Débat RL – Libre Pensée : les insurmontables contradictions de Marc Blondel

Publié le 29 janvier 2010 - par - 240 vues
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Sur RFI mardi 27, le Président de ce qui fut autrefois la Libre Pensée débattait avec Pierre Cassen.

http://www.ripostelaique.com/Burqa-debat-entre-Pierre-Cassen-et.html

Débattait, c’est beaucoup dire. Sans vouloir jouer sur les mots, c’était plutôt pour se débattre dans d’insurmontables contradictions.
Nous avons entendu un martèlement du langage, employé comme d’autres utilisèrent une chaussure pour frapper sur un pupitre à l’assemblée des Nations Unies, nous avons entendu les fureurs verbales simulées d’un Président d’une fédération qui a longtemps défendu la démocratie politique, pontife « laïque » ferraillant et répétant à satiété que : l’interdiction de la bourqua était attentatoire à la liberté de se vêtir comme on l’entend, qu’une loi serait inapplicable, qu’on n’allait quand même pas mettre un CRS à la sortie de chaque immeuble HLM… Que tous les régimes et gouvernements qui avaient légiféré en matière vestimentaire étaient toujours totalitaires ou l’étaient devenus…

En d’autres termes, nous assistions à la dérision de la caricature poussée à son comble pour esquiver les graves problèmes soulevés par le port de l’uniforme du djihad parmi les femmes.

Mieux, notre militant laïque pur jus nous expliquera qu’on n’avait pas à faire une loi pour un phénomène marginal (1), « …moins de 2000 femmes concernées », et que : si 200 bourquisées, niquabisées, hijabisées manifestaient, est-ce qu’on allait les faire charger par les CRS ? Parce que, confiera-t-il devant le micro de RFI, « si j’étais un militant extrémiste », « j’organiserai une manifestation de quelques centaines (de ces femmes, ou supposées femmes- parce que, sous une bourqua il peut y avoir un barbu…).

Etait-ce un conseil que donnait, aux agresseurs et aux musulmans critiques de l’Imam Hassen Chalghoumi de la mosquée de Drancy et à leurs semblables, notre « libre penseur » en colère ?

Au fait, monsieur le penseur libre, avec qui vous situez-vous ?

Pour qui prenez-vous position ? Pour l’Imam de Drancy, qui, lui, demande publiquement une loi interdisant le port public de l’uniforme des femmes opprimées, l’uniforme des femmes propriété du clan, de l’époux, du frère et même du fils, en Afghanistan, en Arabie saoudite, en Iran, au Soudan…

Au fait, monsieur le militant laïque, je croyais naïvement que vous alliez profiter de votre rencontre avec Pierre Cassen, pour montrer que vous n’étiez pas du côté des fascistes « religieux » de l’islam militant, que vous n’étiez pas du côtés de ceux qui ont envoyé des fanatiques tenter d’assassiner en la carbonisant la comédienne algérienne Rayahana devant son lieu de travail, la maison des métallos rue Jean Pierre Timbaud.

Je croyais même, dans ma candeur, que vous alliez montrer que vous étiez totalement indépendant de l’islam politique et des gouvernements qui utilisent la charia pour opprimer les femmes ou pour interdire la liberté de conscience ; je croyais qu’en tant que démocrate internationaliste vous alliez profiter de ce débat pour réclamer la libération de la jeune algérienne condamnée à trois ans de prison parce qu’elle avait… quelques bibles dans sa sacoche. Je croyais, et je me suis trompé.

« Si j’étais un militant extrémiste », avez-vous dit, j’organiserai une manifestation de quelques centaines (d’enfermées « volontaires »)…

Tiens, tiens, derrière les femmes ou les pseudos femmes réclamant de rendre quotidiennes en France les valeurs du totalitarisme « religieux » des talibans, derrière ces « femmes » défendant les « valeurs » de ces « hommes » envoyant après un jugement sommaire les femmes se faire lapider ou fusiller devant un public contraint d’assister au spectacle dans le stade de Kaboul, faisant enlever et enterrer vive des jeunes filles et leur mère et tantes indociles, il y aurait « des militants extrémistes » ? La bourqua, ce n’est donc pas qu’une affaire vestimentaire ?! La bourqua c’est d’abord une action politique extrémiste !

On a donc bien à faire avec des « extrémistes », avec un mouvement politique militant, un mouvement organisé, une force dont il y aurait lieu de craindre qu’elle s’oppose à la loi qui pourrait être votée ; on est donc bien confronté à un mouvement qui a l’ambition de se renforcer, pour imposer son point de vue à la société française, en commençant par les fillettes, les jeunes filles et les femmes musulmanes pour, comme à Gaza, en Iran, au Soudan, en Arabie Saoudite, s’imposer à tous.

On a donc bien à faire avec des hommes et des femmes qui ne sont pas comme ces originaux qui veulent s’habiller comme sous Louis XIV ou à la manière de Chopin.

On n’est pas devant un mouvement qui serait symétrique à un courant naturiste revendiquant de pouvoir aller nu partout et tout le temps. On est confronté à un mouvement politique à forme et à prétention religieuse qui a l’ambition d’asservir la société toute entière à son dogme terroriste. Nous avons affaire à un fascisme spécifique et redoutable. Et c’est cela que les prétendus penseurs libres s’emploient à camoufler, par inconscience, pour des objectifs politiques à courte vue ?

Alain Rubin

(1) J’ai déjà répondu ailleurs à cet argument entendu chez Moscovici et Raoult.

Question à Marc Blondel : est-ce que les pilleurs de transports de fonds et les faux monnayeurs sont plus que quelques dizaines dans ce pays ? Pourtant, ces actes sont des délits punis par la loi.

Question au Président de l’ancienne pensée libre : est-ce que les kidnappeurs sont plus d’une dizaine dans ce pays ? Et pourtant, la loi prévoit ce délit majeur et le sanctionne, sans se poser la question de savoir si l’on parviendra ou pas à démasquer et à capturer les criminels.

Dans le cas de la bourquisation-hijabisation-niquabisation, il s’agit d’une action de nature collective et d’apparence individuelle visant à bouleverser les relations homme/femme, parents/fillettes, filles- adolescentes et jeune filles. Cette action vise sciemment à ériger une nouvelle légalité quotidienne en France, une légalité procédant de la charia. Cette dernière n’est évidemment pas encore en mesure de s’imposer en 2010 dans ce pays par la violence étatique, tribale et clanique comme en Iran, en Afghanistan, en Arabie Saoudite, au Soudan ou en Somalie. Elle passe par un militantisme par l’exemple se fortifiant par l’usage de violences quotidiennes contre les femmes. L’irruption dans la mosquée de Drancy d’un groupe de plusieurs dizaines de croyants en colère, -dénonçant l’Imam qui a osé, ô scandale, se prononcer publiquement et réclamer une loi contre le port de la bourqua dans l’espace public, revendiquant sur une antenne radio complaisante : « sa démission, pour avoir adopté une position personnelle qui ne serait pas vraiment musulmane… »- montre quelles forces sont à l’œuvre. Les menaces et les actions musclées déclinent certaines des méthodes classiques de base du fascisme mettant en mouvement une peste brune ayant viré au vert.

Blondel pose au responsable serein, à qui on ne la fait pas. Si je devais oser une comparaison, cet homme, face aux dangers qui assaillent la laïcité en tant qu’élément constitutif de la démocratie politique, ressemble à une espèce de capitaine de navire version commandant du Titanic… Réclamer contre les porteuses de bourqua relèverait, pour lui, d’une peur millénariste, ce serait une crainte irraisonnée et irrationnelle confinant à la xénophobie raciste…

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