Durban2 : les « lignes rouges » sont dépassées depuis longtemps… et la France négocie toujours !

Publié le 23 mars 2009 - par
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Sous prétexte d’éviter les déchaînements de haine contre les Juifs, auxquelles avait donné lieu le forum des ONG de Durban I, ce qui permettra alors de parler de « pogroms », Durban2 n’aura pas son forum des ONG.
En contrepartie : le bloc des « non engagés » et les représentants des pays de la conférence des états islamiques, exigent et ont obtenu de limiter à Israël toute dénonciation de situations dites de « racisme ». Aucune autre action gouvernementale ne sera examinée et dénoncée si elle le mérite.

On laissera donc sans appui international officiel :

– Les pygmées, tirés comme un gibier, partout ou ils vivent,

– Les africains migrants, maltraités, c’est le moins que l’on puisse dire, en Libye et dans les autres pays d’Afrique du nord lorsqu’ils doivent les traverser pour tenter de gagner l’Europe par leurs propres moyens

– Les papous du Timor, colonisés par l’Indonésie, islamisés de force en plein 21ème siècle, massacrés sans autre forme de procès quand ils refusent cette colonisation religieuse et économique, nouvelle version de l’alliance du sabre et du goupillon

– Les Roms, brutalisés et discriminés, les Dalit de l’Inde, les Tibétains opprimés par la dictature du stalinisme chinois…

Tous ceux qui verrouillent Durban2, pour qu’on n’y vienne pas en aide, au moins en parole, à ces opprimés, susurrent à leurs ONG : « vous savez, tout ça c’est la faute des Juifs. C’est pour leur faire plaisir qu’on ne tient pas de Forum des ONG en 2009. C’est de leur faute, aux Juifs, si on ne vous viendra pas en aide en vous permettant de parler de vos problèmes devant une instance des nations unies… »

Caroline Fourest parlait, dans son article du « Monde », de lignes rouges qui ne doivent pas être franchies, et même d’une seule, sans quoi il sera légitime en effet de refuser de cautionner la farce sinistre.

Elle écrivait, je la cite : « si l’une des lignes rouge est franchie, elle aura bien raison de briser (l’union européenne) le consensus et de ne pas le cautionner ».

Le refus d’aider les Darfouri, nier l’oppression et l’extermination des Pygmées des forêts africaines et des Papous du Timor, se voiler les yeux devant le drame des milliers de migrants Africains, envoyer paître les Roms, ce n’est pas déjà plusieurs lignes rouges franchies, cela ?

La dénonciation exclusive d’Israël, assimilé à l’apartheid, avec dix paragraphes pour dresser son acte d’accusation, au lieu de cinq au départ, ce n’est pas une ligne rouge non plus?

Transformer en vérité officielle internationale la propagande des fascistes du Hamas, fascistes particulièrement féroces, qui oppriment et terrorisent la population de Gaza, qui transforment les enfants de Gaza en fanatiques futurs bombe humaine pour mener le djihad ; fermer ses yeux et boucher ses oreilles sur les témoignages de Palestiniens eux-mêmes, témoignages accablants, ceux de leurs médecins en particulier (1) ; continuer de parler de « crime de guerre » d’Israël, certes pas racistes, mais crimes de guerre tout de même. Ce n’est pas une autre ligne rouge franchie?

L’objectif de l’islamisme (le gouvernement dictatorial iranien, le Hezbollah qui se fait inviter en Angleterre tandis que le député Winders y a été interdit malgré l’invitation de la chambre des Lords, le Hamas, le gouvernement du djihad mené depuis presque 35 ans au Soudan, et leurs succursales) est de gagner à Durban2 ce qu’il espère être une sorte de bataille d’Austerlitz diplomatique du djihad international, en délégitimant Israël.

Comme on déteste les Juifs vivants mais que l’on peut bien consentir à les aimer morts, et, qu’au passage, on peut même déclarer ces derniers « mushlim » (2), et dire que c’étaient « des justes soumis à Dieu », Durban2, en échange, en contrepartie de l’acceptation du lynchage d’Israël et des Juifs vivants, donnera un coup de chapeau à la shoah ; il dénoncera l’antisémitisme (3). Résultat : on double le nombre de paragraphes de la résolution, consacrés à la dénonciation des crimes d’Israël, l’unique cause de problèmes sur la planète, comme l’explique le Parti antisioniste qui se met en place en France parmi la population musulmane.

Le scénario est ficelé. La France négocie…

Caroline Fourest indique sa ligne rouge, c’est l’adoption du délit de blasphème.

Alors là, si le document préparatoire n’y renonce pas, là oui, la ligne rouge sera franchie nous écrit-elle. Il faudra refuser de cautionner Durban2, il faudra faire comme les USA, le Canada et Israël.

Imposer à toute force que la critique des religions soit interdite, en tant que nouveau racisme : c’est un terrible défenseur de la Laïcité, Caroline Fourest. Si le document n’est pas modifié sur ce point, alors là, elle appellera au boycott de Durban2, c’est sur, elle nous l’écrit.

La France, enfin ses diplomates négocient. Ce sont nos modernes Charles Martel. Ils vont stopper l’offensive djihadiste. Pas besoin de quitter et dénoncer Durban2, comme étant une négociation façon « bourgeois de Calais ».

Regardons ce que nos Charles Martel du quai d’Orsay nous négocient et obtiennent : Israël n’est plus stigmatisé, comme pays d’apartheid, mais il est dénoncé en dix paragraphes au lieu de cinq, à cause de Gaza et des prétendus crimes de guerre de la riposte aux incessantes attaques de Hamas et les autres groupes djihadistes.

La France négocie. Et attention, on ne fera pas avaler des couleuvres à sa diplomatie sarkosienne, on n’est plus sous Védrine, ni sous de Villepin, non de non !

La France négocie. Ses Charles Martel diplomates ne céderont pas sur la laïcité, c’est sur !

La conférence des états islamiques demande : mettre partout en œuvre des législations poursuivant le délit de blasphème, comme étant la force moderne, la plus vicieuse et la plus inacceptable du racisme.

La France négocie. Elle refuse le terme. Qu’à cela ne tienne : on dira que la haine des religions est prohibée ! C’est quoi, au fait la haine des religions ?

L’enseignement du darwinisme, celui de la tectonique des plaques, l’expansion de l’univers, l’anthropologie qui montre que dans le sud du continent indien, jusqu’au milieu du 19e siècle, des clans tribaux conservaient l’institution de la polyandrie (une femme épousant un groupe d’homme), est-ce que ce ne seraient pas des exemples de la haine des religions, contredisant certains de leurs dogmes ?

La France négocie. Nous défendons la liberté de conscience, déclare Rama Yade. Mais la liberté de conscience sans la liberté d’expression, ce n’est plus la liberté de conscience. C’est un droit que l’on ne peut pas utiliser, c’est un couteau sans lame. Alors, quand est-ce que l’on va nous dire que la « ligne rouge est déjà franchie » ?

Est-ce que la fameuse ligne rouge de Caroline Fourest n’a pas déjà été plusieurs fois franchie ?

Pour notre nouvelle collaboratrice, de l’honorable quotidien parisien du soir, non ce ne sont pas encore de graves lignes rouges franchies :

– le refus de condamner la traite négrière orientale qui se poursuivait presque au milieu du 20ème siècle

– l’esclavage contemporain, dont souffrent quotidiennement des négro africains en Mauritanie, que la loi de 1981 condamne à se racheter jusqu’à la fin de leurs jours

– l’esclavage de fait contemporain, qui bafoue tous les droits de milliers de « salariés » asiatiques, gens de maison venus en Arabie saoudite, auxquels on a pris leur passeport, qui dorment dans des vestibules et doivent subir vexations, brimades, violences et surexploitation sans recours.

Prohibées, des offenses ces questions !!

Ce ne sont pas de lignes rouges, ces diktats de la conférence des états islamiques, qui ensevelissent des populations entières et se positionnent pour que cela continue pour toujours ?

Caroline Fourest n’a-t-elle pas commencé dans la carrière, en défendant avec intransigeance les revendications légitimes des femmes et en se faisant porte-parole des minorités sexuelles discriminées ? Parler des homosexuels, pendus publiquement en Iran, torturés et humiliés en Egypte ? Prohibé !! Ce n’est pas une autre ligne rouge, ça ?

Alors rester ou sortir de la préparation de Durban2 ?
Rester en faisant semblant, ou dénoncer la mascarade sinistre orchestrée contre la Démocratie et contre les droits humains déjà conquis sur une partie de la planète ?

Jusqu’à ce jour, pour madame Fourest, comme pour le PCF, pour les nouveaux « libertaires », pour le NPA et le POI, la réponse reste non. Faisons comme si rien de grave ne se passait. Faisons même comme s’il ne se passait rien.

Alain RUBIN

(1) Les crimes de guerre israéliens à Gaza : Des médecins des services hospitaliers de Gaza ont dénoncé les chiffres donnés par le Hamas du nombre des victimes du conflit avec Israël, indiquant qu’il fallait diviser ce chiffre par deux (soit 6 à 700) ; indiquant que le nombre réel de victimes, deux tiers étaient des jeunes gens que Hamas a envoyé combattre en installant leur position de tir dans les écoles, les immeubles habités et les abris, pour fabriquer des victimes civiles afin d’alourdir la liste des crimes d’Israël. En d’autres termes, la riposte israélienne à huit ans de tirs quotidiens sur Sderot et d’autres localités du sud du pays, c’est un ou plusieurs crimes de guerre (pour parler comme Caroline Fourest) qui ont fait au maximum trois cents victimes ; sachant que Tsahal a constamment cherché à prévenir les populations de ses opérations, heures et lieux, de façon qu’elles évacuent les endroits transformés en arsenaux et bases de lancements de missiles. Crimes de guerre ? Le scandale déclenché ces derniers jours en Israël, sur lequel la presse internationale s’est jetée à corps perdu, faisant suite aux déclarations rendues publique par Tsahal elle-même, de soldats israéliens, ce scandale prouve précisément une chose : Israël n’est pas un gang. Israël est tout sauf un « état criminel ». Il est capable de se mettre en cause et rendre public ce que l’on peut considérer comme des manquements à ses critères. J’attends la même chose de l’état soudanais, héritier de la puissance coloniale britannique et mobilisant les foules fanatisées dans les rues de Khartoum pour défier le tribunal pénal international.

(2) Transformer les Juifs morts en musulmans. Depuis MHMD, la technique est bien rodée. Tous les Juifs sur lequel on ne crache pas, on les annexe. Ils ne sont plus Juifs, ils sont de vrais croyants, ils deviennent des musulmans.

(3) Dénoncer l’antisémitisme ? Cela ne coûtera pas beaucoup d’efforts à ceux qui feront cette concession à la diplomatie française. En effet, le délit d’antisémitisme se rapportera à tous les sémites, en majorité arabes et, par extension, à toutes les populations islamisées et arabisées. Il ne concernera pas les Juifs, ou que marginalement.
Le refus de l’enfermement des femmes sous les bourqua, les niquab et autres hijab deviendrait des délits « antisémites »…

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