Doudou Diène, porte-parole de l’islam politique à l’Onu

Publié le 10 novembre 2007 - par - 616 vues
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Le 14 septembre 2007, au palais des Nations Unies de Genève, Monsieur Doudou Diène, un rapporteur pour le moins spécial, présentait au Conseil des Droits de l’Homme (CDH) son rapport « sur les manifestations de la diffamation des religions et en particulier sur les incidences de l’islamophobie sur les jouissances de tous les droits ». De quoi s’agit-il ?

En fait, sous prétexte de discrimination religieuse en général puisqu’il aborde dans son rapport la christianophobie et l’antisémitisme, Monsieur Diène remonte son cheval de bataille favori. Sa prétendue lutte contre l’islamophobie.

Sous prétexte car bien que précisant qu’il n’établit aucune hiérarchie dans les « discriminations » visant les différentes religions, il n’en prétend pas moins que l’islamophobie est la forme de racisme ayant le plus progressé « depuis les événements du 11 septembre ». Ce qui justifie que ce rapport « examine plus particulièrement le phénomène de l’islamophobie » puisque sur 48 paragraphes consacrés aux formes de « discrimination » religieuse, la moitié concerne l’islamophobie. Aucune hiérarchie en effet.

Prétendue islamophobie puisqu’on ne comprend pas trop ce qu’elle revêt chez Monsieur Diène. Page 9, il définit l’islamophobie comme « une hostilité non fondée et la peur envers l’Islam (l’Islam avec un « I » désignant les populations islamiques) et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux… » Rien à redire quant à cette définition si ce n’est qu’elle semble en total décalage avec le combat de Monsieur Diène.

En effet, en parlant continuellement de diffamation « à l’égard de l’islam », Monsieur Diène amalgame de facto tous les Musulmans (passifs, actifs, modérés, fanatiques, simples croyants, militants) avec l’islam (avec un « i » pour désigner la religion). Mieux encore, en parlant de l’islam tout au long de son rapport et en parlant de la place que l’islam devra recouvrir dans « l’identité européenne », Monsieur Diène semble en fait défendre l’islam plus que l’Islam, combattre l’islamophobie plutôt que l’Islamophobie y compris en niant l’islamofolie. Comment procède-t-il ?

Monsieur Diene part d’un constat. « L’islamophobie est un phénomène en hausse et une source de préoccupation depuis les événements du 11 septembre ». Passons sur l’utilisation systématique dans ce rapport du terme « événements » pour désigner les attentats islamiques du 11 septembre, et attardons-nous plutôt sur sa « préoccupation ».

Attardons-nous y parce que les militants antiracistes n’ont pas découvert l’Islamophobie au lendemain du 11 septembre. Ils ont en effet toujours combattu cette haine des populations issues du monde islamique. Car je rappelle à Monsieur Diène que tout comme nos racistes d’antan ne faisaient aucune différence entre tous « les nègres de l’Europe » qu’ils aient été ritals, portos ou yougos, les racistes d’aujourd’hui haïssent indistinctement tout ce qui vient du monde islamique. Que l’on soit Arabe, Berbère, Noir, Turc, Perse, Copte, Assyro-chaldéen, athée, musulman passif, actif, modéré, réformateur ou intégriste, pour nos racistes, tout cela est haïssable.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les militants antiracistes ont compris au lendemain du 11 septembre qu’il allait falloir redoubler d’efforts pour que nos concitoyens fassent bien la différence entre la légitime opposition à ce totalitarisme qu’est l’islam et la nécessaire protection comme défense des droits individuels des populations issues du monde islamique. Oui, insistons sur cette préoccupation de militant antiraciste car elle ne semble pas être celle de Monsieur Diène. Notre combat contre l’Islamophobie ne semble pas être le sien contre l’islamophobie.

Sa préoccupation à lui semble être plutôt de protéger l’islam y compris en se servant des musulmans comme d’un bouclier humain. De protéger l’islam en parlant de racisme pour toute aversion envers un dogme religieux. Que l’on sache, à moins que Monsieur Diène ait découvert le gène de l’islam, parler de racisme envers une religion, outre l’aberration intellectuelle en soi, revient également à criminaliser toute pensée athée. Ce qui est pour le moins osé.
De protéger l’islam en parlant « d’événement » pour une tuerie monstrueuse, afin de minimiser ce qui a décillé bien des yeux parmi nos concitoyens sur la nature de cette religion.

Comprenant sa préoccupation, il est plus aisé de saisir pourquoi Monsieur Diène diffame les intellectuels qui dissèquent l’islam, en les traitant de « prétendus intellectuels », en parlant de « prétendus travaux scientifiques ou universitaires ; pourquoi il s’improvise psychanalyste des foules en diagnostiquant en Occident « un esprit de croisades refoulé » ; pourquoi il qualifie de « rhétorique laïciste virulente » ce désir qu’ont nos pays de préserver l’espace public, l’intérêt général de la guerre que se sont toujours livrés tous ces dogmatismes surnaturels dénommés religions.

De saisir aussi ce qui le pousse à prétendre que toute la vie médiatique, intellectuelle et politique depuis les partis d’extrême droite jusqu’aux partis démocratiques seraient gangrenés par le « racisme » islamophobe et à jouer d’une sempiternelle menace à peine voilée ? « que la montée de l’islamophobie augmente les risques de troubles sociaux (…) et conduit en fin de compte à l’extrémisme ». Précisez-nous juste alors si vos « événements du 11 septembre » sont finalement postérieurs ou antérieurs à la montée de l’islamophobie ?

Oui ce sont bien les seuls intérêts de l’islam qui mobilisent le semblant de réflexion de Monsieur Diène. Comment expliquer sinon que les discriminations sociales et économiques subies, sur simple présentation du faciès, par nos compatriotes issus du monde islamique soient résumées en une phrase au paragraphe 16. Alors que parallèlement, les vulgaires querelles de minarets et la défense des 70 individus soupçonnés de liens avec des mouvements islamistes et privés par conséquent d’autorisation de sécurité à l’aéroport Charles-de-Gaulle, méritent de plus amples développements. Oui, pour Monsieur Diène, les musulmans ne sont finalement que le bouclier humain d’une islamofolie qu’il tient à protéger dans son fourreau rhétorique.

Cela dit, tactiquement parlant, il a bien raison d’amalgamer Islam et islam tout en criant à l’amalgame. C’est malheureusement encore assez efficace. Étant donné que l’Islam est multiple, au point même d’inclure des populations non musulmanes, en semant le trouble, il finirait presque par nous faire oublier que l’islam est lui plutôt du genre entier, brut de décoffrage, voir même explosif.
C’est juste dommage que son verbiage ne soutienne pas un examen un tant soit peu sérieux.

Mais ce n’est pas tout. Examinons la suite de ce rapport lorsqu’il aborde l’antisémitisme et la christianophobie car les intentions de notre rapporteur passent de l’ambigu au limpide.

S’agissant de l’antisémitisme, Monsieur Diène en détecte deux. Le vrai qui procéderait d’une longue tradition historique et le faux qui naîtrait d’une confusion entre « antisémitisme » et « critique des politiques de l’état d’Israël ».

Sans à aucun moment mentionner l’antisémitisme mortifère, omniprésent dans le Coran, ainsi que dans la tradition islamique à travers les massacres perpétrés par Mahomet lui-même ou encore la négation de la shoah entretenu dans le monde islamique, Monsieur Diène indique benoîtement que le véritable antisémitisme est préoccupant dans le monde musulman. Comment l’explique-t-il ? Il l’explique par la circulation d’ouvrages diffusés en Europe au XIXe siècle tels que « le protocole des sages de Sion » et par la multiplication de groupes néonazis.
L’affaire est entendue. Tout cela est de la faute des Européens. Une technique de défense que Monsieur Diène adore.

Comme lorsque au paragraphe 36, tout en éludant encore une fois la question du terrorisme islamique, il aborde brièvement l’explication de l’islamophobie par le biais du « comportement de certains musulmans ». « En particulier, les élites de plusieurs pays islamiques invoquent des questions religieuses pour justifier l’existence de lois qui bafouent la liberté de conscience et d’expression, le respect des minorités religieuses et les droits de la femme ». Comportement qui ne s’expliquerai ni par les « textes sacrés » , ni par l’imitation du prophète de l’islam. Non ! Un comportement qui s’explique exclusivement par « l’influence généralisée des puissances étrangères qui s’est exercée au Moyen-orient au cours du siècle passé ».

Voici pour l’explication du véritable antisémitisme. Pour le faux, ce sont les Israéliens eux-mêmes qui en seraient responsables. Car « si l’antisionisme et la critique de la politique du Gouvernement israélien peuvent avoir, dans certains milieux, une connotation antisémite, réduire ces deux facteurs à l’antisémitisme pourrait conduire à une remise en question de la légitimité du débat politique démocratique et à une banalisation de l’antisémitisme ».

Que ce Monsieur se rassure. On peut effectivement critiquer « la politique du Gouvernement israélien » sans être antisémite. Les juifs et les Israéliens le font très bien eux-mêmes dans le cadre du débat intellectuel, politique et démocratique. C’est juste dommage que la juste critique de l’islam, le simple rappel de faits indéniables soient rendus suspects d’islamophobie, ne soit pas possible, et ce… au risque de banaliser l’Islamophobie.

Quant à la christianophobie, rebelote. Même rhétorique. Les Chrétiens en seraient eux-mêmes responsables par « les effets pervers de la théorie du choc des civilisations » et par « le prosélytisme virulent de certains groupes évangéliques ». Mais alors que fait-il des minorités chrétiennes historiques (Coptes, Arméniens…) ou autres (Yézidis, Zoroastriens, animistes, bahaïs,
bouddhistes…) et de ce qu’elles subissent dans le monde islamique depuis un siècle, pour ne parler que de la période récente ? Que faire de l’interdiction de culte subie par les migrants non-musulmans présents dans le Golfe persique, en Arabie ou ailleurs ? La responsabilité des Chrétiens, une petite musique rhétorique qui revient sans cesse tel un refrain.

Aussi, paragraphe 47, l’assassinat au Kenya d’une religieuse catholique vient « après la publication des caricatures danoises du prophète Mahomet ». Et l’assassinat d’un curé à Trébizonde en Turquie, elle vient après quoi, par exemple ?

De même, au paragraphe 48, après avoir rappelé de nouveau la problématique du « prosélytisme virulent de certains groupes évangéliques », il arrive à placer deux fois en dix lignes le terme de « résistance » pour contextualiser la christianophobie. Dites-moi, mon cher Monsieur, si on parle de « résistance » au « prosélytisme virulent de certains groupes » islamiques, c’est raciste, islamophobe ou bien malvenu ?

Alors certes au paragraphe 50, il avouera tout de même que « des manifestations de christianophobie sont également devenues fréquentes de la part de certains groupes dans des pays majoritairement musulmans comme l’Egypte, L’Iraq, l’Indonésie, le Nigeria ou le Pakistan et même le Soudan ». Un aveu tout en euphémismes, à base de « certains groupes » et de « manifestations » histoire d’occulter les persécutions ou les massacres de minorités chrétiennes (Soudan, Indonésie, Nigeria, Egypte…), leur réduction à l’esclavage ou à l’état de servitude (Mauritanie, Tchad, Soudan, Péninsule arabique, Liban…), la destruction des lieux de cultes ou l’interdiction ne serait-ce que de restaurer les églises existantes, sans même parler de construction de nouveaux lieux de culte (partout).

Pour conclure et après lecture des vingt pages de ce rapport, je suis au regret de décerner une très mauvaise note à ce rapport et à son rapporteur, me joignant ainsi aux représentants belges et néerlandais. Les seuls représentants parmi cet honorable conseil à avoir ouvertement critiquer ce rapport. Les autres ayant félicité chaleureusement ce petit rapporteur. Le représentant Français s’étant contenté, bien poliment, d’expliquer notre conception de la laïcité et le bien fondé du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, suspectés d’islamophobie par Monsieur Diène.

Sil Fernandes

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