Fanny Truchelut n’a commis aucune discrimination et aucun délit

Publié le 26 août 2008 - par
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Certains avancent péremptoirement, sans aucune analyse des termes de la loi : « Fanny Truchelut a violé la loi, c’est évident, il suffit de lire le texte ». Rien n’est plus faux.

Le texte de la loi dit qu’il est interdit de refuser un service à des personnes « à raison (…) de leurs opinions politiques, (…) de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. ».

La question est donc : qu’est ce le législateur entend par « à raison de l’opinion » ou de « l’appartenance à une religion » ?

La loi française contre la discrimination a été faite pour que l’on ne voit aucun panneau dans des bars ou autres : « pas de noirs, pas de chiens, pas de juifs, pas de femmes non accompagnées ici ! ».

Elle a été faite pour que nul ne soit discriminé à raison de ce qu’il est ou pense intérieurement : c’est cela « l’opinion » « l’appartenance », c’est cela et uniquement cela.

Elle n’a pas été faite pour que n’importe quel comportement lié à une religion ou une opinion soit permis n’importe où à n’importe quel moment. Elle a encore moins été faite pour que des actes de militantisme visant à instaurer des régimes où les discriminations sont la loi elle-même, soient permis n’importe où, n’importe quand, sous prétexte qu’ils sont « religieux », et encore moins pour que ceux qui oseraient s’y opposer, soient poursuivis.

Or Fanny Truchelut n’a pas réagit en raison de ce que sa client était (musulmane en l’occurrence), mais en raison du comportement qu’elle avait : porter le voile.

Le voile n’est pas qu’un signe permettant de reconnaitre qu’une personne est musulmane.

Le port du voile est un acte de militantisme « ostensible », un acte de subversion politique. « Un acte (…) de pression sur les co-religionaires ou supposées telles de celles qui arborent ce foulard ; (…) une communion idéologique avec des mouvements qui même s’ils ne sont pas toujours extrémistes dans les moyens qu’ils prônent ont pour projet la subversion de nos principes politiques ; (…) l’affirmation par celles qui le portent d’un système de valeurs incompatibles avec l’ordre public au sens précédemment exposé. » ( Commissaire du Gouvernement dans l’affaire Kheroua – affaire de voile à l’école)

En demandant à son hôte de ne pas commettre ce type d’acte, de ne pas se livrer à cette manifestation pro-charia dans son gite, Fanny Truchelut n’a fait qu’une demande légitime et n’a pratiqué aucune discrimination.

C’est en substance ce que j’expliquais dans l’article (trop) long en octobre dans Riposte Laïque.

(http://www.ripostelaique.com/L-enjeu-juridique-de-l-affaire-du.html)

Comme le rappelait par ailleurs Annie Sugier, en expliquant dans Riposte Laïque sa réponse au juge à propos du voile des bonnes sœurs, ce dernier n’a pas la même signification que le voile islamique, étendard d’un régime politique prônant notamment l’obligation du port du voile par toutes les femmes, et pas seulement les religieuses, entre autres discriminations …

J’ajouterais qu’aussi déplaisant ou déplacé que puisse apparaître aux yeux de défenseurs de la laïcité, le port de la kippa dans un lieu non confessionnel, on n’a encore jamais vu ou entendu de discours prônant l’instauration de la Torah sur le monde ni menaçant ceux qui critiquent la loi juive concernant les femmes du même sort qu’un Théo Van Gogh …

Là encore, avant de crier à la discrimination, il faut analyser de près les données, tenir compte de tous les aspects de la situation et des faits, et s’assurer que « toutes choses sont égales par ailleurs ».

Le Commissaire du Gouvernement demandait aux magistrats dans l’affaire Kherouaa « nous concluons à ce que, refusant de désavouer des fonctionnaires qui ont su reconnaître leur devoir et qui ont eu le courage de le faire vous rappeliez les principes de notre Etat et les valeurs de notre civilisation en rejetant la requête présentée par M. et Mme Kherouaa. »

Les magistrats devraient raisonner de même au sujet de Fanny Truchelut et donc la relaxer.

Elisseievna

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