Geert Wilders, au nom de la Liberté, je vous soutiens

Publié le 12 mars 2008 - par
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Permettez-moi de vous transmettre ce message en ce temps de tensions qui exacerbent les antagonismes et pervertissent les valeurs nobles de l’humanité.

Je ne vais pas aller par trente six chemins pour vous dire que, bien que je suis certains de ne pas partager avec vous votre idéologie ainsi que certaines de vos idées et de vos prises de positions, il n’en demeure pas moins que par rapport à la dernière controverse ayant trait à votre film sur le coran, je vous exprime ici mon soutien indéfectible au nom de la liberté d’expression et de la liberté tout court qui est la base et l’essence même de la notion de démocratie et de modernité.

Venant d’un algérien mais néanmoins laïque, mon soutien à votre liberté d’expression vous réconfortera un tant soi peu eu égard à l’aire dite musulmane dans laquelle je vis et où, nombreux sont ceux, comme moi, qui ne comprennent cette énième levée des boucliers contre la diffusion d’un produit culturel, intellectuel et politique par ceux-là même qui n’ont pas hésité à mettre le feu à la poudrière lors de l’affaire des caricatures du Jyllands-Posten au Danemark, de celle du journal Charlie Hebdo en France, d’égorger en pleine rue le réalisateur, Theo Van Gogh, en 2004 pour son film Submission, consacré à la place de la femme dans la religion musulmane, la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, scénariste du film, avait aussi été menacée et a quitté les Pays-Bas pour s’installer depuis à Washington….

En somme, des obscurantistes à l’affût de la moindre occasion pour semer la terreur et exacerber des tensions provenant des frustrations multiples d’ordre social, économique et politique dans le sens où, personne n’en disconvient, tous les peuples vivants dans les pays dits musulmans croupissent sous le poids des dictatures qui se maintiennent par la corruption, la misère, l’endoctrinement, le musellement de la liberté d’expression comme c’est le cas dans mon pays avec les récentes condamnations arbitraires de deux journalistes du quotidien El Watan et enfin, par la désinformation qui travestie la liberté d’expression dans le monde occidental pour en faire une supposée velléité de nuire et/ou d’agresser le musulman et sa conscience; une conscience déjà entièrement désintégrée par les régimes politiques musulmans et par l’internationale intégriste islamiste dont la volonté de prolonger ses tentacules sectaires et obscurantistes aux quatre coins de la planète prend appuis sur la violence aveugle, l’assassinat par égorgement, les viols collectifs sur des filles de 08 à 88 ans, des massacres collectifs…etc. livrés au préalable aux citoyens épris de justice et de liberté dans ces mêmes contrées.

Ce sont ces gens-là, incapables qu’ils sont de débat et de production intellectuelles et culturelles pour, tout simplement et en guise de réponses, exposer des points de vue différents, qui, en « terre d’islam » vont jusqu’à interdire, souvent sous peine d’exécution, à quiconque d’embrasser une religion autre que l’islam ou, pire, d’affirmer son athéisme.

L’affaire de l’ancien président de l’Eglise Protestante d’Algérie, le pasteur américain Hugh Johnson, 75 ans et établi en Algérie depuis 45 ans qui vient d’être sommé de quitter le pays après une campagne inquisitoriale à coup de persécution pour dénoncer ‘’l’évangélisation du pays’’ au mépris de la constitution et des pactes internationaux signés par l’Algérie garantissant la liberté de culte et la liberté de conscience sont là pour mettre au grand jour l’ambivalence de l’intégrisme qui revendique ailleurs ce qu’il interdit « chez-lui ».

Il y’a lieu de rappeler l’assassinat, après deux mois de séquestration, des sept moines du monastère de Tibhirine enlevés par le GIA dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 ou encore ce directeur exemplaire d’une école primaire en Kabylie qui vient d’être radié en décembre 2007 en raison de sa conversion au christianisme…

C’est vous dire que les fondements séculaires et laïques d’une Europe en proie au doute que les courants réactionnaires islamistes menacent de détruire au nom d’une notion de « respect » qu’ils piétinent sans état d’âme en « terre d’islam » à travers notamment « le délit de blasphème » qu’ils revendiquent de promulguer aux niveau de la législation onusienne en parfaite symbiose, devrions-nous le préciser, avec les autres extrémistes qui émargent dans les autres religions monothéistes et autres (Christianisme, judaïsme, Bouddhisme…) et qui, s’ils y parviennent, marquera un net recul des libertés individuelles et collectives, de la liberté d’expression et de conscience en Europe qui s’en mordra longtemps les doigts d’avoir permit, au nom de la tolérance et de la liberté, à la régression d’élire domicile sur son sol. Winston Churchill aurait été mieux inspiré s’il avait parlé de « l’Europe » en place et lieu de « l’espèce humaine » lorsqu’il lâcha cette sagesse: « La principale leçon de l’Histoire est que l’espèce humaine est incapable d’apprendre. »

Halim AKLI

Militant laïque (Algérie)

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