Droit de mourir dans la dignité : lorsqu’un organisme public fait un choix partisan…

Publié le 16 mars 2009 - par
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Par une décision prise par 6 voix contre 5, les membres du conseil d’administration de la Maison des Associations de la Santé de Rennes, organisme financé par des fonds publics octroyés par la Municipalité, ont refusé la demande d’adhésion de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) à cet organisme.

Les raisons de ce refus sont à rechercher dans un exposé préalable au vote fait par un certain Dr. Morel. Pour faire pencher la balance en faveur de l’option de rejet, ce responsable des soins palliatifs de Rennes, simple personnalité invitée au C.A., fit un discours haineux dans lequel il mélangeait aide active à mourir dans la dignité, crimes nazis et eugénisme. Il tint des propos extrêmement violents et hors de raison, à l’encontre du travail accompli par les 47000 adhérents et les 120 délégués régionaux de l’ADMD, association qui fut en son temps présidée par Henri Caillavet, figure emblématique de la laïcité et de la défense des libertés républicaines.

Il faut savoir que l’ADMD dispose depuis 2006 d’un agrément du Ministère de la Santé afin de représenter les usagers dans les instances hospitalières ou de santé publique. C’est la seule association nationale qui diffuse de manière la plus large possible, un document détaillant les droits des malades et la mise en œuvre des directives de la loi Léonetti de 2005.

Ce scandale qui fit l’objet d’un article dans « Ouest-France » le 28 février dernier, pose la question de la neutralité et de la laïcité du service rendu au public. Il fut dénoncé par Jean-Luc Romero, Conseiller régional d’Ille-et-Vilaine et actuel président national de l’ADMD dans une lettre au Maire de Rennes, M. Daniel Delaveau.

On est en droit de se demander comment des administrateurs d’un organisme public ont pu, à ce point, perdre tout sens de leur devoir de neutralité et de réserve vis-à-vis d’un discours partisan, véritable véhicule d’une idéologie religieuse rétrograde.

Il est inacceptable que l’argent public soit utilisé pour développer une forme de prosélytisme, à l’opposé des valeurs de laïcité qui fonde notre République depuis plus de 100 ans.

Albert Grégoire

Président du Cercle Condorcet Var Est

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