Des catholiques intégristes aux bénêts compassionnels, « idiots utiles » de l’islamisme

Publié le 15 décembre 2007 - par
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Dimanche 9 décembre 2007, Varsovie 100° anniversaire du 1er congrès des Libres penseurs

La conférence est ouverte par le professeur Andrezj Nowichi, philosophe qui explique que le mouvement de la libre-pensée polonaise, à son origine voulait lier le collectivisme social et la culture individuelle. A partir du moment où la pensée philosophique, créative, en mouvement a été traduite en réponses dogmatiques figées, les libertés fondamentales n’étaient plus respectées.

A l’appui de son argumentation j’ai souligné la tentation du fixisme chez les idéologues de la bien-pensance actuelle, oublieux de « la figure provisoire du vrai » (Condorcet) : Les jugements présents peuvent être critiqués. Les lois sont révisables, dues à l’avis majoritaire. Les inégalités ne sont pas des fatalités mais s’expliquent par des coutumes arbitraires qui perdurent.

J’intervenais sur la laïcité et les droits des femmes, sur le long chemin des femmes vers l’autonomie en s’affranchissant du poids des religions et des traditions. En Pologne, comme partout où les théocrates sont au pouvoir les femmes sont dans le combat contre les traditions archaïques et théocratiques patriarcales et pour l’idée moderne de laïcité, héritière des Lumières (« Nous avons besoin des lumières, nous avons besoin de la laïcité » Taslima Nasreen) : reconnaître à chacun la même dignité, n’exiger nulle dévotion en contrepartie mais l’adhésion librement consentie à un contrat et à des devoirs de la part de consciences autonomes et libres, c’est-à-dire éclairées, aptes à juger et capables de vouloir.

La description de la situation des femmes polonaises, dont le taux de natalité est le plus faible de l’Union Européenne, malgré la propagande de l’église, dès l’école, dénonçant la contraception et préconisant des leçons de religion pour les enfants stressés.

Le moment le plus émouvant, un mariage rationaliste, non reconnu par les autorités, alors que le mariage religieux l’est.

La Pologne est, parait-il, dans l’Union Européenne. Vu de loin, peut-être, mais sur place, la peur de parler dans les cafés, la situation des femmes, les salaires de misère, l’absence de protection sociale, infirment cette appartenance.

Lundi, l’horrible assassinat à Toronto d’une jeune fille, Aqsa Parvez, étranglée par son père, parce qu’elle enlevait le voile islamique imposé par sa famille dès qu’elle entrait dans son établissement scolaire. Elle voulait simplement avoir les mêmes droits que toutes les autres jeunes filles de son pays.

Mardi, d’abord le forum que Regards de Femmes a organisé à Lyon pour favoriser la participation des femmes à la prise de décision [http://www.partagider.fr->http://www.partagider.fr].
Les Africaines nous ont transmis, comme d’habitude, leur enthousiasme et leur énergie. Leur injonction de ne pas baisser les bras, de lutter ici contre les obscurantistes pour leur permettre chez elles d’accéder aux droits universels fondamentaux correspond à notre objet social.

Le mardi soir, l’annonce d’un drame sanglant : l’attentat à Alger.

Plus que jamais nous devons résister à la terreur, puisque ni la « grâce amnistiante » aux terroristes islamistes, ni les lâchetés onusiennes dénonçant le délit de blasphème envers l’islam n’ont empêché les fous de dieu de semer la terreur à Alger, contre l’Onu.

Une pensée très forte pour tous nos amis algériens, des 2 côtés de la méditerranée, en particulier pour Leîla Aslaoui et toutes les femmes décrites dans son live « Coupables » (Edition Buchet-Chastel)

Mercredi. Bonne nouvelle, Le tribunal administratif de Lyon rejette la requête d’un père d’élève qui voulait que le personnel de la cantine scolaire ne serve plus de viande à ses enfants. Dans son jugement le tribunal a considéré que « le service public de la cantine n’a pas un caractère obligatoire et que compte tenu notamment des contraintes pesant sur les personnels du service, le maire de Lyon et le directeur de l’école n’ont pas commis d’erreur manifeste d’appréciation, ni porté atteinte à leurs libertés individuelles. »

Nous avions donc eu raison de dénoncer la proposition de l’adjoint aux écoles de la ville de Lyon qui voulait proposer des repas sans viande aux élèves lyonnais. Il avait recueilli l’avis des responsables religieux qui veulent interdire aux enfants de manger des viandes non taxées « cacher » ou « hallal » et d’associations qui se prétendent laïques, alors qu’elles ne sont que communautaristes. Leur désir de fragmenter la société et d’ériger des murs entre les enfants a pour objectif d’augmenter leur poids politique auprès de leurs parents.

Il est important de rappeler que la ville de Lyon avait retiré de l’ordre du jour de ses conseils municipaux d’octobre et de novembre le vote d’une délibération pour mettre en service des repas sans viande, dans les restaurants scolaires. Sans nul doute les actions de regards de femmes, tribunes et interviews, s’opposant à cette volonté ségrégationniste ont joué un rôle déterminant.

Le jugement du tribunal administratif conforte notre combat : dire non aux demandes dérogatoires aux principes républicains. Il parait impensable que la ville de Lyon, ayant été confirmée dans le droit de ne pas servir des repas sans viande, fasse voter une délibération contraire. Ce jugement doit servir dans les autres communes, pour empêcher le conditionnement des enfants par les obscurantistes.

Nous n’avons pas eu le temps de savourer cette victoire de la République laïque longuement.

Jeudi. Nous recevons un encart publicitaire de 8 pages couleur réalisé par la Halde pour la presse enfantine. Un dessin, extrait de cet encart dans « Mon quotidien », montre une mère voilée, accompagnée de sa fillette voilée et du mari. A un guichet, une hôtesse leur fait remarquer qu’ici, le voile n’est pas autorisé. On fait dire alors à la mère : « le port du foulard est interdit à l’école mais il est autorisé partout ailleurs ». Ce dessin est un véritable scandale.

Un pas de plus a été franchi par la Halde dans son action de propagande pro-islamiste (voir dossier sur la Halde [http://www.regardsdefemmes.com/->http://www.regardsdefemmes.com/]).

Le discours de l’islam politique est financé et légitimé par la Halde. Cette fois-ci, avec l’argent public, elle s’attaque aux enfants, filles et garçons. Jusqu’où cette haute autorité inique ira-t-elle dans ses attaques contre la dignité des femmes et des fillettes?

La Halde participe ainsi au conditionnement des fillettes afin qu’elles se considèrent à la fois comme source de désordre et honneur de la famille, qu’elles entérinent l’idée qu’elles ne sont qu’un objet sexuel et doivent se cacher dans l’espace public. Les troubles comportementaux liés à une culpabilisation perpétuelle, violence psychologique extrême, sont dénoncés par les médecins et psychiatres.

En même temps les garçons sont confortés dans l’idée que les filles doivent se voiler dans l’espace public, si elles ne veulent pas être agressées. Ce serait ainsi de la faute des filles s’ils sont incapables de maîtriser leurs pulsions.

Selon cette « haute autorité », l’enfermement des fillettes dans le voile islamique en France serait autorisé parce que non interdit expressément par la loi. C’est bien la preuve de la nécessité de légiférer. Les propositions de loi contenues dans le rapport Stasi permettent de le faire. Les milliers de signatures d’hommes et de femmes recueillis par l’adresse au Président de la République et aux parlementaires montrent que nos compatriotes, hommes et femmes, partagent notre demande (voir [http://www.halteauvoile.fr->http://www.halteauvoile.fr])

L’avancée du front islamiste se déroule sur la peur de certains Occidentaux qui abandonnent les principes fondamentaux universels d’égale dignité des hommes et des femmes. Afin d’anéantir les principes universels fondamentaux d’égale dignité des êtres humains, les tenailles des islamistes se referment de plus en plus pour effrayer leurs coreligionnaires, à commencer par les femmes et tétaniser l’opinion publique des pays occidentaux. En Italie, les imams somaliens salariés par le gouvernement italien pour « enseigner la religion » disent aux fillettes marocaines que si elles ne sont pas « coupées », ce ne sont pas de bonnes musulmanes, alors que les mutilations sexuelles féminines ne sont pas une tradition marocaine !

Il faut cesser d’être dupe de la confusion volontaire entre la liberté individuelle au niveau philosophique et le principe politique de liberté, intimement lié aux principes d’égalité et de fraternité dans notre devise. Dans la République, il s’agit d’être libres ensembles. La liberté sans l’égalité aboutit à la loi du plus fort. Réciproquement, l’égalité absolue est la négation de la liberté. La fraternité empêche la liberté d’engendrer des privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression.

Il est également indispensable de rappeler qu’il y a des règles vestimentaires d’évidence pour se déplacer dans l’espace public. Si des personnes décident de contrevenir, la loi permet d’interdire. Dans les stations balnéaires, les maires prennent des arrêtés municipaux pour interdire de se promener en maillot de bain, hors des plages. « L’arrêt bermuda » a donné raison à un employeur qui refusait que son employé vienne travailler en bermuda.

Dans le cas présent, il s’agit d’une atteinte à la dignité des fillettes, l’application des droits des enfants devrait naturellement interdire un tel abus.

En cette période de Noël, allons-nous abandonner les fillettes de filiation musulmane à la merci des obscurantistes ?

Michèle Vianès

présidente de Regards de Femmes

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