Guérilla à Grenoble : qu’attend-on pour « nettoyer au Kärcher » ?

Publié le 19 juillet 2010 - par

L’histoire tourne en boucle sur vos radios et vos télévisions. Deux malfaiteurs braquent le casino d’Uriage-les-Bains (Isère), et dérobent quelques dizaines de milliers d’euros. Un butin somme toute modeste par rapport aux moyens employés. En effet, ces deux bandits d’origine musulmane sont armés de pistolets-mitrailleurs Uzi d’origine israélienne – sans que les partisans du « boycott » des produits de l’« entité sioniste » s’en émeuvent… – bien plus coûteux au marché noir mais ô combien plus maniables et efficaces que les classiques Kalachnikov prisées par les talibans et les nouveaux braqueurs hexagonaux. Ils étaient également munis de gilets pare-balles. Je souris sous cape en me rappelant cette émission de « C dans l’air », il y a quelques années, où le criminologue Alain Bauer démentait l’existence de dépôts d’armes de guerre dans les « cités sensibles »…

Et que font ces deux malfrats une fois leur braquage terminé ? Ils ne vont pas imiter les maffieux corses ou italiens qui sévissaient jadis dans notre pays, et qui avaient des « planques » pour se « mettre au vert », au sens propre comme au figuré, puisqu’ils allaient disparaître dans des abris campagnards après chacun de leurs méfaits. Non, les deux braqueurs du casino d’Uriage-les-Bains vont tout simplement… retourner chez eux, là où ils habitent, non pas à la campagne mais à la ville, dans la « cité sensible » de la Villeneuve à Grenoble.

Curieux, non ? Pas du tout ! La suite des événements nous éclaire sur cette attitude qui pourrait paraître suicidaire : ces deux bandits retournent « chez eux » tout simplement parce qu’ils pensent y être protégés, « comme un poisson dans l’eau ».

La police les poursuit jusque dans cette zone de non-droit, et après un échange de tir où des policiers sont blessés, Karim Boudouda meurt. On apprend que cet individu âgé de seulement 27 ans a déjà été condamné trois fois aux assises pour vol à main armé. On peut s’interroger sur le fait qu’il ne croupisse pas en taule…

Que fait alors la population locale ? Condamne-t-elle les malfaiteurs violents et aide-t-elle la police ? Tout au contraire, une partie d’entre elle, de tout âge, femmes et hommes, prend fait et cause pour eux. Une vieille dame accuse les « flics » d’être à l’origine des violences et les invite à « rentrer chez eux ». Une voilée intégrale les traite de « chiens ». Une cinquantaine de « jeunes » écoutent avec piété la prière d’un imam pour le défunt, puis passent à l’offensive : attaque d’un tramway et de mobilier urbain à coup de battes de base-ball, multiples incendies (dont une soixantaine de voitures en une seule nuit) et pillages. Les CRS tentent de circonvenir ces petits groupes de racailles qui cassent tout sur leur passage, en vain.

Les forces de l’ordre se font tirer dessus à balles réelles, trois nuits de suite, par des armes de poing et des armes automatiques. On veut les tuer. Un policier témoigne : « Les jeunes m’ont dit : vous avez tué un des nôtres. De toutes les manières, vous êtes une sale race, on va vous tuer aussi. » Et également : « Tout ce qui est européen, on va tirer dessus. »

Voilà l’explication de l’attitude des deux malfaiteurs : ils savaient qu’ils pouvaient compter, dans leur cité, sur la complicité active ou passive de la population soit acquise à leur cause soit terrorisée, sur fond d’une haine et d’un racisme explicite contre les « blancs », les Français, les « kouffar ». L’idéologie islamique et jihadiste au service du grand banditisme !

Ce n’est pas nouveau. Cette méthode de jouer la complicité de semblables de « classe » ou d’ethnie a été théorisée par Mao Tsé Toung lors de sa Grande marche : le soldat rebelle doit être « comme un poisson dans l’eau » parmi les populations civiles. Ce principe fut appliqué avec efficacité par le Viet-Minh indochinois, puis par le FLN pendant la Guerre d’Algérie. Il fallait alors convaincre les paysans des bleds de la justesse de la cause, et évidemment terroriser tout récalcitrant à coup de tortures et de meurtres. Le but était de créer un havre pour les terroristes en retour d’opération, où ils pouvaient se cacher, se reposer, manger et dormir, planquer leurs butins, stocker des armes et des munitions, avant de repartir au combat.

Les islamistes utilisent exactement la même méthode, en Afghanistan, en Algérie, en Egypte, etc., et maintenant en France. Le voilement des femmes et des jeunes filles, la lapidation de celles qui osent encore se vêtir à l’occidentale, la chasse aux commerçants vendant du porc ou de l’alcool, procède du même terrorisme et des mêmes objectifs que ceux de l’ALN algérienne qui coupaient le nez et les lèvres des fumeurs musulmans, qui égorgeaient les femmes musulmanes fréquentant des « gaouri », ou coupaient les testicules des fonctionnaires musulmans qui travaillaient pour « les Français » dans les villages. Ils attaquaient les écoles et leur personnel, et tout ce qui pouvait représenter le pouvoir colonial : gendarmeries, autobus, EDF et dépôts de gaz, etc. Or on constate exactement le même type de cibles dans nos banlieues hexagonales ! Les mêmes principes produisent les mêmes effets.

Ce qui vient de se passer à Grenoble relève donc bien plus de la guérilla et de la guerre civile que du grand banditisme. Or nos politiques de droite comme de gauche – sauf quelques exceptions notoires comme Xavier Lemoine ou Jacques Myard – refusent de nommer les choses, tout comme on a longtemps refusé de nommer la Guerre d’Algérie. Le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur place, comme à chaque fois, et comme à chaque fois depuis des années il répète les mêmes incantations vaines : on rétablira l’ordre républicain etc., sauf que ses prédécesseurs dont en particulier un certain Nicolas Sarkozy nous on fait le coup des dizaines de fois. Le « Kärcher » ne marche pas, et la situation continue à empirer.

Pas mieux à gauche. Le député-maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, réclame un « Grenelle de la sécurité urbaine qui réunisse, aux côtés des ministres compétents, les principaux élus et les préfets afin qu’une stratégie commune soit élaborée, notamment en terme d’affectation de moyens. » C’est l’antienne de la gauche : plus de moyens, de policiers ! On croit entendre Karim Zeribi, conseiller municipal des quartiers nord de Marseille, qui à chaque « fait divers » impliquant des jeunes issus de l’immigration musulmane, réagit dans l’émission « les Grandes gueules » sur RMC en demandant encore plus de policiers, mais sans jamais porter la moindre analyse sur le caractère ethnique et culturel de la délinquance marseillaise. Et pas un mot sur la complicité de la population locale avec les barbus et le grand banditisme ! Il est vrai que Karim Zeribi est un peu mal placé pour dénoncer tout cela, puisqu’il a bénéficié des mêmes achats de voix musulmanes que sa colistière et amie socialiste Sylvie Andrieux mise en examen pour des financements publics d’associations fictives dans ces mêmes quartiers par le Conseil général et la Région PACA.

Et on pourrait multiplier les exemples, à droite comme à gauche. Il y a de nombreux élus qui sont réalistes, et peut-être plus que nous puisqu’ils bénéficient de toutes les informations nécessaires par les services du Renseignement intérieur. En privé, ils se confient parfois, mais en public, c’est la « takia » à tous les étages. Il ne faut pas dire que la France est en état de guérilla, voire de guerre civile. Non seulement il ne faut pas « faire le jeu du Front National », mais ils savent pertinemment que soulever le couvercle mettrait en évidence leur lâcheté passée.

Alors ils font semblant. Ils feignent de croire que la délinquance actuelle est une délinquance « ordinaire », propre à toute société, et ils nient son caractère endémique, hyper violent, ethnique et culturel, malgré la multiplication des « faits divers » de plus en plus sanglants et racistes, et aujourd’hui quotidiens. Leurs seuls remèdes, c’est l’excuse sociale qui ne tient plus la route, c’est la multiplication de lois au coup par coup et plus inefficaces les unes que les autres, ou le refuge dans l’appel à une répression « ordinaire », policière et judiciaire, dont on constate pourtant l’inefficacité. Et ils sont bien obligés de le constater aussi !

La solution, nous la connaissons. Des policiers et des criminologues nous le disent. Nous avons affaire à une guérilla qui prend des allures de guerre civile, donc la solution n’est plus place Beauvau ou chez la garde des Sceaux, mais chez les militaires. Cela fait d’ailleurs vingt ans que notre armée se prépare à une « bataille d’Alger » à la puissance dix, qu’elle la répète sans cesse, parfois en vraie grandeur. Elle a un savoir-faire incontestable dans le domaine de la lutte anti-guérilla, en particulier dans la « guerre psychologique » contre le « poisson dans l’eau », et d’ailleurs ses faits d’armes en Algérie sont enseignés dans toutes les écoles militaires du monde. Même l’armée israélienne, elle aussi en contact avec les mêmes problèmes sur son territoire, vient prendre des leçons chez nous.

Il reste à trouver l’homme (ou la femme) politique qui osera « appuyer sur le bouton » (selon l’expression du maire PS d’une grande ville de France). Les électeurs de Nicolas Sarkozy avaient pu penser qu’il était l’homme de la situation. Les pantalonnades successives de ses deux ministres de l’Intérieur nous prouvent que ce n’est pas le cas. Ce recul du pouvoir, au plus haut sommet de l’Etat, contribuera à provoquer la même conséquence que lors de la Guerre d’Algérie : une crise de régime, avec tous les risques que cela comporte. Mais avons-nous encore le choix ?

Roger Heurtebise

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