Discours de la présidente de l’Ufal de Champs-sur-Marne sur l’épilogue de la mosquée salafiste illégale

Publié le 21 février 2008 - par

Bonsoir à tous

Ce soir je prends encore la parole pour me faire l’écho de tous les riverains.

Je tiens à remercier :

– M. Michel Guillot, notre préfet

– Mme Chantal Brunel, notre député

– Mme Maud Tallet, notre maire

– Mme Sophie Assailly, son chef de Cabinet

– Mmes Fressard et Le Calvez, les secrétaires de Mme Tallet qui

ont été toujours très obligeantes lors de mes fort nombreux appels téléphoniques.

– Les représentants de la presse

– L’ensemble des commerçants

– Les habitants du quartier

En bref tous les acteurs de ce dossier.

Je commencerai par rendre hommage à M Guillot, Préfet de Seine et Marne.

Lors de notre rencontre le 26 octobre 2007, en présence de Mme Brunel et de Mme Tallet, nous avons vu face à nous un homme empreint de liberté, attaché aux valeurs républicaines et respectueux de la Justice.
Nous avons entendu dans ses propos des rappels essentiels sur l’Etat de droit qui est le nôtre.
Ses paroles franches nous avaient laissé entrevoir un dénouement favorable à notre affaire et voilà qui est fait.

Ce soir, plusieurs sentiments me traversent l’esprit, je vais vous en livrer quelques uns.

Tout d’abord un sentiment de satisfaction.

Nous avons réussi à réunir dans un même élan des électeurs de gauche et de droite.
Nous avons réussi à faire travailler main dans la main des élus d’opinion politique différente.
Nous avons réussi à créer un front républicain uni.

Cela prouve que lorsque les valeurs républicaines sont malmenées, les divergences politiques sont abolies.

Un autre sentiment : la fierté.

Fierté d’appartenir à ce quartier et plus largement à une fratrie d’hommes.
Quelque soit sa race, sa couleur, sa religion et son sexe, chacun a le droit de vivre ici à Champs sur Marne, mais à une seule condition, qu’il respecte les autres.

Auparavant, c’est-à-dire il y a un an environ, nous nous connaissions de vue mais sans plus ; désormais nous nous sentons soudés et unis par un lien très particulier car nous avons vécu ensemble de longs mois de malaise et de tension très perceptible.
Maintenant quand l’un d’entre nous va à la boulangerie, il y a toujours quelque autre à saluer.
Mais nous ne voulons pas être une exception et nous souhaitons, ça c’est mon côté optimiste, pour tous les êtres humains d’arriver à cette franche solidarité.

Autre sensation positive : la joie.

Un sentiment de joie s’est emparé de nous tous vendredi 25 janvier .Un simple panneau « A Vendre » a eu des effets inouïs.
Venue de paparazzi, de journalistes, de caméras pour immortaliser l’évènement.
Ce vendredi soir là , à 22 heures, des personnes qui n’ont pas de chien à promener, venaient en pèlerinage sur cette place des Catalpas pour vérifier de leurs propres yeux.
Le week-end entier, j’ai vu de ma terrasse, je suis aux premières loges, des membres de ce collectif qui habitent de l’autre côté de la rue, venir se recueillir devant ce panonceau .Dans ce cas là, la promenade du chien était un bon prétexte.

Après cet inventaire de sentiments positifs, ma tête est traversée par des sensations négatives.

Tout d’abord l’inquiétude.

Par notre mobilisation, nous avons réussi à repousser hors de notre commune des islamistes radicaux.
Mais le problème de fond reste entier .Ils sont partis simplement ailleurs pour continuer leur travail de sape et pour propager leur idéologie fanatique.

La lutte pour l’égalité et le droit des femmes a été le fait des femmes.

C’est aux musulmans de prendre le problème à bras le corps.
C’est aux musulmans de dénoncer ces personnes et leur conception archaïque de vie.
C’est aux musulmans de mettre en garde contre des imams autoproclamés qui tiennent des propos subversifs incitant à la haine envers les juifs, les chrétiens et tous les non-croyants.

Autre sensation que j’éprouve la crainte.

Aujourd’hui la laïcité est menacée.

On entend parler au plus haut sommet de l’état de laïcité positive, cela n’existe pas. La laïcité ne supporte pas d’adjectif.

On reproche à l’instituteur laïc de ne transmettre que la connaissance. N’est ce pas là son rôle ?

On entend parler de moratoire de la loi de 1905.
On entend parler de toilettage de cette même loi, au nom de la modernité.

Juste un rappel :
« La France est une république démocratique, laïque, indivisible et sociale. »
Tel est l’article premier de notre constitution.

Attaquer la laïcité c’est mettre en péril les fondements de cette même constitution.
Si on laisse attaquer laïque sans réagir, après rien n’interdirait de s’en prendre à démocratique ou indivisible ou sociale.

« La République assure la liberté des consciences. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

Ces deux phrases sont les articles 1 et 2 de la loi de 1905.

Toucher à cette loi qui régit depuis plus d’un siècle notre société, qui entérine la séparation de l’état et de la religion, c’est ouvrir la boîte de Pandorre avec toutes les conséquences néfastes que cela peut engendrer.
Toiletter cette loi au nom de la modernité, c’est la porte ouverte à tous les abus.
L’histoire est jalonnée de morts et de souffrances commis au nom de la religion.

Comme disait Aristide Briand, l’un des pères de la loi de 1905 :
« L’état n’est ni religieux, ni irreligieux, il est areligieux ».

Nous devons rester une nation où le politique ne se mêle pas de religion, où le religieux et le non religieux ont le droit d’exister et de vivre ensemble.

Dès à présent, des voix éclairées telles que la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, le Grand Orient de France s’élèvent contre ces attaques envers la laïcité.

L’UFAL, l’Union des Familles Laïques, dont je fais partie, prend toute sa part dans cette mobilisation pour garantir à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer.
Afin de poursuivre cette lutte pour la défense de la laïcité, venez nous rejoindre.

N’oublions pas que :
« La laïcité n’est pas un particularisme accidentel de l’histoire de France, elle constitue une conquête à préserver et à promouvoir, de portée universelle » voilà ce que dit Henri Pena-Ruiz, un philosophe contemporain.

Dernier sentiment : un soupçon de tristesse

Le collectif que nous avons créé en avril 2007 va disparaître. Sa raison n’a plus lieu d’être.

Mais la vigilance reste à l’ordre du jour :

– vigilance sur le devenir du local, dès le 6 février une réunion avec l’ensemble des responsables de chaque copropriété s’est tenue à la mairie.

– vigilance sur la laïcité

Je suis un peu triste c’est vrai mais je sais que nous pouvons tous nous retrouver si besoin est.

La défense des valeurs républicaines a été notre moteur et peut à tout moment se remettre en marche.

Cependant point de morosité à cette soirée, maintenant profitons tous ensemble de ce pot laïque, républicain mais aussi et surtout amical.

Marie-José Letailleur

Vendredi 15 février 2008

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi