Durban 2 n’est pas un match nul, c’est une défaite des droits de l’Homme face au fascisme islamique

Publié le 1 mai 2009 - par
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Caroline Fourest nous disait en mars dernier qu’il ne fallait pas « déserter » Durban II pour donner sa chance au multilatéralisme, espérant des compromis vis-à-vis d’un cadre qu’avait posé Durban I, extrêmement inquiétant pourtant, comme elle en rappelait elle-même les termes : « Le texte insiste sur la traite transatlantique, dans l’espoir d’obtenir des réparations financières, au risque d’esquiver la responsabilité de certains négriers noirs ou arabes. Il parle d’”islamophobie”, au risque de confondre la lutte contre le racisme avec une lutte contre le blasphème. Sans dire un mot des minorités religieuses opprimées dans les pays musulmans au nom de la charia. Israël est le seul pays cité. Comme si la mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de crimes de guerre liés à un conflit territorial. Il ne dit rien des chasses aux homosexuels au Sénégal, ni de leur pendaison en Iran. La plupart des ajouts proposés par le Mouvement des non-alignés, l’Union africaine et le groupe des pays musulmans visent à aggraver ce texte. Ils insistent notamment pour élargir la lutte contre le racisme à la “diffamation des religions”. Ce qui reviendrait à mettre les droits de l’homme au service de la protection des religions, au détriment de la liberté d’expression. » Une situation qu’elle disait inacceptable, ce sur quoi nous ne pouvons que la rejoindre mais pour conclure différemment d’elle, qu’aucun compromis n’était possible avec les valeurs et les idées exposées-là !

Ce n’est pas un match nul, c’est une grave défaite pour les droits de l’homme !

« Durban II n’est ni un succès ni un échec, mais un match nul » nous dit-elle, ce qui justifierait a posteriori de penser qu’il était juste et nécessaire de ne pas pratiquer ce qu’elle appelle « la politique de la chaise vide ». Boycotter selon elle « revenait à déserter ». « Participer a permis d’obtenir un meilleur texte qu’à “Durban I” » surenchérit-elle. Affirmant un peu vite qu’il n’y a pas de référence à la “diffamation des religions”, sans focalisation sur Israël et qu’on aurait écarté les rêves de ceux qui entendent « transformer la lutte contre le racisme en lutte contre le blasphème ». Mais c’est faux ! Vu de Paris, elle regrette que cet accord puisse « paraître décevant » allant même jusqu’à dire que « vu de Genève, où l’on sait combien le rapport de force est défavorable aux pays démocratiques, on serait tenté de crier victoire. » En fait, ce texte est une véritable catastrophe pour les droits de l’Homme et la défense des libertés.

Dans le paragraphe 12, elle nous dit qu’il faudra rester vigilant, modérant ce qu’il décline, une énumération des discriminations qui pose pourtant plus d’un problème puisque qu’elle met sur le même plan : ”islamophobie, antisémitisme, anti-arabisme” qui précisément entérine par là que le racisme envers les musulmans ou les Arabes relève d’un racisme antireligieux et donc revient à assimiler cette définition du racisme avec la diffamation des religions.… On connait l’usage qui est fait de la notion d’islamophobie qui revient à interdire la critique de l’islam, sans compter avec la notion d’anti-arabisme qui renforce combien encore les choses selon la même logique.

Enfin, c’est aussi directement détourner le concept d’antisémitisme de son sens que d’y assimiler celui d’islamophobie, car les sémites sont un peuple et l’islam une religion, instrumentalisant par là le combat contre le racisme à des fin de propagande religieuse. Ce retournement de sens est une autre façon de piéger le débat autour du conflit israélo-palestinien qui permet au Hamas de se présenter en victime d’un racisme venu d’Israël, déportant un débat au fond qui est celui de la prise du pouvoir politique par une religion à des fins d’interdiction des libertés des Palestiniens eux-mêmes au nom de la grande cause, sur le terrain des discriminations. Sans compter avec l’impossibilité de faire entrer dans le texte la reconnaissance de la non-discrimination de l’homosexualité, pour ne pas dire la non-criminalisation, qui est un autre point noir de Durban II. Un bilan honteux !

Il ne fallait pas y aller pour aider les Palestiniens et les musulmans du monde à s’émanciper de la domination fascisante d’un islam politico-religieux !

Ce texte est ainsi tout simplement une porte ouverte à la limitation de la liberté d’expression, à son oppression dans les pays qui s’en serviront, les dictatures religieuses liberticides et criminelles d’inspiration islamique, pour combattre sur leur territoire sans en être inquiétées toutes forces progressistes, toutes oppositions. De plus ainsi, c’est les mettre en position de défendre cette logique inique sur la scène internationale en toute tranquillité. Comment peut-on ensuite saluer ce texte « comme la meilleure réponse possible au discours du président iranien. », ce pourvoyeur du fascisme-politico-religieux qui peut au contraire continuer de se produire sans conteste dans les réunions internationales pour tenir le même discours, qui n’a rien à envier à ceux d’un national-socialisme heureusement défunt, puisque aucune sanction n’a été avancée contre ce qu’il représente et ce qu’il clame!

La désignation d’Israël comme l’ennemi à abattre est un bouc-émissaire mis au service d’une cause qui est celle de la justification du crime contre les libertés érigée en statut du pouvoir des Etats opprimant, au nom de l’islam, leurs peuples. Le vrai combat pour la paix passe par un règlement pacifique entre Israël et l’autorité palestinienne, sur des bases laïques et non religieuses, ou ce conflit ne trouvera jamais de l’un et de l’autre côté à se résoudre. Car les Palestiniens doivent pouvoir accéder à un Etat libre, indépendant et démocratique. C’est un enjeu essentiel pour la paix du monde et une cause juste qu’il faut défendre, mais contre le pouvoir des religions sur la politique. Il ne fallait pas non plus aller à Durban II pour bien défendre ce combat là !

L’islam est une religion imposant une domination fascisante du religieux sur le politique dans sa conception même, qui est loin d’avoir fait son aggiornamento de ce point de vue et refuse actuellement toute laïcisation à travers le rejet des droits de l’Homme et de l’égalité homme-femme dont l’extension du voile est le marqueur. Si l’on veut faire barrage au fascisme politico-religieux de l’islam de combat – dont la tendance est dominante dans les pays musulmans aujourd’hui et de très mauvaise influence pour les musulmans du monde vivant dans les pays démocratiques – il faut en décliner clairement le rejet et le désigner comme un ennemi qui est à la hauteur historique du danger qu’à constitué le nazisme, de ce serpent de Brecht dont il nous disait de veiller car il ne dort toujours que d’un œil, d’une mue à l’autre.

L’initiative donnée aux pays les plus liberticides au monde au nom de l’islam !

Mépriser cette négociation de Durban II n’aurait pas permis selon elle « d’expliquer au monde la position de l’Union européenne ». Mais l’Union Européenne n’est-elle pas, en Europe déjà dans l’encouragement de la place des religions comme interlocuteur des Etats et d’elle-même, pour toutes les grandes décisions politiques, encourageant le communautarisme, avec une place toute particulière faite à l’islam dans ce jeu où l’égalité de traitement des religions a pris le pas sur la laïcité. Caroline Fourest parle de la préservation de l’universalisme dans la perspective de renégocier un jour cette plate-forme… Mais c’est de l’inconscience ou de l’aveuglement !

A tous points de vue, ceux qui sont allés à Genève, ont contribué, par leur présence, à maintenir Durban II sur les rangs d’une réunion internationale sur les droits de l’Homme respectable, alors qu’il fallait laisser entre elles les dictatures pour mieux les montrer du doigt telles qu’elles sont et les isoler. C’était la seule façon de faire repartir sur des bases saines la lutte contre le racisme et pour les droits de l’homme à l’ONU. Ici on n’a fait que justifier de continuer dans le même processus catastrophique avec les mêmes.

C’est le fameux thème de l’unité dans la diversité qui a gagné, qui est présenté comme une richesse et n’est qu’un leurre qui justifie le maintien d’une situation où à l’ONU dominent les pays antidémocratiques qui accusent ceux qui sont démocratiques d’être un danger pour leur indépendance et leur culture, rejetant en fait derrière cet argument que soient appliqués partout les mêmes droits et libertés individuelles. Une situation qui a bien servi avec Durban II à ne poser à aucun moment la vraie question : la mise en cause des dictatures religieuses, des pouvoirs absolus et liberticides qui se dissimulent derrière ce concept de diversité, de gens qui eux mènent chaque jour leur guerre de civilisations en gagnant contre les démocraties des positions…

C’est sur ce combat là que nous sommes en retard, dont nous ne prenons pas la hauteur, non pour mener une guerre de civilisations sur une base religieuse, mais en posant clairement les dangers de cette volonté guerrière de certains pays animés par l’islam pur et dur, jusque certaines factions très actives dans notre pays, interlocuteurs privilégiés de notre Etat républicain. Sans ce combat pour une prise de conscience collective de ces dangers, nous livrons les peuples démocratiques à subir des reculs de libertés au nom des mêmes principes religieux d’un Ahmadinejad, portés par un communautarisme complice qui comme en France poursuit à l’abri de la bienpensance de bien des élites y compris laïque, son chemin.

Durban II, c’était historiquement là pour les laïques qu’il ne fallait pas en être !

Nous avions mille fois raison lorsque nous expliquions qu’il ne fallait par aller à Durban II, pour donner à ceux qui ont transformé la lutte contre le racisme en mascarade une occasion de se servir d’une tribune pour cracher sur les droits de l’homme avec le crédit de la présence de la France.

Car sur le fond, on voit bien que l’enjeu n’est plus la recherche de compromis avec des pays qui pratiques la charia et la dictature, qui demandent que l’on criminalise ce qu’il appelle « la diffamation des religions ,» entendent ainsi faire interdire le droit à la libre expression et à la critique, rejettent les droits de l’Homme derrière l’argument selon lequel il serait une forme poste-coloniale de la domination de l’Occident, pour mieux continuer chez eux à opprimer les libertés et anéantir ceux qui s’opposent à leurs régimes ignobles. Il n’y a pas de compromis avec ces gens là ! Il faut les combattre ouvertement en les mettant au ban des nations, pour clarifier un combat dont le jeu est brouillé en raison précisément de la présence de certains, qui comme Caroline Fourest son venus donner un crédit inespéré à des tyrans.

Le compromis du texte cadre qui y a été adopté, de façon extrêmement dangereuse, contribue à jeter un voile sur le danger mortel, physique que courent tous les démocrates qui dans ces pays espèrent que les pays démocratiques les aideront par une attitude de dénonciation sans concession, à se libérer des dictatures religieuses qui au nom de l’islam, du respect des croyances, les oppriment, les tuent.

Guylain Chevrier

Historien

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