œuvres islamiques, il est aussi au faîte de la héraldique française actuelle !

Quel service a-t-il pu rendre à la nation ou à ses amis ?

Je crois que son plus grand mérite est celui d’avoir compris ce dont la France raffole et se nourrit au quotidien : des calmants et des somnifères. En médecin averti, il a toujours su calmer nos angoisses. Sa mine de grand enfant bien portant y a amplement contribué. Son sourire rayonnant la santé a été bien enjôleur et trompeur !

L’ondoyant recteur a su tromper même les plus avertis des experts. Voici ce qu’en dit une notice biographique donnée par Bernard Godard et Sylvie Taussig dans leur ouvrage de référence « Les musulmans en France » publié il y a juste un an chez Robert Laffont (p. 258) : « …il réussit le double tour de force d’établir une relation équilibrée avec les autorités algériennes, principal commanditaire de la Mosquée de Paris, et de rassurer les autorités françaises sur la solidité de son patriotisme. … De conviction laïque bien enracinée… »

Et de fait, on ne peut qu’être subjugué par sa déposition, par exemple, devant la commission parlementaire présidée par Jean-Louis Debré dont l’objet était justement la laïcité à l’école. Ses paroles justes et très fortes rapportées de la p. 413 à la 424 du rapport n° 1275, tome 2, m’avaient, en son temps, convaincu qu’on avait affaire à un plus républicain que la République.

Je dois avouer que, jusqu’à l’annonce de la plainte soutenue par sa Mosquée contre Charlie Hebdo, j’avais toujours pensé que « Docile » était un « modéré », le meilleur défenseur des valeurs républicaines face aux frérots de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) ou blédards de la FMNF (Fédération Nationale des Musulmans de France) soumis à la monarchie du Maroc ; se prosternant devant toutes ses instructions. Monarchie qui ne pousse nullement à l’assimilation harmonieuse en France, mais plutôt au maintien coûte que coûte de liens forts avec la « patrie » afin que la « vache émigrée » fournisse toujours plus de lait.

Pourtant, à deux occasions, j’aurais dû me douter de quelque chose chez notre ami « Docile » :

1 – En décembre 2004, Michèle Vianès a été écartée, dans des conditions restées floues, comme intervenante d’une conférence à Chambery portant sur l’enseignement du fait religieux, la laïcité et l’islam. Dans cette manifestation, la Mosquée de Paris était trop impliquée pour donner la parole à une féministe et une vraie laïque engagée. Mon intervention à côté de Dalil Boubakeur m’a aussi confirmé qu’il était un diplomate sans aucune colonne vertébrale : j’ai démontré, séance tenante, le contraire de son discours sur Averroès, mais il a trouvé tout de même les mots pour me féliciter et me gratifier d’abondants « Cher ami Pascal ».

2 – Bien des années auparavant, en pleine crise de fièvre aphteuse, qui touchait aussi les ovins, je lui avais écrit et proposé d’inciter les musulmans, en tant que Recteur très relayé par les médias, à ne plus sacrifier de moutons et d’en profiter pour sacrifier pour l’humanitaire. Il m’avait répondu que « ma proposition était fort intéressante et que la Mosquée de Paris allait étudier la question ». Parole de diplomate que j’aurais dû lire ainsi : « Dans tes rêves ! »

On peut donc se demander avec Stéphane Arlen (1), pourquoi donc Sarkozy choisit de faire commandeur de l’Ordre du Mérite un religieux qui a osé demander rien de moins qu’« un moratoire de dix à vingt ans sur la loi de 1905 » ? Ne manquant pas d’air, il a affirmé que cela donnerait « une respiration à l’islam de France ».

Comme si le commerce de la viande halal ne rapportait pas assez d’argent aux différentes fédérations musulmanes, comme si les musulmans en France n’avaient pas les moyens de se payer chaque année des pèlerinages coûteux et hasardeux, comme si ces mêmes musulmans ne contribuaient pas à ériger des mosquées y compris dans leurs pays d’origine, comme si ces pays d’origine ne fournissaient pas assez de subsides aux associations qui leur sont affidées, comme si l’Arabie Saoudite et les Emirats ne donnaient pas assez de pétrodollars, comme si nous étions toujours li pôv pitis misilmans …

Je crois que le réel et vrai mérite de « Docile » a été de nous dire tout haut ce que Sarkozy lui suggérait tout bas : contribuer à torpiller les fondements de la laïcité et revenir à une sorte de concordat où l’islam sert de prétexte et de fer de lance. Le modèle de l’Alsace-Moselle risque d’être généralisé pour que la France s’aligne sur le statut réservé aux religions chez nos voisins européens.

Le nivellement par le bas : voilà peut être la vraie rupture envisagée par notre Chanoine national qui mise sur une distribution généralisée de calmants et somnifères constitués d’espérance eschatologique en place et lieu de travail stable et d’amélioration du pouvoir d’achat ! Et là, notre ami « Docile » s’est montré très compétent : il a été un très bon distributeur de somnifères jusqu’au jour où il nous a annoncé, bonne gifle à l’appui, que la France devra passer à la caisse pour combler le trou qu’a certainement creusé sa fondation ; toujours à notre insu.

Pascal Hilout

Initiateur du nouvel islam en France
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(1) Stéphane ARLEN : [« Scandale : Boubakeur nommé Commandeur à l’Ordre national du mérite »->http://www.fairelejour.org/article.php3?id_article=1681]

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