Défendre Geert Wilders, c'est défendre la liberté dans toute l'Europe

A quoi joue la Grand-Bretagne en déclarant le député néerlandais Geert Wilders, réalisateur du film Fitna, persona non grata ?
Geert Wilders, en effet, est tombé sous le coup des autorités britanniques dès son arrivée à l’aéroport londonien de Heathrow, jeudi 12 février 2009, afin d’être renvoyé aux Pays-Bas.
Faisant fi du droit qu’a tout citoyen européen de circuler librement au sein des pays de l’Union, le gouvernement de Sa Majesté a justifié sa décision en invoquant des raisons «d’ordre public et de sécurité». Selon le ministère de l’Intérieur, il importe de fermer les portes de la Grande-Bretagne à «ceux qui veulent répandre l’extrémisme» ! Autrement dit, Geert Wilders entend répandre l’extrémisme en Grande-Bretagne par un film qui dénonce, en seize minutes, l’extrémisme islamique !
Ubuesque, n’est-ce pas ? Mais passons !

Ce ne seraient donc point les milliers d’islamistes solidement implantés sur le sol anglais qui pourraient être une menace pour la société anglaise tout entière, mais un seul homme, et, qui plus est, respectueux des lois démocratiques ! «Moi, une menace pour la société ?» – s’exclame Geert Wilders : «Je suis membre élu du Parlement, je n’ai rien fait de mal… Je suis un homme normal… Vous pouvez être en accord ou en désaccord avec mon point de vue politique, mais je ne suis pas une menace pour quiconque».
Eh oui, c’est bien cet «élu du Parlement» qui avait été invité par des membres de la Chambre des Lords à venir «montrer le film Fitna et à participer à un débat sur la liberté d’expression». Et c’est bien lui qui a raison lorsqu’il déclare, en l’occurrence, que «La Grande-Bretagne sacrifie la liberté d’expression. Nous nous attendrions à ce que quelque chose comme cela se produise dans des pays comme l’Arabie Saoudite, mais pas en Grande-Bretagne».
Et nous voilà derechef confrontés à notre propre lâcheté ! Il est plus facile, en effet, de retirer le droit de parole à un «homme normal» que de faire taire dix mille braillards belliqueux dans les rues de Londres ! Il est plus facile de s’effacer devant la menace que d’y faire face ! Il est plus facile de retarder l’opération que d’opérer sur-le-champ ! Quand la lâcheté politique commande, le déclin démocratique gouverne. Voilà où nous en sommes. Voilà ce que personne, ou presque, ne veut voir !
Et pourtant…
Et si Geert Wilders était à l’Europe ce que Churchill fut aux Anglais ? Et si la dignité de cet homme – qui transparaît dans la sobriété de son court métrage auquel s’opposent cependant la furie des uns et la veulerie des autres – était en train de nous montrer que les Européens ne sont plus maîtres chez eux, autrement dit qu’ils ne sont plus chez eux ?
Les Anglais le sont-ils, d’ailleurs, avec leurs tribunaux et leurs banques islamiques, leur police qui recule sous les insultes pro-palestiniennes, et qui, depuis deux décennies, essuie, au cœur même de la capitale, les pires avanies proférées par des djihadistes ? Le sont-ils depuis que madame Jacqui Smith – ministre de l’intérieur directement responsable de la fin de non-recevoir adressée à Geert Wilders – converse avec des musulmanes après avoir pris soin de se couvrir la tête du voile islamique ? La reine elle-même n’a-t-elle pas porté le voile lors d’un voyage en Turquie ? Qu’arrive-t-il donc à la fière Albion ? N’est-elle pas de moins en moins fière et, partant, de moins en moins démocratique ? Si tel est le cas, comme semblent l’indiquer les décisions de ce pays à l’égard de l’islam, que ne se déclare-t-elle musulmane pour être, enfin, en accord avec elle-même ! Refuser Wilders, n’est-ce pas déjà accepter la charia ?
Le propre de la charia, en effet, consiste à bâillonner tout discours qui lui serait contraire ou qui en montrerait le sens véritable pour mieux le récuser. Tel est la signification de Fitna, et c’est cette signification que les autorités britanniques musellent en cueillant à l’aéroport son auteur, comme un vulgaire délinquant !
Qu’un tel dérapage protocolaire soit possible au pays du «fair-play» mérite qu’on s’y arrête, car semblable incongruité eût été impensable il y a seulement vingt ans ! Que s’est-il donc passé en vingt ans ?
En vingt ans, les responsables politiques n’ont cessé de permettre – et, si possible, de taire (!) – l’islamisation de leur territoire en échange de la paix sociale, oubliant que tout commerce avec des organisations terroristes est nécessairement haïssable et terriblement dangereux. Le fanatique ne change pas : il sait crier au loup quand il est lui-même le loup, en mettant à profit les libertés que lui accorde le pays d’accueil ! Mais nos responsables politiques ne changent pas non plus, et, malgré les attentats du 7 juillet 2005, cèdent toujours davantage au loup : le Royaume-Uni a déjà supprimé l’Holocauste de son programme scolaire ! Attendons-nous donc à ce que le 11 Septembre devienne jour férié, avec obligation de le fêter !
Après tout, n’est-il pas devenu officiellement obligatoire de penser du bien de l’islam ? Les médias, les politiques, nos voisins européens, nos collègues de travail, voire le premier venu ne martèlent-ils pas d’un commun accord les valeurs de tolérance à l’égard de toutes les cultures, la nôtre exceptée ? Qu’en sera-t-il donc de la nôtre dans dix ans ? Ne savons-nous pas que l’Histoire est écrite par les vainqueurs, et que les vainqueurs sont ceux à qui nous laissons la victoire ? Alors qu’en Grande-Bretagne les imams diffusent publiquement leurs appels au meurtre, va-t-on refuser encore longtemps à un député européen le droit d’entrer dans un Etat de l’Union, sous prétexte que le film qu’il souhaite y présenter dénonce ces mêmes appels ?
Si un tel refus venait à se confirmer au point de faire jurisprudence, il ne faudra pas s’étonner que des pressions invisibles mais bien réelles conduisent le Royaume-Uni à reconsidérer l’ensemble de ses valeurs d’accueil, puis l’ensemble de ses valeurs, jusqu’au jour où il lui faudra peindre en vert son propre drapeau, après avoir remplacé les croix de saint Georges, de saint André et de saint Patrick par deux sabres et un croissant !
Maurice Vidal

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