Du jugement de Lille aux minarets européens

Publié le 17 juin 2008 - par
Share

On a vitupéré la décision du Tribunal de Grande Instance de Lille par laquelle un mariage entre musulmans a été annulé pour vice de virginité, et l’on a eu raison. Par contre, chaque fois que l’on a voulu trouver quelque avantage à ce jugement en ce qu’il aurait permis de réveiller les consciences, on a eu tort, car on a réagi à ce coup de tonnerre comme s’il avait retenti dans un ciel serein : tout allait pour le mieux dans un islam de France « laïque et républicain » lorsque, soudain, un précepte islamique vint rayer d’un trait de plume et les lois laïques et les lois républicaines !

Ah ça, non !

Nous avons donc dit « non » à « ça », et nous l’avons dit massivement, comme s’il n’y avait que « ça » d’inacceptable dans les revendications cultuelles et culturelles de l’islam.

D’ailleurs, peut-être n’y a-t-il que « ça » d’inacceptable, puisque nous ne disons rien contre les femmes voilées dans l’espace public – même lorsque certaines le sont intégralement ! – ; rien contre l’élue voilée de la commune française d’Echirolles, dans l’Isère ; rien contre les accompagnatrices scolaires voilées ; rien contre les mères voilées dans nos maternelles, nos collèges et nos lycées ; rien contre les cartables affichant des poupées Barbie voilées ; rien contre l’ahurissante condamnation de Fanny Truchelut à 4 mois de prison avec sursis, 1000€ d’amende et 7490€ de dommages et intérêts, pour avoir demandé à deux clientes de ne pas être voilées dans les parties communes de son gîte des Vosges ; rien donc contre cette contradiction par laquelle il est de bon ton de critiquer le voile en Afghanistan ou ailleurs, mais surtout pas en France ou en Europe ; rien contre la fameuse piscine lilloise à créneaux horaires pour femmes voilées ; rien contre les maris musulmans refusant que le personnel hospitalier masculin examine leur épouse ou leurs épouses ; rien en l’occurrence contre la polygamie française (!) ; rien contre les réfections d’hymen, qui se multiplient sans cesse ; rien contre les requêtes dérogatoires en matière de régime alimentaire dans les restaurants scolaires et administratifs, ou pour la prière sur le lieu de travail ; rien contre les salles de prière en milieu estudiantin, comme ce fut le cas dans la plus grande résidence universitaire de France, située à Antony (Hauts-de-Seine) ; rien contre ces mêmes salles de prière dans les collèges ; rien contre l’autorisation de non-mixité scolaire ; rien contre le lycée privé musulman Averroès, de Lille, qui vient d’obtenir le statut d’établissement sous contrat avec l’Etat ; rien contre l’imposition d’un enterrement musulman pour Amar Bergham, athée lillois ; rien contre ces organisations musulmanes qui se plaisent à lancer des fatwas de mort contre tel ou tel journal dont la parole est jugée trop libre ; rien contre la sentence islamique qui fait de Robert Redeker un condamné à mort en sursis, alors que je croyais la peine de mort abolie, sur notre sol, depuis le 9 octobre 1981 ; rien contre les pressions antisémites de Blanc-Mesnil, dans le 93, où la municipalité cautionne une manifestation pro-palestinienne intitulée « 60 ANS D’OCCUPATION », ce qui risque de chasser les juifs de Blanc- Mesnil vers d’autres communes, comme ont déjà été chassés ceux de Pierrefitte-sur-Seine, de La Courneuve, de Stains, d’Aulnay-sous-Bois, de Saint-Denis, etc. ; rien contre les violences antisémites des Buttes Chaumont dont furent victimes, ce mois-ci, une centaine de juifs qui festoyaient dans le parc ; rien contre les coups reçus par le journaliste algérien Mohamed Sifaoui, le vendredi 13 juin, cinq islamistes ayant choisi ce jour de prière musulmane pour insulter et frapper au visage leur compatriote d’origine qui se trouvait, sans protection policière, à la terrasse d’un café parisien ; rien contre les mosquées où retentissent des « prêches radicaux » et où des « comportements susceptibles d’attenter à la sécurité nationale » vont croissant, comme le révèle l’affaire de l’imam de Créteil, Ilyes Hacène, à qui le ministère de l’Intérieur reproche son « engagement salafiste » et ses diatribes « anti-occidentales » ; rien contre les « associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » ; rien contre les activités souterraines du GSPC algérien (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, rebaptisé Al-Qaïda au Maghreb Islamique) ; rien contre le cheik Omar Bakri lorsqu’il déclare : « Nous transformerons l’Occident en régime islamique par une invasion physique ou culturelle » ; rien contre… mais je m’arrête là, car l’information se lasserait plutôt de concevoir que l’islam de fournir !

Sachons, tout de même, qu’à Vigneux-sur-Seine, dans le 91, une association musulmane a prévu, pour le 29 juin, un tournoi de basket féminin dans un gymnase municipal dont l’entrée est strictement interdite aux hommes !

Sachons également que l’Union des Organisations Islamiques de France et 400 associations musulmanes européennes ont signé une charte dont les articles 17 et 18 demandent l’application aux musulmans de la loi musulmane par-delà les lois politiques nationales !

Sachons surtout que l’actuelle implantation de l’islam sur notre sol comme sur le sol européen est si forte qu’il ne nous est plus possible de penser l’islam sans penser à nous. En ce domaine, l’évidence est si évidente que personne n’ose la formuler. La voici cependant : ou l’islam prend le pas sur l’Europe, et il n’y a plus d’Europe ; ou l’Europe prend le pas sur l’islam, et il n’y a plus d’islam en Europe, c’est-à-dire de communautarisme islamique en Europe.

Mais je ne pense pas – hélas ! – que mettre un terme au communautarisme suffise : quand nous arrivons pour la première fois en pays musulman, les minarets nous disent d’entrée de jeu que nous sommes en pays musulman ; quand les mosquées seront plus nombreuses que nos églises – et elles le seront ! – que dirons-nous de la France ?

Ainsi donc, pour celles et ceux qui comprennent la situation actuelle de la France dans ses rapports avec l’islam, l’affaire de Lille n’est que la partie émergée de l’iceberg islamiste dérivant sur notre mère patrie !

Qu’on le veuille ou non, nous ressemblons au Titanic, dont on affirmait, avant la traversée fatale d’avril 1912, que « Dieu lui-même ne pourrait pas le couler », et qui, en conséquence, n’a cessé de multiplier les bévues jusqu’à foncer à pleine vitesse dans les eaux noires de l’Atlantique Nord, sans la moindre paire de jumelles pour se prémunir contre les dangers objectifs de la glace !

Et nous ressemblons d’autant plus tristement à ce prestigieux navire que, pour prestigieuse qu’elle soit, la France n’est pas insubmersible, qu’un Dieu lui-même peut la couler, et ce d’autant plus que les vigies actuellement aux commandes semblent à leur tour dépourvues des jumelles salvatrices.

Maurice Vidal

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.