Geert Wilders et le sang versé au nom du coran

Publié le 13 février 2008 - par

Il a toujours été interdit de critiquer ouvertement l’islam, c’est à dire le coran et Mahomet. En terre d’islam, du Maroc à l’Indonésie, ce principe est le pilier n° 1 de toutes les constitutions, si tant est ces pays en sont dotés.

En Europe, on a cru pouvoir ignorer ce principe. Mais bien des affaires, comme celles de Rushdie, Houellebecq, Van Gogh, Redeker, caricatures danoises, Ayan Hirsi Ali, Geert Wilders etc. viennent nous le rappeler de façon récurrente et douloureuse, si ce n’est tragique. Le bras armé et toujours menaçant de l’islam, délivre ses condamnations à travers des imams -comme Khomeiny-, des autorités officielles -comme les jurisconsultes et les ambassadeurs- ou tout simplement par le biais de communiqués, plus ou moins anonymes, diffusés sur la toile et les chaînes de télévision par satellite.

Le soin de l’exécution est laissée au choix opportuniste des musulmans de la base, sens réel et premier du mot « Al-Quâïda », de ceux qui se considèrent solidaires de la communauté musulmane à travers le monde entier.

Pendant que Rama Yade reçoit Ayan Hirsi Ali à Paris et lui promet une protection européenne, Geert Wilders, son compatriote Néerlandais, député lui aussi comme elle l’a été, suscite des craintes et des remous avant même de diffuser le film qu’il a promis au sujet du coran.
Rappelons-nous :

 Ce sont les versets sataniques qui ont valu à Rushdie sa condamnation à mort.

 C’est la critique du rapport qu’il peut y avoir entre l’appel au jihad, lancé maintes fois par le coran, et sa manifestation dans l’histoire islamique, qui a valu à Redeker les menaces que l’ont connaît.

 C’est la désignation du jihad comme élément constitutif de l’histoire arabe et turque qui avait suscité tant d’exactions après le discours prononcé par Benoît XVI à Ratisbonne. C’est de cette façon qu’il préparait sa visite de clarification en Turquie.

 Ce sont les versets coraniques projetés sur le corps d’une femme battue qui ont valu à Van Gogh les coups de pistolet et le couteau dans le dos.

 Ce sont ces mêmes versets qui ont valu à Ayan Hirsi Ali (scénariste du film réalisé par Van Gogh) les menaces qui l’obligent à vivre sous protection permanente.

C’est au nom de ces versets que le sang est versé ou risque d’être versé ; depuis l’an 1 de l’islam jusqu’à aujourd’hui. C’est bien cela que Geert Wilders promet de mettre en images pour mieux nous déciller. Il se peut que l’Europe soit aujourd’hui dans le coma et qu’elle ait besoin de fortes gifles pour ouvrir les yeux, se réveiller et retrouver un regain de vitalité.

Ces affaires qui se suivent et se ressemblent ne sont plus de simples lubies d’esthètes, d’intellectuels ou de politiciens. Il ne s’agit plus d’affaires purement diplomatiques et de relations tendues avec l’Iran, la Syrie ou l’Indonésie. Il s’agit bel et bien de nos affaires intérieures et citoyennes. Aujourd’hui, nous musulmans, nous sommes aussi des Européens à part entière. Nous vivons, nous débattons, nous militons, nous combattons, nous gouvernons, nous nous engageons et nous mourons ici ; parmi nos voisins et concitoyens Européens. Mohammed Bouyeri, l’assassin du cinéaste Theo van Gogh, est bel et bien Néerlandais, même si ses parents sont Marocains d’origine. La police qui avait pourtant infiltré son important réseau terroriste à Hofstad ne s’inquiétait pas à son sujet. Motif : il aurait eu très peu de contacts à l’étranger !

Hier, le 12 février 2008, nous avons appris que la police danoise venait de déjouer un projet d’attentat contre le caricaturiste qui avait osé représenter Mahomet avec un turban explosif. En faisant abstraction de l’appartenance politique et idéologique des différents acteurs et victimes de cette tragédie musulmane en Europe, nous pouvons enfin comprendre qu’il s’agit là d’affaires très sérieuses qui remettent en question les fondements même de ce qui a fait l’originalité de l’Europe moderne : la critique sans merci des religions et des idéologies.

La confession chrétienne d’un Redeker ou d’un Benoît XVI nous importe peu. Il est tout aussi ridicule d’interroger la confession de Rushdie ou celle d’Ayan Hirsi Ali. Ce qui nous importe c’est bien leur liberté et l’impertinence dont Charlie Hebdo fait montre vis-à-vis du christianisme. Ce qui nous importe c’est aussi leur droit de s’exprimer librement pour critiquer l’islam, officiellement présenté et représenté comme deuxième religion de France. M. Geert Wilders pose une question qui dérange : quelle relation y a-t-il entre la violence du texte coranique et la violence qui se manifeste dès qu’on le critique ouvertement ?

Pour continuer à faire semblant de dormir tranquillement, nous pouvons bien sûr nous consoler en disant que ce parlementaire cherche à faire un coup d’éclat, un coup médiatique pour gagner plus de voix sur le dos de l’immigration musulmane en Hollande. Mais le problème ne se situe pas uniquement à ce niveau là. La question est de savoir si nous croyons toujours à la liberté d’expression et si nous sommes prêts à la défendre.

C’est un autre Néerlandais qui nous le rappelle : [« Ahmed Aboutaleb, secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, … a lancé mardi (29 janvier 2008) un appel au calme et au respect de la liberté d’expression. «Laissez-le faire son film, a-t-il affirmé. Je crois au pouvoir de la discussion et il n’y a pas meilleur détergent que la démocratie.» » [http://www.liberation.fr/actualite/monde/307186.FR.php->http://www.liberation.fr/actualite/monde/307186.FR.php]

Pascal Hilout

Initiateur du [nouvel islam en France-> http://nouvel-islam.org]

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