Ecole coranique de Chelles : le député UMP réclame un référendum !

Publié le 18 mai 2009 - par - 1 921 vues
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Le 30 mars 2009, l’UFAL 77 avait écrit à M. Jean-Paul PLANCHOU, maire PS de Chelles(77), pour lui faire part de son inquiétude au sujet du projet de l’implantation d’une école coranique dans sa ville 1.

Le 3 avril 2009, M. Jean Paul Planchou nous répondit solennellement pour tenter de désamorcer la bombe qu’il avait lui-même allumée.

Dans sa lettre il se targuait d’être un ardent défenseur de la laïcité, mais en même temps reconnaissait d’une part avoir été contacté lors de sa campagne électorale par l’association demandeuse (Association Culturelle Islamique Abou Backr Essadik) et d’autre part ne pas avoir de terrain suffisamment grand pour ce projet de 12 000 m2 …sinon ? Pour mémoire Abou Bakr Essadik est un calife djihadiste2.

Toujours dans sa réponse, en homme prévenant, il a informé la dite association de la marche à suivre pour faire agréer cette école par l’Education Nationale.

Dans cette lettre, il espérait avoir en partie « calmé nos craintes »3.
Mais nos craintes furent loin d’être calmées ; bien au contraire, des renseignements glanés sur internet ne firent que les renforcer.

Sur un site, nous avons trouvé les véritables motivations de cette association : remettre en cause la mixité de l’école, autoriser le port du voile dans l’établissement contrairement à la loi de 20044.

Donc malgré le couplet lénifiant sur la laïcité de M. Jean Paul Planchou , la vigilance restait de rigueur.

Chaque mercredi parait La Marne, hebdomadaire d’informations régionales.

Dans son édition du 13 avril 2009, nous avons pu lire dans ce journal une page entière concernant la ville de Chelles.

Premier article, la loge maçonnique de Chelles (80 ans d’existence) organisait une exposition sur la laïcité à la mairie. A cette occasion Jean-Pierre Weisselberg, conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France, rappelait devant M. Jean Paul Planchou : « Ses principes (la laïcité) ont été définis avec une précision qui ne laisse pas de place à l’ambigüité dans les premiers articles de la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.. »

Après avoir cité précisément ces deux articles :

Art1. – La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Art. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Il conclut par « tout est dit je crois ».

Devant cet homme fort respectable, M. Jean-Paul Planchou ne pouvait que confirmer : « La laïcité est un principe auquel je tiens profondément. Je le dis avec d’autant plus de conviction que l’on m’accuse de je ne sais quelle turpitude ».

Turpitude voilà donc le nom que donne Monsieur le Maire, au projet d’école coranique.

Sur la même page du journal, se trouve un deuxième article où l’on expose les prises de positions du député UMP de la circonscription dont dépend Chelles, Yves Albarello qui se déclare assailli d’interventions des habitants de sa circonscription au sujet de l’école coranique.

Il a fait un communiqué en date du 8 mai 2009 sur le sujet.

« A propos du projet d’école musulmane à Chelles.

Communiqué du Député Yves ALBARELLO (7ème Circonscription de Seine-et-Marne)

Depuis quelque temps, je suis assailli d’interventions au sujet de la création envisagée d’une école privée musulmane à Chelles. Bien qu’il s’agisse d’un sujet municipal, je ne veux pas me dérober à l’égard des habitants de ma circonscription. Voici donc mon point de vue.

1. Conformément à la Constitution et aux lois en vigueur, la France est une République laïque. A ce titre, elle ne fait aucune discrimination entre les religions et les cultes pratiqués dans notre pays : les fidèles bénéficient des mêmes droits et doivent observer les mêmes devoirs. C’est pourquoi, les autorités légales doivent d’interdire de favoriser ou de défavoriser un culte, quel qu’il soit.

2. L’Islam est une religion acceptée en France depuis 200 ans. La première mosquée a été construite à Paris il y a 150 ans sur décision du Gouvernement de l’époque. Le cimetière militaire de Meaux accueille de nombreuses tombes de volontaires musulmans morts pour la France en 14-18 lors des deux batailles de la Marne.

3. A côté de l’enseignement public assuré par l’Etat, l’enseignement privé, confessionnel ou non, est autorisé légalement. Des restrictions légales limitent les subventions des collectivités locales à cet enseignement.

4. Aucun texte n’interdit à une collectivité publique de vendre un terrain en vue de l’accueil d’une école privée confessionnelle. Mais il vaut mieux l’éviter, comme pour tout bâtiment religieux, afin de respecter l’esprit du principe de laïcité.

5. Chargés de la tranquillité publique dans leurs communes, les maires doivent éviter certaines initiatives menaçant gravement la paix sociale.

Dans ces conditions, je pense qu’avant toute décision la mairie devrait interroger les Chelloises et les Chellois par un référendum d’initiative locale sur l’opportunité d’une telle vente et tenir compte ensuite de leur vote.

Si vous êtes d’accord avec ma proposition de référendum local, faites-le moi savoir. »

Son intervention met en avant, une fois encore l’esprit du principe de laïcité dont s’honore notre pays.

C’est incroyable qu’un homme politique de droite doive rappeler ce concept constitutionnel à un homme de gauche.

Pour lui, menacer la paix sociale est un fait grave et suggère à M. Jean-Paul Planchou de consulter la population chelloise sur ce projet.

A ces mots, le sang de M. Jean-Paul Planchou ne fit qu’un tour : « Mais de quoi se mêle M. Albarello ? Est-ce qu’il n’a pas des choses plus importantes à faire à l’Assemblée Nationale ? …Mais qu’il évite de venir me chercher des poux dans la tête ! ».

M. Jean-Paul Planchou craindrait –il d’interroger les citoyens de Chelles ?

M. Jean-Paul Planchou oublierait-il que son député a parfaitement le droit de l’interpeler lorsque celui –ci considère que son projet est contesté par les administrés de sa commune ?

La commune de M. Jean-Paul Planchou serait-elle un territoire en dehors de la République française ?

Il est vrai que la municipalité de Chelles a estimé rester dans le cadre de la loi en acceptant de vendre un terrain destiné à accueillir un équipement de service public. Une école coranique serait donc un service public ? Voilà une idée bien surprenante de la part d’un homme qui se revendique républicain et laïque !

L’Ufal a fait quelques recherches pour savoir exactement ce qu’il se passait au sein de la communauté musulmane de Chelles et comment était vécue cette situation.

« Ma sœur pour moi je trouve étrange que les enfants musulmans Chellois ne soient pas inscrits dans cette maternelle, et pour dire, je me suis renseignée et l’amour que je porte à ma fille ne me laissera ja Je me suis renseigné , si les frères de Chelles n’inscrivent pas leurs enfants c’est parce que l’association et en particularité le directeur ont expulsé les sœurs qui apprenaient le coran, que le directeur et les familles musulmanes de Chelles ne font pas confiance à l’association qui dirige cette mosquée, c’est pour cela que je n’ai pas inscrit mon fils dans cette maternelle. Mais la mettre dans un tel établissement ».

“Etonnant sur 24 élèves un seul est de Chelles”.

Visiblement le projet d’école ne convainc pas les musulmans de Chelles …

« Quand on se fait insulter dans la mosquée,
Quand à l’injuste, quand il ne renonce pas à faire l’injuste que doit-on faire,
Quand des sœurs qui apprennent le Coran se font virer ,
Quand des frères se font expulser de la mosquée sans raison,
Quand des frères qui dorment à la mosquée les 10 derniers jours du Ramandant se font virer au 7ème jour,
Quand depuis 10 ans personne n’a appris le Coran dans cette mosquée,
Quand on fait une liste pour changer le bureau mais que le directeur vire tous les membres de cette liste
Quand on porte plainte contre des frères avec les pires des mensonges,
QUE DOIT ON FAIRE???????
J’étais adhérent actif dans cette association, j’ai donné de mon temps et de mon argent depuis 5 ans, j’ai patienté en me disant qu’ils vont changer, mais rien que le pouvoir et le prestige d’être président les intéressent. »

Autre avis différent mais tout aussi éloquent, pour mémoire le terme « koufar » désigne le mécréant.

« Les associations n’ont rien à faire dans la hiérarchie musulmane, les associations de loi 1901 on été érigées par l’état “koufar” et donc ne peuvent prétendre diriger des mosquées. »

D’un coté nous avons des musulmans qui s’inquiètent des pratiques au sein de l’Association Islamique Abou Bakr Essedik et de l’autre des personnes qui n’hésitent pas à remettre en cause les lois françaises 5.
Déjà en 1996, les propos tenus par Mohamed Sabaoui, l’un des fondateurs du Comité de Sauvegarde des Musulmans de France à Roubaix, et publiés par Philippe Aziz dans son livre « Le paradoxe de Roubaix » donnaient une idée des desseins de certains islamistes.
Voici ci-dessous un extrait révélateur qui devrait alerter tous les républicains :

« Les lois de votre République ne sont pas conformes à celles du Coran, et ne doivent pas être imposées aux musulmans, qui ne peuvent être gouvernés que par la Charia. Nous allons donc œuvrer pour prendre ce pouvoir qui nous est dû ».

Revenons à Chelles, M. Jean-Paul Planchou s’est–il laissé abusé par les représentants de l’association ou veut-il pratiquer le clientélisme électoral ?

S’est-il vraiment intéressé de près aux dirigeants de cette association et à la véritable mission de cette école ?

Quoiqu’il en soit, nous devons lui ouvrir les yeux et lui rappeler que le communautarisme ne favorise jamais l’intégration. Au contraire il entraîne des affrontements et met à mal le pacte social qui permet de vivre ensemble au-delà de nos différences.

Les français sont attachés à la laïcité et ne veulent pas que ce principe soit remis en cause par qui que ce soit.

Faciliter l’implantation d’un lieu de culte pour une minorité au détriment de bâtiments destinés à l’ensemble de la population est un travers souvent pratiqué par des mairies dites de gauche.

Ont-ils été mandatés pour cela ? Ont-ils consulté leurs administrés sur ce sujet ?

Que font ces maires de l’héritage d’Aristide Briand, de Jean Jaurès ou d’Emile Combes, pères de la loi de 1905 ? Cette loi reconnait le droit de culte certes mais demande à l’Etat de respecter une parfaite neutralité.

Les élus de la République doivent défendre la laïcité au lieu de la fragiliser en acceptant de soutenir des projets qui divisent leurs concitoyens.

Les élus de la République n’ont pas été mandatés par leurs électeurs pour cautionner l’implantation de lieux de culte avec les deniers publics.
Les élus de la République s’honoreraient en valorisant les bienfaits de l’Ecole Publique, seul lieu où les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ne sont pas que des vains mots.

La laïcité est mise à mal par des élus de la République qui par de tels comportements, favorisent le communautarisme, qui est contraire à notre République une et indivisible.

Marie-José LETAILLEUR

UFAL de Champs sur Marne

1) https://www.ripostelaique.com/M-Planchou-la-recrudescence-des.html

2) http://www.islamisation.fr/archive/2009/03/26/chelles-l-association-islamique-prend-le-nom-d-un-calife-dji.html

3) http://ufalchamps.over-blog.com/5-categorie-10676290.html

4) http://www.mejliss.com/showthread.php?p=3043489

5) http://islam-idf.forumactif.info/ecoles-agreees-par-l-etat-f34/ecole-maternelle-musulmane-reconnue-par-l-etat-ouverte-en-octobre-2008-a-chelles-77-t250-45.htm

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