En affirmant que le multiculturalisme a échoué en Allemagne, Merkel rend service à toute l’Europe

Publié le 25 octobre 2010 - par
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Angela Merkel vient de déclarer que le multiculturalisme allemand a «totalement échoué» ! A-t-elle raison ? Oui, si l’on considère que le multiculturalisme conduit à l’éclatement de la nation. Non, si l’on pense le contraire.

Qu’est-ce que le multiculturalisme ? C’est la «coexistence de plusieurs cultures dans un même pays» (Petit Robert).

Qu’est-ce qu’une nation ? C’est un «groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun» (Petit Robert).

A lire ces définitions, on comprend tout de suite que le multiculturalisme est aux antipodes de l’unité nationale : le «multi» ne saurait être le «un». D’où l’échec du «vivre en commun» sur un même territoire, dès lors que ce «vivre en commun» n’est pas volonté commune de vivre nationalement, c’est-à-dire de subordonner sa culture d’origine à la culture du pays d’accueil. Or, c’est cette volonté nationale qui manque chez de nombreux immigrés allemands. Angela Merkel a donc raison !

Evidemment, les partisans du multiculturalisme objectent qu’Angela Merkel a tenu de tels propos parce qu’elle est en difficulté dans les sondages, et qu’en conséquence elle n’a d’autre solution que d’inscrire sa politique dans le courant nationaliste qui gangrène progressivement l’Allemagne. D’où ce besoin d’agiter les peurs instinctives en soufflant sur les braises de l’extrémisme politique, le tout à des fins électoralistes. Qu’on ajoute ici les inévitables maladresses des politiques d’accueil, et surtout les sempiternelles difficultés économiques qui condamnent les immigrés au chômage, à la précarité et à l’exclusion, et l’on aura les principales causes du repli identitaire encore appelé communautarisme.

Pourtant, ce n’est pas de cela qu’il s’agit : il s’agit de l’islam, et de rien d’autre !

En effet, l’islam est une religion dont aucune donnée politique ou économique ne saurait rendre compte : l’islam ne s’explique que par l’islam, ce qui signifie qu’il n’a de comptes à rendre qu’à lui-même, ou, si l’on préfère, qu’à Allah !

Autant dire que les musulmans qui font obstacle à la culture allemande sont d’abord musulmans avant d’être allemands, et c’est parce qu’ils sont d’abord non allemands qu’ils font obstacle à la culture allemande.

Le fond du problème est donc la place de l’islam dans un pays non islamique, c’est-à-dire dans un pays où le musulman ne peut trouver sa place qu’à la condition de subordonner le religieux au politique. En un mot, le fond du problème est le refus d’intégration de la communauté musulmane revendiqué de plein droit par la communauté musulmane !

D’où les contorsions d’une Allemagne vouée à la logique mortifère des droits différentiels : dans l’enseignement public, il est possible aux parents musulmans de dispenser leur enfant des cours d’éducation sexuelle, ou leur fille des séances de natation. Les leçons consacrées à la religion d’Allah et à son Prophète se multiplient, comme se multiplie la construction des mosquées – quitte à fermer les yeux sur leur financement pour mieux faciliter l’obtention du permis de construire, c’est-à-dire pour éviter la colère de la communauté musulmane ! Dans la rue, les femmes musulmanes peuvent porter le voile intégral. Depuis janvier 2002, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe autorise les bouchers musulmans à égorger sans anesthésie préalable – c’est-à-dire selon les principes du Coran – les animaux destinés à la consommation, etc…

Or, plus l’Allemagne accorde, plus les musulmans exigent, et le fameux «droit à la différence» se meurt dans la différence des droits ! Si encore cette mort pouvait s’expliquer par les bévues d’une Allemagne qui n’a pas su percevoir la nature définitive de l’immigration turque sur son sol ! Mais il n’en est rien, car cette mort se manifeste de la même façon en quelque pays européen que ce soit, à telle enseigne que c’est l’Europe entière qui connaît aujourd’hui les éclatements identitaires, urbains et spatiaux : dans le même pays, on n’est plus dans le même pays ! Nos frères allemands, comme nous tous, en font dorénavant la douloureuse expérience, et ce n’est pas fini, car alors même que le multiculturalisme empêche l’intégration, c’est lui et bien lui qui a le vent en poupe !

En effet, il y a toujours des intellectuels pour valoriser les «logiques concordataires», comme si l’on pouvait trouver un compromis entre l’égalité des sexes et leur prétendue inégalité, ou encore entre l’abolition de la peine de mort et son maintien ! Il y a toujours des théoriciens pour alléguer qu’il n’y a ni cultures ni religions, comme si la réalité ne nous enseignait pas le contraire, et comme si ce déni de réalité suffisait à gommer la réalité ! Il y a toujours des sociologues pour soutenir qu’il n’y a pas de «choc des cultures», alors que l’Europe porte désormais en ses murs une culture de la sphère privée qui heurte ostensiblement la sphère publique ! Il y a toujours des analystes pour estimer que la religion n’est qu’une altérité parmi d’autres, autrement dit que le problème que connaît aujourd’hui l’Europe avec l’arrivée de l’islam n’est pas un problème dû à l’islam ! Il y a toujours des juristes pour justifier la subordination du code pénal à la charia, si le prévenu le demande ! Il y a toujours des historiens pour crier au «réveil du fascisme» devant le durcissement des lois européennes visant à nous protéger de l’intégrisme musulman, et pour se taire devant la montée du «fascisme vert» en Europe ! Il y a toujours de beaux esprits pour souligner que l’adhésion de la communauté musulmane aux valeurs européennes est nettement plus difficile en 2010 qu’en 1960, ce qui ne les empêche point d’être les défenseurs de l’immigration musulmane ! Il y en a même qui victimisent à longueur de journée les immigrés musulmans, sans voir que les victimes de l’immigration ne sont plus les immigrés musulmans mais l’ensemble des Européens !

Bref, il y a toujours des gens notoires ou cultivés qui s’entêtent à ne pas comprendre que la politique n’est pas uniquement une affaire d’idées ou de cœur mais aussi de raison et de réalité ! Et que dit, en l’occurrence, la «raison-réalité» ? Que le jugement d’Angela Merkel sur le «multiculti» ne relève point d’un fantasme mais d’un authentique constat. Pas un seul pays européen où le multiculturalisme se passe bien ! Pas un seul gouvernement non islamique qui ne soit mis à mal par les revendications islamiques ! Pas d’Europe de la paix si d’aucuns déterrent le cimeterre ! Pas d’Europe multiculturaliste viable ! Le multiculturalisme n’est pas autre chose qu’un coin planté dans le tronc de l’Europe. Et l’on sait ce qu’il advient de n’importe quel tronc, si l’on va plus avant !

Maurice Vidal

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