Exclusif: Les pervers de l’internet chez les « Purs » du Pakistan

Publié le 13 septembre 2010 - par
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Le nom Pakistan signifie « Pays des Purs », mais force est de constater que bien des utilisateurs de l’internet y sont « impurs ». J’ai découvert Google Trends il y a environ quatre ans. Cet outil de Google, accessible à tous, lui permet d’enregistrer et de publier ses historiques de recherches. Ce qui avait attiré mon attention était cet entrefilet paru dans le Pakistan Daily Times du 17 mai 2006, que je reproduis ci-dessous :

Le Pakistan en manque de sexe

Par Khalid Hasan

WASHINGTON : Google, le plus populaire des moteurs de recherches sur internet, a découvert dans une étude que la plupart des pays recherchant l’accès à des sites à caractère sexuel étaient des pays musulmans, avec le Pakistan en tête de liste. Selon les résultats de Google, parmi les 10 premiers pays classés en tête pour leurs recherches de contenus à caractère sexuel, six sont des pays musulmans, le Pakistan arrivant premier de la liste. Les autres pays musulmans sont l’Egypte en 2ème place, l’Iran en 4ème, le Maroc 5ème, l’Arabie Séoudite 7ème et la Turquie à la 8ème place. Les pays non musulmans sont le Vietnam à la 3ème place, l’Inde en 6ème, les Philippines 9ème et la Pologne 10ème.

J’ai alors entamé mes propres recherches, et je me suis aperçu que c’était surtout la nature du matériel pornographique recherché dans les pays musulmans qui était la plus choquante. Mes recherches m’ont montré que c’était encore une fois le Pakistan qui arrivait en tête de liste pour toute une série d’intérêts plutôt pervers.

Google Trends a commencé à recueillir des données en 2004. La recherche des données concernant les personnes utilisant Google pour « sexe – enfants » de 2004 à aujourd’hui place le Pakistan loin devant tous les autres pays. Si l’on affine les paramètres, une recherche spécifique sur l’année en cours (2010) montre que c’est à nouveau le Pakistan qui arrive en tête des pays où les utilisateurs d’internet ont recherché les mots « sexe – enfants ».

Google Trends permet d’obtenir des données de recherches sur chaque mois et sur chaque année d’avril 2004 jusqu’à aujourd’hui. Le Pakistan arrive en premier de la liste pour les recherches de « sexe – enfants » en 2004, en 2005, en 2006, en 2007, en 2008, et en 2009.

Pour ceux qui voudraient avancer que les données en question ne signalent que d’innocentes études réalisées par des étudiants en socio-psychologie, Google Trends montre que l’utilisation du terme « child fucking » (sodomisation d’enfants), de façon continue à partir de 2004 jusqu’à maintenant, donne le résultat le plus élevé de recherches depuis le Pakistan. Pour toutes les recherches par Google de « enfant nu » dans le monde entier de 2004 à aujourd’hui, c’est encore le Pakistan qui arrive en tête de liste. Google Trends révèle également que pour toutes les recherches sur Google du terme « vidéo – sexe – enfant” dans le monde de 2006 à 2010, le Pakistan arrive en deuxième, surclassé par le seul Bangladesh (le Bangladesh faisait autrefois officiellement partie du Pakistan, sous le nom de Pakistan Oriental).

D’où peut venir ce phénomène ? Serait-ce « culturel », en relation avec les coutumes régionales pakistanaises ?

Au Pakistan, la tradition permettait d’abuser des enfants d’une façon révoltante. Les conseils de village (“jirga” ou “panchayat” selon les régions) des zones reculées ordonnaient de donner des petites filles en mariage à titre de « compensation” à des crimes commis par des hommes de leur famille. Cette pratique est en général désignée sous le nom de mariage « vani », et dans les régions pashtounes, on l’appelle « swara”. La swara a été déclarée illégale en 2000 dans la Province de la Frontière Nord-Ouest, ce qui ne l’a pas empêchée de se perpétrer. En 2004, après qu’une fille de trois ans ait été cédée en mariage à un homme de soixante ans, le mariage vani a été officiellement déclaré illégal dans tout le pays, mais il a continué à se pratiquer. En janvier 2004, avant l’interdiction officielle de la vani et de la swara par la loi nationale, une assemblée de justice islamique a déclaré que ces coutumes étaient « pré-islamiques ». Mais est-ce vraiment le cas ?

En 2004, alors que le Pakistan arrivait en premier pour les recherches de « sexe – enfants », l’ayatollah Khomeiny avait précédemment autorisé la publication d’un livre intitulé Tahir-al-Vasyleh. Dans le chapitre 102.1 de ce livre, on peut lire :

« Les rapports sexuels avec l’épouse sont illégaux tant que celle-ci n’a pas atteint l’âge de neuf ans, qu’il s’agisse d’un mariage permanent ou temporaire [mu’tah], mais tous les autres actes, tels que les préliminaires [attouchements sexuels], les caresses et le Tafkhid, sont légaux, même avec un bébé. »

Certains ont discuté le sens original de ce passage du livre iranien, mais selon la féministe du Barheïn Ghada Jamshir, il ne fait aucun doute que le clergé iranien a autorisé les attouchements sexuels sur les bébés.

Dans des pays islamiques tels que l’Afghanistan, les mariages d’enfants sont fréquents, des filles prépubères étant mariées à des hommes plus âgés. En Arabie Séoudite, le mariage d’enfants n’a jamais été illégal. Le Grand Mufti saoudien Sheikh Abdul Aziz al-Sheikh estime qu’il est bon de marier de petites filles mineures, car cela leur évitera le risque de devenir vieilles filles et d’être exposées à des tentations extra-maritales. Ce n’est que depuis février de cette année, après qu’une petite fille de 12 ans se soit battue pour obtenir le droit de divorcer de son mari de 80 ans, qu’il y a eu des signes de la part des autorités saoudiennes de vouloir interdire ce genre de mariages. La petite fille avait été mariée contre son gré à un vieillard à l’âge de 11 ans.

Le prophète de l’Islam, selon les Hadiths de Bukhari (ici, ici et ici) et de Tabari (IX:131), avait eu des relations sexuelles avec une enfant. Il avait consommé son mariage avec Aïcha, sa dernière femme, alors que celle-ci n’avait que neuf ans et qu’elle jouait encore à la poupée. A suivre un tel exemple, est-il possible que les recherches internet au Pakistan puissent être mises en relief par l’Islam ? Cette nation prend sa religion au sérieux, jusqu’au fanatisme, et l’on voit mal comment l’internet pourrait être épargné par ce zèle religieux.

Censure de l’internet pour « Blasphème »

Malgré de nombreux bouleversements politiques, les politiciens et le système judiciaire pakistanais ont toujours tenté de censurer l’entrée de matériel « blasphématoire » sur leur territoire. En 2007, YouTube a été brièvement interdit au Pakistan, parce que des caricatures « blasphématoires » du prophète de l’Islam étaient apparues dans plusieurs vidéos. Le 29 mai de cette année, Facebook a été interdit par la Pakistan Telecommunication Authority (PTA) après avoir hébergé des pages célébrant le “Everybody Draw Mohammed Day”, et quelques heures plus tard, c’était au tour de YouTube d’être bloqué.

Dans le même temps, le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères du Pakistan, Abdul Basit, annonçait que la question des caricatures insultant Mahomet avait déjà été portée devant le Conseil des Droits de l’Homme, l’Organisation de la Conférence Islamique et le Conseil Général des Nations Unies. Mohammed Azhar Siddique, président du Groupe d’Activités Judiciaires contre le blasphème, a tenté d’obtenir la comparution en justice de Mark Zuckerberg et de Dustin Moskovitz, co-propriétaires de Facebook, pour dénigrement du prophète de l’Islam selon les lois pakistanaises sur le blasphème, ce qui est passible de la peine de mort. Plus récemment, le Ministère de l’Information du Pakistan a annoncé, le vendredi 23 juin, qu’il allait surveiller les signes de « contenu anti-islamique » sur les principaux sites internet et moteurs de recherches, à savoir Yahoo, Google, YouTube, Amazon, MSN, Hotmail et Bing. 17 autres sites doivent être purement et simplement bloqués.

En mai, après que le Pakistan ait également bloqué les services de Twitter et de Blackberry, Wahaj-us-Siraj, porte-parole des principaux fournisseurs d’accès à internet du Pakistan, a déclaré : “Nous allons contrôler les sites internet de pornographie pédophile, parce que c’est une chose néfaste et qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression, tout comme ces caricatures qui sont un autre exemple d’absurdités ».

Tout cela est bel est bon, mais cela n’explique pas pourquoi, de tous les pays au monde, c’est le Pakistan qui a le plus grand nombre de recherches de pornographie pédophile sur Google.

Les pervers de l’internet au Pakistan

Au Pakistan, les viols d’enfants sont rarement signalés, mais en 2009, on a constaté une augmentation de 9,5 % des abus sexuels sur des enfants. 2012 cas ont été signalés, dont plus de la moitié au Pundjab. Sahil.org était jusqu’à il y a peu la seule organisation pakistanaise se consacrant au signalement et à la prévention du viol sur les enfants. En octobre de l’année dernière, son coordinateur régional a déclaré que les abus sexuels sur les enfants étaient en rapide augmentation, mais que le gouvernement avait pris des mesures pour les empêcher. On peut également mentionner Rozan, une autre organisation qui met en œuvre un programme pour la prévention de ces abus.

En mars de cette année, lors d’un procès pour viol collectif d’une fillette de 13 ans, la défense a argué du fait que le mariage d’enfants n’était ni illégal ni invalide, et a déclaré qu’il serait impossible de le prononcer comme invalide, dans la mesure où « 75% des familles du pays seraient concernées ». Les hommes accusés ont été acquittés par la suite.

Dans certaines parties du Pakistan, les mariages d’enfants, dans la plupart des cas un petit enfant avec un homme adulte, ont toujours cours sans être considérés comme immoraux, même s’ils sont officiellement illégaux. De nombreux parents au Pakistan forcent leurs enfants à se marier, et qualifient ces unions de « mariages arrangés », mais si leur fille, promise dès son enfance, refuse de s’y soumettre, cela peut aller, de la part des familles, jusqu’au « crime d’honneur ». Pour les jeunes hommes, élevés dans l’idée qu’ils ont plus d’importance que les femmes, mais en sachant bien qu’ils n’auront que peu de choix quant à leur future vie sexuelle, il semble qu’un grand nombre se réfugie dans les cybercafés pour y consommer de la pornographie. Je peux comprendre que des personnes élevées dans une société répressive soient en manque de sexe, mais leurs recherches sont plutôt morbides.

La nature de la pornographie recherchée par les pakistanais est pour le moins bizarre. Le plus choquant est que la pornographie pédophile est plus fréquemment recherchée sur internet au Pakistan que dans n’importe quel autre pays au monde. Le Pakistan est même en tête dans le monde pour les recherches de « sexe – bébés” ! Il est également le premier au monde, de 2004 à 2010, pour les recherches de “sexe -viol”, “vidéos de viol” et “images de viol”.

En 2006, j’ai aussi découvert que le Pakistan arrivait encore en tête de liste pour la zoophilie. Au cours des années, et parmi toutes les régions du monde, le Pakistan présente constamment le plus grand nombre de recherches sur Google pour « sexe – animaux”.

J’ai alors décidé de diviser ces recherches en catégories. En 2006, le Pakistan était en tête de liste pour « sexe –chiens », et il est resté en tête chaque année dans le monde entier. Le Pakistan est en tête des recherches pour « sexe – porcs » en 2010 ; il l’était déjà en 2006 et il l’est resté sans discontinuer de 2004 à 2010. Les chiens et les porcs étant considérés comme « impurs » en Islam, ces recherches pourraient être considérées comme une rébellion contre l’éducation traditionnelle, mais sur la période de 2004 à 2010, le Pakistan reste aussi constamment bien loin devant le peloton des autres pays pour les recherches sur internet de « sexe – ânes”, “sexe – chèvres”, “sexe – chevaux” et “sexe – chameaux”.

Les religieux fanatiques du Pakistan, qui tentent de forcer les Nations Unies à adopter une réglementation contre le blasphème islamique, devraient s’intéresser aux goûts malsains de leurs utilisateurs d’internet. Avant de faire la leçon à ceux qui ont été élevés dans la tradition judéo-chrétienne sur leur manque de moralité, les dirigeants pakistanais seraient bien inspirés de commencer par analyser les facteurs qui ont créé des obsessions d’une telle perversité chez leurs propres utilisateurs de l’internet.

L’intérêt morbide pour la pédophilie pourrait être lié à l’Islam, ou pourrait éventuellement être influencé par les traditions rurales. Personnellement, j’incline à penser que ces goûts étranges sont générés par une culture en crise, incertaine de savoir si son identité devrait se diriger vers l’avant ou vers l’arrière, vers la modernité ou vers le traditionalisme archaïque. Le Pakistan en tant que nation révère son prophète, d’une façon qui confine à l’idolâtrie. Cette exagération de la piété publique, en regard de la nature perverse des recherches sur internet du pays via Google, et du traitement épouvantable réservé à ses enfants, suggère que le Pakistan est une société profondément dysfonctionnelle.

FamilySecurityMatters.org Adrian Morgan, Rédacteur en chef, est un écrivain et artiste britannique. Il a déjà contribué à diverses publications, parmi lesquelles The Guardian et le New Scientist, et a été Membre de la Royal Anthropological Society.

Adrian Morgan

Article original en anglais, traduction de Vincent Maunoury

Exclusive: “Pure” Pakistan’s Internet Perverts

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