Discours entendu dans mon TGV : “Je fais le ramadan, j’ai Dieu avec moi, j’ai la foi, j’ai la force”

Publié le 21 septembre 2009 - par - 376 vues

En rentrant de Paris à Bordeaux, ce 16 septembre, par le TGV de 18h50, je me suis trouvé impliqué dans un incident fort désagréable.

Vers 19h10, je m’étais abîmé dans la résolution d’un sodoku et depuis deux minutes me parvenait aux oreilles les échos d’une discute toute proche. Le désagrément était suffisant pour m’arracher de ma
distraction.

Un musulman, sur un siège de l’autre côté du couloir, vitupérait à l’encontre d’un homme, la trentaine, juste derrière moi : « je fais le ramadan, occupe-toi de ton minitel (!), j’ai la foi, j’ai dieu avec moi, j’ai la force, etc. » et de reprendre ses propos avec parfois un poing plus ou moins tendu, à la fois menaçant et provoquant.

Le jeune homme ne répondait pas et le laissait s’époumoner. Sûrement n’osait-il pas ?

Avait-il eu un regard, un amusement, un propos ? Il laissait ce torrent de colère lui tomber dessus.

Trois ou quatre minutes que j’observais l’individu très agité – très amaigri et certainement épuisé par son jeun – avec une certaine insistance et désapprobation. C’est long, c’est pénible. Peut-on
laisser une personne sans réaction subir la provocation et accuser de je ne sais quoi – impossible de le savoir – sans que celui-ci n’ose dire un mot par crainte ou par peur ? Quand vous êtes tout près, le plus près, vous sentez un malaise monter, sans être un héros ni chercher à l’être, il faut réagir.

J’ai donc demandé à l’individu de se calmer, il avait fait savoir qu’il n’était pas content et il devait s’arrêter, maintenant il gênait tout le monde. Et voilà qu’il me répond : « j’ai la religion pour moi, je suis le plus fort par ma foi, j’ai dieu avec moi. ». Et de faire allusion à mon attitude malséante, de me demander ma religion. Puis ma réponse ne le satisfaisant pas – j’ai légèrement forcé en répondant que je n’en n’avais pas, il n’avait pas à savoir – de commencer des provocations pour se retrouver sur le quai de la gare à Bordeaux, il n’avait peur de rien !!!

Et bien sûr d’autres passagers particulièrement indisposés, les plus proches, lui demandèrent d’arrêter. Les gens commençaient à se lever même à l’autre extrémité du compartiment. Par chance, à ce moment
plus que tendu, passe une contrôleuse qui s’inquiète des évènements. Elle a vite compris sans que nous lui donnions beaucoup d’explications. Trente secondes plus tard, se voyant incapable de calmer cette personne qui n’appréciait pas son intervention, elle partait chercher son collègue homme.

Son collègue entreprend lui aussi de calmer l’individu, mais celui-ci devient encore plus vindicatif. Voyant tout le compartiment le regarder et lui demander d’arrêter, il en rajoute « tout le monde, même à cinquante, je suis le plus fort, j’ai la foi avec moi. », et ceci plusieurs fois !

Puis vinrent les insultes « sales français » par deux fois ! Les dames – dont la contrôleuse – eurent droit à « putes » là encore par deux fois, la deuxième avec un agrément complémentaire que je n’ai pas enregistré. La France a eut aussi droit à quelques qualificatifs. Les choses ont bien
failli mal tourner, il a fallu retenir un passager. Heureusement, l’individu en question était toujours dans l’invective, l’insulte et la menace mais sans passer à l’acte ! Que cherchait-il ?

Le contrôleur amena fort heureusement l’individu à part, ce qui l’a coupé des autres voyageurs. Après plus de quinze minutes de discussion, il a suivi le contrôleur dans une autre voiture. En passant près de nous je l’ai entendu dire « c’est pas une république ou si c’est cela la république
! » pardon de ne pas avoir mémorisé exactement ses propos.

A Tours, trois représentants de la maréchaussée l’attendaient. Et un de mes proches voisin de se tourner vers moi : « Ouf, heureusement que personne ne l’a frappé, sûr qu’on aurait eu une plainte du MRAP ». Et même de rajouter qu’il ne devait pas être sain d’esprit. Lorsque ce dernier est descendu à Libourne, on s’est dit au revoir, de tels événements vous rapprochent. En quelques mots nous avons exprimé l’angoisse que nous inspiraient les faits. A sa phrase « On n’y peut rien ! », un deuxième a répondu « Non, c’est parce qu’on a rien dit qu’on en est là et il faut réagir ! ».

Bravo et merci aux contrôleurs, dont la dame, qui ont su garder leur calme, écarter le danger avant de prendre les dispositions nécessaires à l’encontre de l’individu. Prendre aussi les noms des témoins. Leur professionnalisme me laisse croire qu’ils sont souvent en bute à des problèmes de comportements irascibles, en espérant que ce genre d’événement ne soit pas devenu un incident ordinaire ! Mainteant, même le poivrot que j’ai déjà vu dans un train, m’est devenu un personnage sympathique.

Jean-Paul Saint-Marc

PS : Pas agréable, vous ne savez pas ce qui va arriver !

Le jeune homme qui était en bute à l’agression, a formulé un remerciement timide et s’est excusé des ennuis occasionnés. J’avoue ne pas lui avoir demandé les causes de l’incident, ni personne,
finalement tout le monde était heureux que l’événement se termina sans dégâts.

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