Grâce au maire de Montluel, nous avons désormais des référendums religieux en France !

Montluel, commune française de 7 000 habitants, dans l’agglomération lyonnaise, fait de nouveau parler d’elle, son maire, Jacky Bernard, ayant, une fois encore, bafoué la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat en organisant un «référendum religieux» sous la pression de la communauté musulmane.
En effet, le samedi 30 mai 2009, la communauté musulmane de Montluel, qui avait manifesté, le 10 avril dernier, sur le parvis de la mairie, pour dénoncer la vétusté et l’exiguïté de sa mosquée, vit ses efforts récompensés en étant conviée à choisir entre trois propositions : soit la réfection et l’agrandissement de la mosquée actuelle ; soit la mise à disposition, par la commune, d’un terrain dans le quartier de La Maladière, avec construction d’une mosquée ; soit l’achat, par l’association cultuelle, d’un terrain de 3 500 m², situé à l’extérieur du quartier, pour y bâtir une mosquée. Le choix devait donc porter sur la rénovation et l’extension de la mosquée existante ou sur l’obtention d’une nouvelle mosquée. En d’autres termes, la communauté musulmane devait voter pour une mosquée ou… une mosquée ! Résultat : sur les 329 votants, 96 % ont opté pour la construction d’une mosquée dans leur quartier ! Tiens donc !
Et le maire de se féliciter de la forte participation musulmane, comme s’il pouvait s’attendre à autre chose ! Demander aux musulmans s’ils sont pour ou contre la construction d’une mosquée, n’est-ce pas poser une question dont on connaît la réponse ? Et s’il en est ainsi, n’est-ce pas demander soi-même une mosquée ?

Une telle démarche est évidemment scandaleuse par son caractère illégal et incohérent : illégal, puisque le demandeur est un élu de la République et que «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte» (Loi du 9 décembre 1905, article 2) ; incohérent, puisqu’elle donne à choisir entre oui et oui ! Tant qu’à faire, pourquoi ne pas demander aux musulmans vivant en Europe s’ils sont pour ou contre l’islam en Europe ; aux juifs s’ils sont pour ou contre les synagogues ; aux chrétiens s’ils sont pour ou contre la célébration de leur culte ; aux athées s’ils sont pour ou contre les sermons religieux ; aux étrangers s’ils sont pour ou contre le droit de vote des étrangers ; aux homosexuels s’ils sont pour ou contre l’homoparentalité… ?
En réalisant, dans une commune de France, la première d’un référendum exclusivement musulman, monsieur le maire a méprisé d’un seul coup les habitants de sa commune – qui ne sont pas tous musulmans – et les Français attachés aux valeurs laïques et républicaines. Il a même fait pire, en instaurant une «démocratie» fondée sur le diktat religieux et l’allégeance aux communautés ! Que peut signifier, en effet, une approbation à 96 %, sinon que la «démocratie islamique» est une caricature de démocratie ? Ne venons-nous pas de créer un précédent d’autant plus inquiétant qu’il risque de devenir l’argument «juridique» des revendications musulmanes ? Comment croire que les musulmans de la Côtière des Dombes – et, par suite, de la France entière – ne vont point être tentés de faire jurisprudence de ce traitement communautariste ? Que se passera-t-il si les membres du conseil municipal chargés de statuer sur ce référendum ne donnent pas suite ? Quelle liberté laïque et républicaine auront-ils lors de la séance publique du 18 juin, face à la présence massive des personnes consultées ?
Certes, ce référendum n’a aucune valeur légale pour contraindre le maire à céder aux injonctions de la communauté musulmane. Mais quel maire est aujourd’hui capable de s’opposer victorieusement aux exigences religieuses de cette communauté ? Le seul fait de mettre un terrain communal à la disposition des musulmans pour qu’ils y implantent une mosquée révèle déjà le degré de dhimmitude de l’élu en question – comme, d’ailleurs, de la plupart de ses confrères, qui n’en sont plus à une violation près de la loi de 1905.
Eh oui, cette initiative référendaire est une lâcheté supplémentaire qui souligne à la fois l’illogisme d’une République ne respectant plus la laïcité, et les aberrations insoupçonnées auxquelles nous conduit ce non-respect. D’une part, en effet, il a bien fallu déclarer «musulmans» des électeurs dont les papiers d’identité ne portent nulle mention religieuse, ce qui revient à dire qu’ils furent déclarés «musulmans» au faciès ! D’autre part, il a bien fallu qu’un maire s’adressât à ses compatriotes en les qualifiant de «musulmans» – comme naguère le Président de la République ! – ce qui indique qu’il y a «une» communauté musulmane «en France», autrement dit, qu’il n’y a pas d’intégration musulmane !
Continuons ainsi, et le prochain vote sera pour l’application de la charia ! Je parie même que monsieur le maire y souscrira !
Maurice Vidal

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