Ecole : et si Sarkozy avait raison ?

OK, Nicolas .Sarkozy n’est pas un ange. OK, c’est un ultra- libéral. OK, ses analyses lui permettent de faire passer des réformes qui vont dans le sens du marché, mais… est-ce une raison pour ne pas lui reconnaître le droit au diagnostic, quand il est juste ? Doit-on emboîter le pas des gauchistes, pédagos et syndicalistes qui bêlent à l’unisson  » il remet en cause l’égalité » et « il faut plus de moyens » ? Ma réponse est claire, c’est non. En effet, quand Nicolas. Sarkozy affirme que l’échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables, qu’il faut remettre en cause la carte scolaire et supprimer le collège unique, il a mille fois raison.

Non, il n’est pas normal que près d’un quart des élèves aient des difficultés de lecture et de compréhension ; non , il n’est pas normal que les parents qui en ont les moyens intellectuels, relationnels et/ou financiers puissent inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix quand les enfants des autres sont obligés de supporter le bruit, le refus de travail, la misogynie à l’égard des professeurs, la remise en cause et de ce qui est enseigné ( shoah, Darwinisme, références à l’Ancien Testament, biologie, éducation sexuelle … ) et de l’école républicaine ; non, il n’est pas normal que les enseignants de collège ne sachent plus à quel saint se vouer, obligés de faire le grand écart perpétuel entre des élèves qui ont de la curiosité, l’envie de travailler, des ambitions personnelles et/ou professionnelles, des dispositions aussi, parfois, et d’autres quasi illettrés qui ont pour seul objectif de « passer le temps », de « profiter de leurs copains » ou de « faire chier le prof » …

Quand je lis que la suppression de la carte scolaire va créer des ghettos, je ris. Ils sont déjà là, depuis longtemps. Les mesures d’assouplissement de la carte scolaire du gouvernement, paradoxalement, permettent d’insuffler un peu d’égalité dans un système pervers. Si tu es chômeur, travailleur précaire, smicard, et que, en plus (ou à cause de cela), tu vis dans un quartier « déshérité », tes enfants iront, obligatoirement, passer leur temps dans des écoles où le niveau est bas parce que, forcément, les gens qui la fréquentent sont en très large majorité en difficulté. C’est la ségrégation sociale qui engendre la ségrégation scolaire, pas la carte scolaire ! Evidemment, la vraie solution serait de faire exploser les ghettos, mais c’est une autre histoire !

Enfin, que le collège unique rassemble en un seul lieu les élèves d’une classe d’âge, qui se côtoient à la cantine, en récréation … fort bien ! Mais, par pitié, rendez-nous des classes homogènes, cessons de faire souffrir comme des damnés ces pauvres gosses en échec, qui détestent l’école, s’y ennuient à mourir et y perdent l’estime de soi. Offrons-leur un autre cheminement, une autre façon d’apprendre, avec des objectifs modestes ! Cessons également de faire souffrir ces autres gosses qui voient l’école comme un ascenseur social, qui bossent, qui veulent savoir, tout simplement et qui doivent, actuellement, attendre que l’on ait fini d’expliquer le même point pour la cinquième fois en dix minutes quand ils ne doivent pas attendre que les perturbateurs se calment, qui doivent se contenter du minimum, et perdre leur temps et leurs capacités !

On me répondra que, forcément, ce seront les enfants des chômeurs et des ouvriers qui se retrouveront dans les sections techniques. Hypocrisie. C’est déjà le cas, il y en a même de plus en plus. Il y a plus de vingt ans que l’ascenseur social ne joue plus son rôle, parce que les élèves moyens sont entraînés vers le bas par un environnement scolaire négatif, un abaissement du niveau et une sotte compassion qui a remplacé les exigences nécessaires à qui veut s’élever. Inversement, on ne compte pas, parmi les quinquagénaires actuels, les enfants d’ouvriers devenus médecins ou enseignants … ils ont eu la chance de faire leurs études avant 1975 ( réforme Haby, mise en place du collège unique), ils ont eu la chance de grandir dans une société qui valorisait l’école et le fruit des efforts ; ils ont pu, tout simplement, se donner les moyens de réussir, parce qu’ils l’ont voulu.

On ne parlera pas ici de la drôle de conception du travail manuel qui prévaut chez les contempteurs de Nicolas Sarkozy évoqués ci-dessus. Comme si on ne pouvait pas faire sa vie, être un individu épanoui, intelligent et actif quand on travaille de ses dix doigts ! Je suis persuadée que, comme moi, vous rencontrez régulièrement des artisans équilibrés, qui ont une liberté appréciable dans leur travail, qu’ils aiment et que vous les comparez à tous ces jeunes avec bac général plus deux ou trois qui pâlissent dans des emplois monotones et inintéressants, ( à temps partiel imposé la plupart du temps ), comme celui de caissière de supermarché. On n’en parlera pas aujourd’hui, il y aurait tant à dire sur la responsabilité des « apôtres de l’égalité sociale » dans l’inégalité qui s’est développée à l’école !

Christine TASIN

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