Durban II, ou le grand « accommodement raisonnable » avec la charia

Publié le 24 avril 2009 - par
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Dans leur reportage diffusé par Arte, Caroline Fourest et Fiammetta Venner démontent parfaitement la dangereuse farce que constitue la si mal nommée « commission des Droits de l’Homme » de l’ONU. J’invite donc avec insistance nos lecteurs qui n’ont pas encore vu cette émission à la découvrir sur le site de la chaîne (1).

Ce reportage est tout à fait pédagogique et, pour une fois, les deux militantes de Prochoix évitent l’« islamiquement correct ». Certes, elles ne ciblent pas l’islam, mais elles accusent… tous les pays musulmans et la charia islamique. Certes, on peut toujours trouver quelques partis pris dans le commentaire, mais qui n’enlèvent rien à la démonstration de fond : les pays musulmans les plus rétrogrades, les plus répressifs par rapport aux « droits de l’Homme », et qui appliquent tous les « racismes » inhérents à l’islam (contre les femmes, les homosexuels, les non-musulmans, etc.) ont pris le pouvoir de cette « commission des Droits de l’Homme » à l’ONU.

L’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) mène cette bataille. C’est d’autant plus curieux que l’OCI a son siège en Arabie Saoudite, berceau de l’islam, et que l’Arabie Saoudite n’a pas signé la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Et pour cause : cette déclaration contredit la charia. Mais ce que montre également le reportage d’Arte, c’est que tous les pays musulmans, et même ceux qui sont réputés modérés (Algérie, Turquie, Indonésie, etc.) se rangent systématiquement derrière les positions intégristes de l’OCI. La « oumma » fonctionne à merveille.

Autre paradoxe : les positions islamistes de l’OCI sont appuyés par… les derniers pays communistes, comme Cuba et la Chine, pour qui l’islam ne semble plus relever de l’« opium du peuple ». Evidemment, ces pays se foutent de Mahomet comme de l’Alcoran, et leurs motivations sont géostratégiques et économiques. Les islamistes bénéficient également du soutien d’autres pays qui se prétendent « non alignés », si bien qu’ils disposent désormais d’une majorité dans la « commission des Droits de l’Homme » de l’ONU.

En face de cette coalition « islamo-communiste », qui rappelle l’alliance contre-nature islamogauchiste, il y a… l’Occident, dont certains pays ont décidé de boycotter Durban II. Ceux qui ne l’ont pas fait ont expliqué qu’il ne fallait pas baisser les bras face à l’adversaire, ce qui prouvent qu’ils s’opposent bien à un adversaire. Ils ont quasiment tous quitté la salle lors du discours antisémite du président iranien.

Donc toute l’histoire de la « commission des Droits de l’Homme » rappelée par le reportage de Caroline et Fiammetta, ainsi que les péripéties de Durban II illustrent parfaitement ce que pourtant la présidente de Prochoix tente paradoxalement de nier : le choc des civilisations entre Occident et islam.

La déclaration finale de Durban II est largement en retrait de la déclaration universelle de 1948, pourtant votée au même endroit. C’est normal : en 1948, c’est l’Occident blessé par la seconde guerre mondiale qui renouait avec ses idéaux humanistes et universalistes. Et ces idéaux sont parfaitement contradictoires avec la charia.

Bernard Kouchner nous prend donc pour des imbéciles en prétendant, avec toutefois beaucoup de gêne dans le ton, que la déclaration de Durban II est un « progrès ». Sur Arte, l’ambassadeur de France à l’ONU a dit que ce texte est une « négociation » avec les pays musulmans, pour ne pas dire un troc. Or quand on marchande les droits de l’Homme avec des musulmans partisans de la charia, on ne fait qu’un énorme « accommodement raisonnable » avec celle-ci. Cela ne peut être qu’un marché de dupes, puisque la charia est opposée aux droits de l’Homme.

Ainsi, comme l’a tout de même reconnu Bernard Kouchner, l’Occident a abandonné toute condamnation de la répression contre les homosexuels, en « échange » de l’abandon par les islamistes de la notion de « diffamation des religions ». Mais quand on relit la déclaration finale, on s’aperçoit que l’atteinte à la liberté d’expression est tout simplement reformulée, en particulier dans l’article 12 : « Déplorant la montée générale de la violence et de l’intolérance raciale et religieuse, y compris l’islamophobie, l’antisémitisme, la christianophobie et l’antiarabisme qui se manifeste en particulier par les stéréotypes péjoratifs et la stigmatisation des personnes en raison de leur religion ou de leur croyance, et à cet égard demande à tout les états membres des Nations Unies d’appliquer le paragraphe 150 de la DPAD. »

La « diffamation » est donc rebaptisée « stéréotypes péjoratifs » et le tour est joué.

Cette déclaration fait également totalement l’impasse sur les origines idéologiques du racisme quand elles sont d’inspiration religieuse. On condamne l’esclavage, la xénophobie, et tutti quanti, mais surtout pas la charia. Et même pour le sexisme : les atteintes aux droits des femmes ne relèveraient, selon le texte, que de considérations « raciales », en particulier dans l’emploi ou les migrations. Ainsi donc, on pourra continuer à lapider les femmes infidèles en terre d’islam, à condition qu’on ne lapide pas que les noires ou les étrangères. C’est exactement le même raisonnement que celui de Tariq Ramadan avec son « moratoire » sur la lapidation : il ne contestait pas la légitimité islamique de celle-ci, mais son application sectaire, puisqu’elle ne visait, selon lui, que les plus pauvres. Il faut donc lapider sans « racisme » de classe ou de race, sans aucune discrimination entre les lapidées.

Nous pourrions multiplier les exemples de la tartufferie de ce texte final de Durban II. Evidemment, c’était tout à fait prévisible, puisqu’il y a une opposition frontale entre les valeurs humanistes occidentales et celles de l’islam. Toute « négociation » ne pouvait donc aboutir qu’à des renoncements unilatéraux. C’est exactement ce qui se passe en France, au Québec ou ailleurs, chaque fois qu’on cède à des « accommodements raisonnables » avec les prosélytes de l’islam politique et conquérant : on cède des petits bouts de territoire à la charia, tandis que les musulmans, quant à eux, ne renoncent à rien sur le fond. Et quand bien même ils semblent se conformer à telle ou telle de nos valeurs, ce n’est que partie remise : la bataille du voile, qui repart de plus belle en France, en est la parfaite illustration.

Durban II traduit donc d’une part un « choc des civilisations » que l’on peut de moins ne moins nier, et d’autre part un recul de l’Occident sur ses valeurs humanistes et universelles face à l’offensive islamique. La déclaration finale n’est qu’un fatras de « novlangue », qui servira bien plus la charia et les accusations d’« islamophobie » que les droits de l’Homme.

Un lecteur de Riposte Laïque nous disait : « Au vu des vingt dernières années, les vingt prochaines s’annoncent extrêmement sombres : soit nous allons jusqu’au bout de notre abjecte capitulation et nous finirons par nous prosterner tous le cul en l’air pour prier cinq fois par jour, soit nous nous révoltons contre ce suicide collectif imposé mais alors nous n’échapperons pas à la guerre civile ; car entre notre civilisation du XXIe siècle et leur barbarie d’il y a 1400 ans, il ne peut y avoir de compromis, seulement l’éradication de l’une par l’autre ; je ne vois pas d’autre alternative. »

On pouvait sincèrement croire que Durban II allait montrer une « autre alternative ». Je n’y ai pas cru, mais je ne condamne pas ceux qui ont eu cette illusion. Vont-ils continuer à jouer les autruches alors que, comme l’explique fort bien rappelle Alain Laurent dans une interview (3), « le choc civilisationnel entre Islam et Occident est une réalité qu’il serait vain de nier » ? Vont-ils nier encore et encore que ce choc nous est sans cesse rappelé par l’actualité, autant dans les banlieues de Paris et Bruxelles qu’à Casablanca ou à Ryad ? Vont-ils encore, ces Tarek Oubrou, ces Nicolas Sarkozy, ces Caroline Fourest et autres Bernard-Henri Lévy, nous faire gober la farce d’un islam « RATP » (religion d’amour, tolérance et paix) ? Vont-ils encore user et abuser du mot « islamophobie » (rebaptisé « racisme anti-musulman » à Prochoix et SOS Racisme, et « stéréotypes péjoratifs » ou « stigmatisation » à Durban II) pour faire passer pour « racistes » les esprits libres que nous sommes ?

Sans doute que la plupart d’entre eux continueront à faire « comme si », en déguisant des capitulations en « accommodements raisonnables » ou en tolérances « progressistes », malgré la prise de conscience de plus en plus grande dans les peuples d’Europe et d’Occident. Ils continueront à casser les thermomètres, ou à les diaboliser. Mais plus pour très longtemps.

Roger Heurtebise

(1) Emission Arte

(2) http://www.ripostelaique.com/Merci-a-tous-d-avoir-ecrit-un.html

(3) http://reichmantv.com/media/69p1.wmv http://reichmantv.com/media/69p2.wmv

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