Finies les luttes sociales, vive le ramadan !

Publié le 24 août 2009 - par

Ce vendredi 21 août, premier jour du ramadan 2009 est l’occasion d’une intense couverture médiatique, journaux, radios, TV. Le quotidien catholique la Croix affirme même nous présenter à « visage découvert les musulmans de France », partant de l’affirmation que : le ramadan, avant d’être un mois de restriction alimentaire est d’abord « un moment de rencontre avec Dieu ». Le CFCM n’aurait pas dit mieux.

Radio publique, France Inter, nous a passé en boucle du ramadan toute la journée. Le ramadan ceci, le ramadan cela, le ramadan c’est quoi pour les musulmans qui l’observent. Manifestement pour les reporters de la station publique, le ramadan c’est une obligation respectée par chaque musulman, et dans la joie.

Les présentations résumées par des journalistes lisant et relisant leur petite fiche, ont été complétées par l’invitation des auditeurs à intervenir sur le sujet.

Toujours sur la même radio publique, on entendra un correspondant de radio bleue champagne nous offrir une vision idyllique du début de cette fête religieuse. Le ramadan nous y dira une fillette, il permet de manger tous les soirs ensemble, tandis que les autres jours chacun mange n’importe quoi de son côté. Super, non ?

Bref, si l’on résume le flot de paroles de France Inter, bravo le ramadan ; c’est un bon moment de convivialité, une intense période de pensée pour les pauvres (1) et d’alimentation plus équilibrée (2).

Pour la radio publique, ramadan, ce sont « des moments de pensée pour les pauvres qu’il convient de signaler ».

Comme si ces pensées d’un mois valaient mieux que les deux cents vingt ans de progrès politique et social qui, avec la grande révolution française, ont éradiqué durablement la misère extrême et massive et considérablement fait reculer la pauvreté, en accordant des droits sociaux au moyen d’institutions solidaires (caisses de sécurité sociale, caisses d’allocations familiales, caisses de retraite, caisses de chômage, droits de grève, code du travail, conseils de prud’hommes et organisations syndicales légales et indépendantes de l’état…).

La solidarité française organisée, 365 jours par an, avec les pauvres et les plus faibles, cela ne serait pas grand-chose à côté des pensées du croyant priant en se privant de nourriture et d’eau le jour puis mangeant jusqu’à se rassasier chaque soir pendant tout un mois et allant offrir à tel ou tel une assiettée ? Pour France Inter et la Croix, il faudrait le croire. Je respecte celui qui le croit, mais je ne suis pas d’accord avec lui et je ne crois pas à la sincérité de médias qui, par ailleurs, nous expliquent que le progrès et la solidarité institutionnelle ont fait leur temps.

Alors qu’au nom des exigences et des conséquences de la concurrence libre et non faussée, tous les jours on ferme des entreprises, la radio publique, le journal la Croix et quelques autres ont trouvé un remède : ramadan.

Ce dont le pays a besoin, ce ne serait plus de la solidarité légale matérialisée dans des institutions conquises par le mouvement ouvrier, ce dont il aurait besoin c’est que tout un mois, parce que l’on ne mange pas du lever au coucher du soleil, on pense aux pauvres.

Au fait, puisque les catholiques du journal La Croix nous invitent à « découvrir dans ses colonnes les musulmans à visage découvert », je voudrai leur demander : comment est-ce qu’ils comptent nous faire découvrir le visage des musulmanes burquinisées, hijabisées, niquabisées ?

Alain RUBIN

(1) Comme si les pauvres, c’est que l’on pense à eux dont ils besoin. Les pauvres, c’est de moins de pauvreté et surtout de plus de pauvreté du tout dont ils ont besoin. Mais France Inter nous a servi du sous- Coluche et du sous- « enfoiré ». C’est super ramadan, pendant un mois entier, ceux qui le respectent vont penser aux pauvres. Pour les hommes des gauches qui surpeuplent la station de radio publique, la convivialité dont on a désormais besoin, le progrès possible, c’est désormais de penser aux pauvres chaque jour, tout un mois par an. Les bons salaires, un emploi stable pour tous, avec des droits, bref, le combat de la Commune, les grandes grèves de 1919, 1936, 1953, 1955,1968, périmé tout cela. L’affirmation de l’islam, c’est mieux. Grâce au ramadan, on va pouvoir en chœur penser aux pauvres. Seront-ils moins pauvres ? Cesseront-ils d’être pauvres ? Ce n’est pas la question. La pauvreté est dans le plan divin. Prétendre l’éradiquer, c’est faire œuvre satanique. Encore un plan des Juifs ou des marxistes et des francs maçons!!!

(2) Dans plusieurs pays ou la religion musulmane est religion d’état, sinon obligatoire, des médecins eux-mêmes musulmans ont attiré l’attention des autorités sur les effets du ramadan en termes de santé publique. Ce bouleversement du rythme biologique et le jeune complet, sans aliments solide et sans eau, suivis la nuit d’une suralimentation riche en sucres rapides notamment, est un facteur de diabète et de diabète aggravé ainsi que d’autres pathologies en rapport avec l’alimentation déséquilibrée. Outre la santé individuelle, c’est la santé économique du pays qui est en cause.

Sur France Inter toujours, « le téléphone sonne » de ce soir nous a donné à écouter trois chercheurs, Sounia Bouzar, Bernard Godard et Saad Kiary. Une heure entière de ramadanophilie, avec une petite réserve cependant sur les conséquences d’un mois de jeune diurne sur les capacités de travail. On ne nous dira pas pendant cette heure de propagande qu’un contrôleur aérien, un contrôleur de train ou de métro, qu’un camionneur, qu’un chauffeur de taxi ou un conducteur de bus ou de train, jeûnant les uns et les autres, totalement, du lever au coucher du soleil, risquent de devenir des dangers publics. Cela aurait visiblement fâché.

On aimerait faire observer : que si Dieu a recommandé ce jeûne à des conducteurs de chameaux du désert arabique du 8ème siècle, ils ne risquaient évidemment pas d’accident de caravane de chameaux et, pour ce qui est du rythme au travail, la question ne se posait probablement pas.

Un de nos trois intervenants, Saad Kiary, je crois, nous répondra qu’après tout, s’il y a un problème de difficultés au travail, le musulman peut bien prendre ses congés légaux pour accomplir ses devoirs religieux. Ainsi il pourra observer le jeune tout un mois du lever au coucher du soleil sans que cela ait des conséquences dans le travail. Oui, évidemment…

Alain RUBIN

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