De Kaboul à Drancy, la politique des lâches

Publié le 23 septembre 2008 - par
Share

Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) a menti à ses administrés en faisant construire, à leurs frais, une mosquée et en leur disant qu’il s’agissait d’une « salle polyvalente » (1). Cette forfaiture anti-démocratique et anti-laïque aurait dû entraîner la démission immédiate de ce maire et l’indignation générale des Drancéens. On pouvait espérer que l’opposition au conseil municipal se saisirait de cette affaire. Il n’en est rien.

En effet, Gilles Saulière, conseiller municipal P.S. et chef de file de cette opposition, réagit à cette affaire par un exercice de langue de bois des plus surréalistes, dans une interview au site Médias Libres (2). Il nous apprend que Jean-Christophe Lagarde a menti non seulement aux Drancéens, mais aussi aux élus municipaux d’opposition. Gilles Saulière se dit « effaré » quand il a découvert le pot aux roses le 21 mars 2008, et il s’empresse… de ne rien faire.

Lors de ce conseil municipal, il n’y a eu nulle contestation du loyer mensuel de 4000 euros payé par l’association musulmane pour cette mosquée qui a coûté 1,8 millions d’euros. Le maire dit que c’est comme un prêt qui serait remboursé par le loyer. Dans ce cas, cela donnerait un remboursement de 2,67% par an, ce qui ne couvre même pas les intérêts du prétendu prêt. Autrement dit, non seulement le capital « prêté » ne sera jamais remboursé, mais il coûte encore chaque mois aux Drancéens.

On ne peut pas non plus considérer ce bail comme une affaire immobilière normale et neutre pour la municipalité. En effet, le loyer mensuel moyen de l’immobilier est de 0,5% du coût de la chose louée. Il devrait donc être de l’ordre de 9000 euros mensuels. Ca fait donc un manque à gagner de 5000 euros par mois pour les Drancéens, et un cadeau de 5000 euros mensuels au culte musulman par une mairie laïque. Et même plus, car comme le rapporte le site du Modem drancéens (3), le maire dit que le bail en question n’a pas « les inconvénients de certains bails (sic !) qui mettent les frais d’entretien à la charge du locataire ». Autrement, c’est les Drancéens qui paient tous les frais d’entretien de cette mosquée municipale qu’on leur a cachée.

Toutes ces considérations bassement matérielles ne semblent pas effleurer Gilles Saulière, conseiller municipal P.S., alors que comme la plupart des communes de France, Drancy est surendettée et que ses habitants ont des soucis de pouvoir d’achat. Pour un élu « socialiste » qui prétend à gérer mieux la ville que le maire actuel, cette indifférence est inquiétante.

Gilles Saulière nous dit qu’il a découvert le pot aux roses au conseil municipal du 21 mars 2008, mais que « le bâtiment a été finalement inauguré en toute discrétion, pendant la campagne des municipales, avant les élections ». C’était tellement « discret », cette inauguration du 17 février 2008, que l’UOIF en a fait un communiqué dans la foulée (4), qui ne laisse aucun doute sur la destination des lieux, et où cette filiale des Frères Musulmans explique en termes voilés le bon vote aux élections à venir, pour remercier du cadeau occulte du maire : « Aussi, le Délégué régional [de l’UOIF] a appelé la communauté musulmane Drancyenne à travailler main dans la main avec leur municipalité, a sollicité cette dernière pour une ouverture et une tolérance afin de conjuguer les efforts dans un élan commun et a rappelé l’importance de la participation citoyenne de tous les musulmans aux échéances électorales prochaines du mois de mars. »

Et dès 2007, bien avant cette inauguration, un site web publiait des photos de ce qu’il appelait « la pose de la première de la mosquée de Drancy »… par Jean-Christophe Lagarde (4). « La mosquée », pas la « salle polyvalente » !

Mais Gilles Saulière ne découvre tout ça que le 21 mars 2008, parce qu’on en parle au conseil municipal. Et que décide-t-il ? Il le dit dans l’interview : « En ce qui me concerne, en ce qui concerne le P.S. de Drancy, nous avions choisi de ne pas nous exprimer tout de suite sur ce point. » Effectivement, il attendra… six mois, quand l’affaire éclatera dans Le Parisien puis dans d’autres médias. Et encore, comme le montre son interview, le P.S. de Drancy n’a toujours rien décidé. Pourquoi ? Parce qu’il ne veut pas « que ce soient les musulmans eux-mêmes qui fassent les frais de cette affaire ». Il explique donc qu’il doit en discuter avec eux, et trouver une solution pour leur lieu de culte, avant de faire quelque action que ce soit. Il ne faut surtout pas « bloquer l’accès aux fameux locaux par ses nouveaux occupants ».

Alors là, c’est extraordinaire ! Cette association musulmane est le bénéficiaire direct de la combine montée par Jean-Christophe Lagarde, elle s’en fait le complice, et il ne faut rien faire pour ne pas la fâcher. Gilles Saulière ne veut pas faire appliquer les principes laïques de la République dans sa ville, et stopper le dol d’au moins 5000 euros infligé aux Drancéens, parce qu’il a peur des réactions de la communauté qui profite illégalement et mensongèrement de ce dol.

Et cet élu socialiste ose pousser l’outrecuidance jusqu’à invoquer « le respect de la loi de 1905 (sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat) », tout en vantant les municipalités de son bord : « tout le monde sait bien que ce sont dans les villes de gauche et socialistes en particulier, que les musulmans peuvent se réunir dans de véritables mosquées plutôt que dans des caves transformées en lieu de prière ». Il omet simplement de dire :

– Que c’est bien à cause de la pression de cet « islam des caves » que des élus de gauche, tout comme leurs collègues de droite, font construire des mosquées-cathédrales, et donc que ce sont les fidèles de cet « islam des caves » qui en bénéficient.

– Que ces mosquées sont financées à coups de millions d’euros sur l’argent public, par des élus de gauche tout comme par ceux de droite, avec toutes les combines qui permettent de bafouer la loi de 1905 : vente de terrains municipaux au dixième de leur prix du marché, baux de 30 ou 99 ans à 1 euro par an, subventions à des pseudo-centres « culturels » et vraies mosquées, etc.

En résumé, Gilles Saulière reconnaît que Jean-Christophe Lagarde a habilement trompé les Drancéens et les élus d’opposition, mais qu’il ne peut rien faire de toute façon pour rétablir l’ordre républicain. C’est un aveu d’impuissance totale, et aussi un bel encouragement à d’autres maires à agir de la même manière que celui de Drancy qui est aussi député et, de part ses fonctions de maire, premier magistrat de sa ville.

Mais au fond, Jean-Christophe Lagarde tout comme ses collègues du conseil municipal, de droite ou de gauche, ne sont que l’illustration de cette lâcheté des politiciens actuels, incapables de servir leurs concitoyens et la République, et qui ne font que des tripatouillages électoralistes au jour le jour. On pourrait en dire tout autant dans le domaine économique et social, ou sur le plan national.

Cette démission généralisée du pouvoir politique, de plus en plus coupé du peuple, ne peut conduire qu’à des crises majeures dans notre pays. Non seulement l’autorité de l’Etat est bafouée de partout, mais cette incurie systématique fait monter un mécontentement populaire sans précédent, qui risque une fois de plus de trouver son exutoire dans l’extrémisme, à droite comme à gauche.

Je ne crois plus un mot de leurs grands discours républicains, quand je constate sur le terrain qu’ils font exactement le contraire de ce qu’ils prétendent. Jean-Christophe Lagarde pousse même l’hypocrisie jusqu’à écrire un livre intitulé « Les hypocrisies françaises » (édition du Cherche-Midi). Il y dresse, selon la couverture, « un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l’injustice et contribuent à paralyser une partie de l’action publique ». C’est l’hôpital qui se fout de la charité !

J’ai pensé à ces « hypocrisies françaises » de Jean-Christophe Lagarde et de Gilles Saulière, et de tous ceux de cette nouvelle nomenklatura hexagonale, il y a quelques jours. Je passais devant une annexe d’une préfecture, chargé du « service des étrangers » comme l’indiquait une plaque à l’entrée du bâtiment. Je me suis d’ailleurs dit qu’il fallait que je signale cela à la Halde et au Mrap, car un service réservé « aux étrangers », n’est-ce pas discriminatoire ?

Parmi la vingtaine d’usagers qui sortaient du local, j’ai vu quatre (oui, quatre) très jeunes couples composés d’une femme portant le voile islamique, dont l’une jusqu’aux yeux, et d’un homme barbu habillé à l’Afghane. Celui qui était avec la voilée intégrale et un gosse portait à la main un dossier, sans doute pour un titre de séjour. J’ai aperçu sur la couverture de ce dossier les photos d’identité de la femme. Sur ces photos, évidemment, elle ne portait aucun couvre-chef puisque la loi et les décrets l’exigent.

J’ai alors pensé à ces lois sur la laïcité, et aux débats parfois byzantins sur « la sphère de l’espace public » et « l’espace de la sphère privée » ou le contraire. On aura beau débattre pendant des heures, et multiplier ces lois, cela n’empêchera pas ces filles et ces femmes de remettre leur tchador ou leur burka dès qu’elles sortiront de la préfecture ou de l’école. Et si elles refusent, elles se feront cogner par leurs talibans de maris, comme c’est arrivé récemment à Marseille.

C’est suite à la pression de ce genre de personnes que nos maires financent mosquée sur mosquée, avec l’argent public de villes qui croulent toutes sous les dettes. Et tout les partis approuvent : l’UMP, le PS, le PCF, le Modem. Les rares opposants sont traités de racistes. Et on nous sort le couplet sarkozyste d’un « islam de France », un islam « républicain » qui n’a jamais existé et qui n’est pas prêt d’exister, alors que les voilées et les barbus sont de plus en plus nombreux dans nos villes. Les Jean-Christophe Lagarde et les Gilles Saulière font semblant de ne pas les voir, quand ils ne marchandent pas directement avec eux pour éviter les émeutes urbaines ou acheter leurs suffrages.

La classe dirigeante en France est devenue folle. Je devrais plutôt dire : la caste dirigeante. On envoie nos soldats de vingt ans en Afghanistan, et ils n’ont même pas le matériel pour se défendre faute d’argent dans les caisses de l’Etat. J’ai appris qu’ils sont même obligés de compléter leur barda de leurs propres deniers, pour des montants allant jusqu’à 2000 euros ! Et pour défendre qui ? Un gouvernement Karzaï fantoche qui condamne à mort les apostats ou qui emprisonne tous ceux qui ne respectent pas la charia.

On veut lutter contre les islamistes à Kaboul en défendant un gouvernement islamiste et on n’est même pas capable de combattre les islamistes qui sont déjà sur notre propre sol. On ne cherche même pas à les combattre : on traite avec eux ou on feint de les ignorer.

Roger Heurtebise

(1) http://www.mediaslibres.com/tribune/index.php/2008/09/08/682-quand-un-depute-maire-se-felicite-d-avoir-volontairement-menti

(2) http://www.mediaslibres.com/tribune/index.php/2008/09/19/699-mosquee-municipale-de-drancy-lopposition-socialiste-sexplique

(3) http://modemdrancy.hautetfort.com/tag/mosqu%C3%A9e

(4) http://www.uoif-online.com/webspip/spip.php?article276

(5) http://trait-dunion.spaces.live.com/photos/cns!F2139B6FCB14E548!1173/

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.