Encanaillez-vous avec Riposte Laïque, Nadia Geerts !

Publié le 31 mai 2010 - par - 564 vues
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J’aime bien ce que dégage cette femme. J’aime son style crane rasé et ses décolletés souvent audacieux, j’aime son look atypique, pour une laïque. Allant souvent sur le blog de Nadia Geerts, surnommée la Caroline Fourest belge, j’ai regardé attentivement le débat que les rédacteurs de Riposte Laïque ont mené avec elle sur « Arrêts sur images ». J’ai retenu le passage où Anne Zelensky l’a interpellée. Nadia disait en même temps que le voile et la burqa lui faisaient horreur, mais qu’il fallait tolérer cela. Elle exprimait ces propos en prétendant donner une leçon de laïcité à Anne, qui, excédée, finit par lui dire qu’elle était totalement « schizophrène », dans sa démarche vis-à-vis de l’islam.

Dois-je l’avouer, je trouve cette jeune femme sympathique, malgré ses attaques, pas toujours courtoises contre Riposte Laïque. La militante belge reproche à notre journal de ne pas faire de différence entre « islam » et « islamisme ». J’ai bien aimé quand Pierre Cassen lui a fait remarquer que nous avions la même opinion que l’écrivain algérien Hamid Zanaz, avec qui elle avait eu un échange amical, sur cette question, sur son blog. J’ai savouré de la même façon ce magnifique texte de Taslima Nasreen, encourageant chacun à critiquer l’islam, pour aider les démocrates, hommes et femmes, à se libérer de son joug, que Pierre a lu.

Le vrai problème de Nadia Geerts est qu’on sent qu’elle partage avec les rédacteurs de Riposte Laïque, comme avec Hamid Zanaz ou Taslima Nasreen, la même haine de l’islam, et de son agression. Mais elle est coincée par une vision réductrice de la laïcité, qui considère la rue comme un espace privé. Autrement dit, selon elle, au nom de la tolérance, il faudrait abandonner la rue à l’offensive vestimentaire des voilées, des niqabées et des barbus. Et comme Nadia, professeur de philosophie, se veut une bonne élève de la laïcité, elle se sent obligée de répéter un discours auquel manifestement elle ne croit pas une seule seconde.

Son agressivité vis-à-vis de Riposte Laïque – qu’elle ose, de manière ridicule, renvoyer dos-à-dos avec les égorgeurs islamistes – vient de là, à mon avis : elle rêve de dire la même chose que notre journal, mais elle se l’interdit, au nom du « laïquement correct » dont les islamistes profitent pour conquérir la rue. Elle pardonne le discours d’Hamid ou de Taslima, en le considérant comme le fruit de leur vécu. Mais elle osera dire à Anne qu’elle ne comprenait pas sa haine de l’islam. L’élève (Nadia) reproduit le discours de la maîtresse (Caroline) : Ayaan Hirsi Ali est une résistante, mais Geert Wilders – membre du même parti – est un raciste d’extrême droite. Vous avez le droit de critiquer l’islam si vous l’avez subi, vous n’en avez pas le droit si vous êtes issu d’un pays de tradition catholique. Quelle auto-censure !

De même, je l’ai entendue faire une autre critique contre RL : nous mêlerions immigration et islam. Nadia Geerts est bien trop intelligente pour ne pas savoir qu’il y a un rapport évident entre les deux. L’islam ne progresse pas, en Belgique comme en France, par la conversion spontanée des habitants du pays. Il est majoritairement renforcé par une immigration de peuplement, venue des pays musulmans. Mais il ne faut pas dire cela, c’est politiquement incorrect, alors Nadia préfère attaquer ceux qui osent transgresser le tabou, pour bien montrer qu’elle est une femme de gauche respectable. Pourtant, dans le fond, elle sait bien que c’est l’immigration qui alimente la progression de l’islam, mais elle a peur, si elle dit cela, de passer pour une horrible raciste. Là encore, quelle auto-censure !

Finalement, Nadia Geerts me faisait penser à une petite fille sage, qui rêve de s’encanailler en levant sa jupe devant les garçons, mais qui est trop timide pour le faire. Je suis convaincue que sa rancoeur contre notre journal vient de deux choses : elle sait que nous avons raison, et nous sommes sa mauvaise conscience, car nous disons des choses qu’elle aimerait dire, mais elle se l’interdit…

C’est pourquoi sans doute, dans ce débat, elle a cherché à se rassurer définitivement, en se racontant une belle histoire, pour faire taire les méchants de RL. Elle a repris un sondage publié par Caroline Fourest, disant que 70 à 80 % (ce n’est pas très précis) des musulmans étaient pour la laïcité. Nous aurions pu lui dire, si nous avions eu la parole à ce moment-là, que les questions suivantes de ce sondage montraient qu’ils étaient pour la laïcité telle que la conçoit Tariq Ramadan, avec le financement des mosquées, la liberté de porter le voile, et les accommodements raisonnables. Puis, comme si elle ne se convainquait pas, elle insista, disant que les islamistes lui faisaient horreur, comme nous, mais qu’ils étaient une minorité, et que la majorité était contre eux. Troublée, elle ajouta : « du moins j’espère »…

Elle n’a pas pu cacher le doute qui l’habitait, devant la belle histoire qu’elle nous racontait, et dont elle cherchait à se convaincre. Je l’aime bien quand même, Nadia Geerts, et je suis certaine qu’elle finira par venir s’encanailler à Riposte Laïque, au lieu de s’enfermer dans une langue de bois laïque politiquement correct qui ne lui ressemble pas. J’espère simplement qu’il ne sera pas trop tard, faut-il lui rappeler que dans 20 ans, si les choses continuent ainsi, Bruxelles sera majoritairement musulmane, et que Nadia n’aura alors que 55 ans…

Martine Chapouton

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