Etudiant de gauche, je me dois de défendre Marine Le Pen… hélas !

Publié le 13 décembre 2010 - par
Share

Tout comme des médecins peuvent partager le diagnostic d’une maladie mais diverger quant au remède approprié, on peut très bien partager le constat d’un homme ou d’une femme politique, voire d’un parti tout entier, sur certains problèmes mais être en profond désaccord avec leurs solutions proposées pour les résoudre ainsi qu’à la rhétorique employée pour les dénoncer. Ici, en l’occurrence, il s’agit des récents propos de Marine Le Pen comparant l’occupation illégale de certaines rues de France par certains musulmans à l’occupation de la France entière par les Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je pourrais diverger sur la façon habile dont Madame Le Pen utilise la même méthode de provocation sur la Seconde Guerre Mondiale que son père mais de façon plus habile en faisant exactement l’inverse, mais là n’est pas la question. Qu’on le veuille ou non, il n’y a pas besoin d’être un adhérent aux idées du Front National pour voir que la situation qu’elle dénonce est réelle et inacceptable : Des rues entières de certains quartiers à forte population musulmane sont bloquées le vendredi afin que des musulmans, venant parfois d’autres quartiers, puissent y prier sous prétexte de manque de place dans la mosquée la plus proche, et ni la police, ni les préfectures, ni les mairies ne font quoi que ce soit pour les empêcher et, pis encore, parfois même y prennent part !

Tout cela a été dénoncé avec justesse par Riposte Laïque depuis un an, et bien qu’on en parle occasionnellement dans les médias, pas un effort n’a été fait de la part des hommes et femmes politiques et autres figures d’autorité pour remettre de l’ordre. Comment s’étonner ensuite que le Front National en fasse ses choux gras ? N’ont-ils toujours pas compris que leur inaction, ou pire leur complicité devant de tels évènements intolérables ne fait que pousser plus de gens vers les solutions extrêmes ? Je suis navré de voir que les seules réactions ont été une condamnation unanime des propos de Madame Le Pen, plutôt que des prières illégales qu’elle dénonce. Certes, madame Le Pen n’est pas entièrement innocente dans cette affaire : Sa comparaison de ces musulmans, qui ne sont pas forcément tous d’affreux fondamentalistes visant à imposer la charia en France, aux Nazis est excessive et stupide. Et, qu’elle le veuille ou non, beaucoup de gens ont cru voir dans ses paroles une comparaison de tous les musulmans de France alors qu’il est clair qu’elle ne visait que ces musulmans en particulier. Mais dans tous les cas, Marine Le Pen et sa popularité croissante dans une section de l’opinion publique française n’est que le symptôme du vrai mal qui ronge la France et qui est l’incapacité des pouvoirs publics à assimiler une partie importante de nos concitoyens issus de l’immigration, notamment musulmans, et à faire respecter la loi. Et les diverses lois dites « antiracistes » mais qui, par leur restreinte de la liberté d’expression et de débat, ne font qu’accroître le racisme de tous les côtés ainsi que l’électorat du FN, n’en sont que d’autres.

La bonne réaction serait, tout en dénonçant le caractère déplacé des propos de Mme Le Pen, de condamner fermement les prières illégales, d’exiger et d’obtenir l’interdiction de ces prières et de rétablir la loi républicaine dans ces quartiers en combattant l’Islam politique par l’éducation, une sécurité ferme mais juste mêlant prévention et répression, et une application non-négociable de la loi, au diable les exigences religieuses ou communautaires ! Si la mosquée est trop pleine, qu’ils se construisent eux-mêmes leur espace de prière avec leur argent, ou qu’ils prient à la maison !

Tout ceci vient d’un jeune étudiant de gauche qui, même s’il partage certains constats du Front National, ne partage ni leur vision archaïque et nationaliste de la France ni leurs solutions injustes et discriminatoires, et se désespère d’une gauche de plus en plus éloignée des préoccupations des Français mais envers qui il continuera de rester fidèle en espérant un vrai renouveau.

Thomas Ricard

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.