Halde-là ! 20. Après la promotion du voile, celle de la viande hallal !

Publié le 20 mai 2008 - par - 559 vues
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Il y a une vingtaine d’années, je recevais en entretien d’embauche une jeune candidate à un poste de responsable de chantier. Ses compétences en informatique industrielle et en gestion de production, ainsi que ses qualités humaines convenaient parfaitement. Au cours de la conversation, elle m’a dit que comme elle était de confession juive, elle ne pouvait pas travailler le samedi. J’aurais pu lui expliquer que des impératifs techniques nous obligeaient occasionnellement à travailler le week-end, ou dans la nuit, afin de ne pas perturber le fonctionnement des entreprises clientes. Mais j’ai été bien plus direct. Je lui ai dit que les revendications religieuses n’avaient rien à faire chez nous, et je lui ai désigné la porte de sortie. Elle a dû comprendre mes arguments, puisqu’elle est immédiatement passée à autre chose, et nous avons continué notre conversation. Finalement, elle a été embauchée, et elle a travaillé comme chacun d’entre nous, y compris le samedi quand c’était nécessaire.

Aujourd’hui, grâce à la HALDE et à l’Union Européenne, cette neutralité laïque en entreprise serait-elle encore possible ? On peut en douter, puisque les lobbies communautaristes nous imposent des lois des plus ubuesques sur les « discriminations », et obligent les employeurs – mais aussi les enseignants, les responsables administratifs, etc. – à se plier aux « convictions religieuses » même les plus communautaristes.

Examinons par exemple la délibération de la HALDE n° 2008-10 du 14 janvier 2008 (1), qui est un summum du genre. La « haute autorité » explique la version du plaignant :

« Le 27 mars 2007, le réclamant a été reçu en entretien par Madame Z pour un poste d’animateur en classe de mer. Durant cet entretien, le recruteur aurait sollicité l’avis du candidat concernant les régimes alimentaires prescrits pour motif religieux et lui aurait demandé s’il consommait de la viande au moment des repas avec les enfants. Le réclamant aurait indiqué à Madame Z que cette question ne lui avait jamais été posée dans les autres
centres de vacances ou de loisirs et aurait répondu à l’intéressée qu’il consommait de la viande hallal. Monsieur X n’a pas été recontacté par l’association Y. L’intéressé estime que sa candidature a été rejetée en raison de ses convictions religieuses. »

On remarque que la HALDE relate cette version des faits au conditionnel. C’est « parole contre parole », et donc l’entreprise accusée devrait avoir le bénéfice du doute. Pas du tout ! La HALDE explique dans sa délibération que le centre de vacances n’a pas précisé ses critères de recrutement réclamés par l’officine para-policière et para-judiciaire ; alors que l’embauche est contractuelle en France, c’est-à-dire qu’un employeur n’a pas à justifier des motifs d’acceptation ou de refus d’une candidature. Mais pour la HALDE, c’est systématiquement une cause aggravante quand une entreprise refuse de cracher le morceau.

Sur le fond de l’affaire, c’est-à-dire les repas partagés avec les enfants, la HALDE estime :

« En l’espèce, s’il peut paraître justifié de demander aux animateurs des centres de vacances et de loisirs de participer aux repas et de goûter les aliments, notamment avec les jeunes enfants, il en va autrement lorsque l’employeur impose aux animateurs un régime alimentaire en partageant les repas avec les enfants, dans des conditions strictement identiques. »

C’est totalement ubuesque : cet employeur peut demander à ses animateurs de goûter les repas et d’y « participer », mais il ne peut pas puisque ce serait alors « imposer un régime alimentaire » en « partageant » ces repas. Il faudrait donc que ces animateurs « participent » à des repas sans les « partager » ? La HALDE n’hésite pas à écrire des stupidités flagrantes. Ou alors, veut-elle dire que l’animateur « hallal » (ou « casher » !) devrait « participer » à ces repas, mais pas dans des « conditions strictement identiques » ? Faut-il que ce centre de vacances prépare des repas « hallal » ou « casher » ou autres selon les lubies religieuses des uns et des autres ? L’animateur doit-il se contenter de faire tapisserie aux repas, en y « participant » sans le « partager » ? C’est tout à fait l’inverse du vivre ensemble !

La HALDE poursuit :

« Cette règle a pour effet d’entraîner un désavantage particulier pour des personnes désireuses de suivre un régime alimentaire, en raison de leurs convictions religieuses ou de leur état de santé. »

Ainsi, le centre de vacances doit se conformer aux « désirs » alimentaires de ses animateurs, même les plus farfelus. On remarque que la HALDE met sur le même plan des impératifs de santé qui peuvent amener à des régimes particuliers, et les « convictions religieuses », alors que ces deux causes de « régimes alimentaires » sont de natures totalement différentes. En effet, un état de santé (allergies, obésité, etc.) peut effectivement obliger une personne à ne pas consommer tel ou tel aliment, alors que les régimes alimentaires « religieux » ne relèvent que du libre choix des personnes.

Et dans le cas d’espèce, le « régime » du candidat est objectivement un choix qui ne relève que de la superstition religieuse. En effet, il ne s’agit même pas de régime végétarien ou sans porc : le plaignant précise « qu’il consommait de la viande hallal ». Quelle est la spécificité de cette « viande hallal » ? C’est que les animaux ont été tués selon un certain rite, avec des imprécations divines propres à la religion musulmane et un tribut payé aux mosquées qui donnent l’agrément hallal. La « viande hallal » a donc strictement les mêmes qualités gustatives, diététiques, sanitaires, etc. que la viande non hallal, et d’ailleurs l’origine des viandes est la même.

Refuser de partager le repas commun, c’est également refuser de manger avec des « impurs » qui mangeraient – selon l’islam ou le judaïsme intégriste – n’importe quoi. Tout comme les revendications de robinets séparés dans les écoles ou le marquage des musulmanes par le hijjab, il s’agit de pratiques tout à fait contraires aux valeurs de vivre ensemble et d’égalité. Ces « convictions religieuses », ce sont de véritables discriminations contre les « mécréants », et la HALDE qui devrait lutter contre les discriminations dit amen (ou « amine ») à ces desiderata sectaires. On marche sur la tête !

La revendication du candidat est donc totalement subjective, dogmatique et intolérante, et n’est fondée sur aucun motif objectif, contrairement à celle d’un régime pour « état de santé ». Dès lors, il est curieux que la HALDE oppose à l’entreprise l’article L.120-2 du Code du travail : « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ».

En effet :

– En demandant à ses animateurs de « partager » les repas des enfants, le centre de vacances justifie de « la nature de la tâche à accomplir ».

– Qui impose ici une « restriction » ? L’entreprise, ou au contraire le candidat qui refuse de se plier aux règles communes de l’entreprise et qui impose aux autres son comportement sectaire ?

– Et cette « restriction » imposée par ce candidat, est-elle « proportionnée » dans le cas d’espèce, alors qu’elle ne repose que sur une crédulité religieuse sans aucun fondement rationnel ?

La HALDE ne s’embarrasse pas d’instruire le dossier à charge et à décharge, ou à mesurer ni la « proportionnalité » de la revendication religieuse du candidat, ni le « but recherché » par le centre de vacances en voulant que ses animateurs participent tous aux repas communs. Pour l’officine d’Etat, il « peut » (sic !) y avoir discrimination :

« En conséquence, le Collège de la haute autorité constate que la procédure de recrutement méconnaît l’article L. 121-6 du Code du travail et peut avoir pour effet une sélection des candidatures sur la base de critères discriminatoires. »

La HALDE ne juge pas si le centre de vacances discrimine ou non, mais s’il « peut » discriminer ! On ne saurait mieux faire un procès d’intention ! Et l’officine de Louis Schweitzer va alors aligner ses « décisions »… tout à fait « disproportionnées » :

« Le Collège de la haute autorité recommande à l’association Y de mettre en place une procédure objective et transparente de recrutement, ce qui implique une sélection des candidats fondée sur l’appréciation objective des compétences au regard des postes proposés, à l’exclusion de tout critère prohibé par la loi, et ce dans un délai de 3 mois à compter de la notification de la présente délibération et d’en justifier à la haute autorité. »

Autrement dit, exit la liberté contractuelle d’embauche : l’association doit se plier au diktat soviétoïde de la HALDE en matière de recrutement.

« Le Collège de la haute autorité recommande également à l’association d’examiner à nouveau la candidature de Monsieur X dans un délai de 2 mois à compter de la notification de la présente délibération et d’être tenu informé des suites de ce réexamen. »

L’entreprise va donc re-convoquer le candidat « hallal », et après ? Le poste est sans doute déjà fourni, puisque le premier entretien date de dix mois avant la « délibération » de la HALDE. Et en quoi ce nouvel entretien va-t-il apporter une nouvelle « chance » pour le plaignant, alors qu’il a sans doute irrité l’association par sa plainte à la HALDE, et par le harcèlement juridique de celle-ci ?

« Le Collège de la haute autorité recommande au ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports de diffuser auprès des associations soumises à la réglementation relative aux centres de vacances, de loisirs et de placements, une information rappelant les obligations légales prévues pour l’exercice de la fonction d’animateur et de rendre compte à la haute autorité des mesures prises à cet égard dans un délai de 3 mois à compter de la notification de la présente délibération. »

Ainsi, à cause de la superstition alimentaire d’un candidat à l’embauche dans un centre de vacances et de sa version conditionnelle des faits, la HALDE somme le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports de diffuser une information à TOUTES les associations concernées par ce type d’embauche ! Et évidemment, aux frais du contribuable alors qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat… Cette décision « disproportionnée », dispendieuse et inutile est totalement irresponsable. Mais qui arrêtera cette gabegie des deniers publics ?

Cette délibération de la HALDE pose le problème de fond des revendications communautaristes sous couvert de « convictions religieuses », qui, rappelons-le, ne dépendent que du choix personnel des intéressés. Ainsi, la HALDE, après avoir pris moult décisions en faveur de soldates du voile islamique, justifie maintenant les revendications alimentaires les plus irrationnelles qui soient, toujours sous couvert de non-discrimination religieuse.

Et comme souvent, la HALDE va bénéficier du soutien des officines de l’Union Européenne, là encore en dehors de tout contrôle citoyen.

En effet, nos parlementaires qui ne font plus la loi en France sont obligés de se plier à toutes les lubies de la Commission Européenne… sous peine de sanctions. Le 25 mars, l’Assemblée Nationale devait ainsi transposer en droit français trois « directives » (sic !) européennes en matière de discrimination (2). Ce qu’elle a fait derechef. Mais les sénateurs, soumis à leur tour le 10 avril à ces projets de lois (ou plutôt à ces diktats de Bruxelles), ont osé modifier les textes proposés qu’ils jugeaient trop dangereux, d’une part en instituant une sorte de délit d’intention, et d’autre part en favorisant des revendications communautaristes.

Les amendements votés par le Sénat – donc par sa majorité présidentielle UMP – n’ont pas plu à Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité. Elle a rappelé aux sénateurs qu’il fallait obéir à Bruxelles et transcrire ses versets dogmatiques à la lettre, sinon la France serait encore condamnée financièrement par la Cour de Justice européenne. C’est comme ça dans l’Europe soviétisée ! Et donc, on a réunit une commission mixte paritaire le 13 mai, qui a tout simplement annulé les amendements votés par le Sénat contraires au texte « européen ». Le Sénat a adopté le nouveau texte (ou plutôt le texte européen initial) le 15 mai, privant ainsi une fois de plus la France de faire la loi chez elle.

Mais quelles étaient les principales réserves du Sénat ?

La première portait sur la définition de la « discrimination directe » : « une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne le serait dans une situation comparable ». Les sénateurs ont estimé que le conditionnel « serait » revient à juger des faits totalement hypothétiques, ce qui est contraire au droit. Qu’à cela ne tienne ! le conditionnel a été remplacé par le futur antérieur dans la version française du diktat de Bruxelles : « une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable ». On ne jugera plus donc de faits hypothétiques, mais de faits futurs et non encore avérés. Les juristes et les linguistes auront quelques difficultés à expliquer la nuance…

La seconde réserve du Sénat porte sur la définition de la « discrimination indirecte », une nouvelle notion créée par Bruxelles et déjà largement appliquée par la HALDE : « Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d’entraîner, pour l’un des motifs mentionnés à l’alinéa précédent, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d’autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés. »

Le Sénat voulait simplement remplacer l’expression « susceptible d’entraîner » par « entraînant », afin qu’on ne juste pas sur des hypothèses mais sur des faits. La commission mixte paritaire a rétabli le « susceptible d’entraîner ». La HALDE pourra ainsi mieux intenter tous ses procès d’intentions discriminatoires. Merci l’UE !

Et l’Union Européenne a même créé un site internet pour nous donner des exemples de « discriminations indirectes », et l’on retrouve une fois de plus l’exemple du voile islamique (3) :

« Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu’elle leur demande de livrer ou d’aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n’est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l’encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu’il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu’ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d’interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d’une discrimination indirecte, à moins qu’il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime. »

Remarquons l’analogie avec la délibération de la HALDE qui met sur le même plan les régimes pour cause rationnelle et objective de santé et les prescriptions alimentaires irrationnelles et subjectives des religions. En effet, l’UE compare la « discrimination indirecte » hypothétique envers des handicapés ne pouvant conduire des véhicules, avec celle qui résulterait de « convictions religieuses » qui « obligent » (sic !) les femmes musulmanes à se voiler. Or contrairement au handicap ou à l’état de santé, rien ni personne n’oblige quiconque à ne manger que de la viande tuée selon tel ou tel rite religieux, ou à se couvrir la tête, si ce n’est le choix libre des personnes concernées.

Les prescriptions les plus fantaisistes de l’islam – ou du judaïsme ou d’autres religions – deviennent ainsi, pour la HALDE comme pour l’UE, des sortes d’« obligations » objectives qui s’imposent aux individus. Et quiconque s’y opposera devra donner un « motif objectif et légitime », tandis que la personne appliquant sa religion d’une manière intégriste et irrationnelle n’a strictement aucun « motif objectif et légitime » à donner. On légitime et on « objective » tout simplement la charia et tous les autres obscurantismes religieux, même les plus farfelus. Le communautarisme individuel imposé à l’entourage dans les entreprises, les administrations, l’espace public, a force de loi – c’est le cas de le dire – sur toutes nos valeurs de vivre ensemble et de laïcité.

Evidemment, la HALDE et l’UE multiplient l’adjectif « objectif », alors que comme nous l’avons vu par de nombreuses délibérations, l’« objectivité » de la HALDE est très subjective, et à sens unique ! Les nouvelles lois votées sous la contrainte européenne par nos parlementaires ouvrent le champ à tous les abus, et bien évidemment à toutes les micro avancées permanentes des islamistes dans toute la société civile française (4).

Car après le foulard islamique et la viande hallal, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? C’est exactement l’objectif des intégristes religieux. Les « convictions religieuses » serviront de prétextes à l’aménagement d’horaires pour le jeûne du ramadan, le shabbat, la prière à heures imposées, les vêpres, puis au refus de serrer la main à des clientes, au refus de partager un repas d’entreprise, au refus de se trouver en tête-à-tête avec une personne du sexe opposé, à la volonté de ne se faire soigner à l’hôpital que par des femmes, etc.

L’entreprise ou l’administration, ou même le quidam qui refuse ces revendications devra systématiquement justifier d’un « motif objectif et légitime », et les pseudo juges de la HALDE n’auront aucune peine à expliquer que l’hypermarché peut très bien aménager ses horaires en fonction des prescriptions d’Allah ou de Bouddha, que l’uniforme n’est pas « objectif et légitime » dans une compagnie de taxis ou à la Poste, que des animateurs de centre de vacances peuvent ne pas « participer » aux repas avec les élèves, qu’on peut être une parfaite commerciale avec un voile intégral et intégriste, qu’on n’a pas « objectivement et légitimement » à refuser un emploi de baby-sitter à un barbu en pyjama afghan prônant le jihad contre les infidèles (c’est aussi une « conviction religieuse »), etc.

Les revendications intégristes reçoivent l’appui non seulement de la HALDE et de l’UE, mais aussi du ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui n’hésite pas à affirmer devant une assemblée de rabbins européens (5) : « l’Etat doit protéger les traditions cultuelles : je pense à l’abattage rituel que rien ne doit pouvoir remettre en question, même au nom de droits reconnus à la protection animale. »

On remarque en passant que pour la ministre de l’Intérieur, les « droits reconnus » (sic !) ont moins de valeurs que les « traditions cultuelles », même les plus archaïques. On ne saurait mieux dénier à la fois le progrès, la démocratie et… les « droits » (ici de l’animal, mais ailleurs de l’Homme) ! Car si l’on suit un tel raisonnement, on peut dire tout autant : l’Etat doit protéger les traditions cultuelles : je pense à la polygamie et à la répudiation, que rien ne doit pouvoir remettre en question, même au nom de droits reconnus à la femme.

Brigitte Bardot doit se sentir visée, elle qui s’était indignée auprès de Nicolas Sarkozy (alors qu’il était ministre de l’Intérieur) et de Dalil Boubakeur (président du CFCM) que les promesses faites par les instances musulmanes et le gouvernement de respecter la protection animale aient été trahies. Rien ne doit arrêter les lobbies hallal ou casher : ni le respect de la cause animale, ni un centre de vacances qui demande à ses animateurs de partager le repas commun et laïque des enfants ! Tous ceux qui prônent ces valeurs sont des « racistes » et leurs motifs ne sont pas « objectifs », et de moins en moins « légitimes » (et légaux !)

Par contre, égorger vivant un mouton au nom d’Allah ou de Yahvé par contre, ou ne consommer que la viande ainsi sacrifiée pour le bénéfice financier de l’UOIF ou du rabbinat locaux, refuser le « vivre ensemble » avec des « impurs », vouloir imposer le hijjab dans l’entreprise, tout cela ce sont désormais des « motifs objectifs et légitimes » de saper la laïcité française.

Comme nous l’avons maintes fois démontré, ni la HALDE, ni l’Union Européenne, ni Michèle Alliot-Marie ne vont en rien diminuer le communautarisme, mais aussi les discriminations qui en découlent. En donnant raison à toutes les revendications religieuses, même les plus anti-laïques ou intégristes, non seulement ces apôtres de la « tolérance » accentuent l’exclusion de l’Autre (l’impur, le mécréant) et flattent les obscurantismes religieux et leurs dogmes les plus sectaires, mais provoquent des réactions de rejets et des « principes de précaution » qui consistent à discriminer les personnes sur des patronymes ou des origines afin d’éviter de futures hypothétiques revendications d’« accommodements raisonnables » (si l’on peut dire « raisonnables » !) La multiplication des officines de propagande et de lois ubuesques n’y changera rien. Bien au contraire, ce fatras dispendieux discrédite tous ses protagonistes, d’autant plus que le peuple français est désormais dessaisi de tout contrôle démocratique sur ces officines et leurs lois « européennes ».

Devant son assemblée de rabbins, la ministre de l’Intérieur a affirmé sans rire que face aux « grands débats éthiques de notre société, dans l’Europe de demain, la foi (est) une dimension (qui) devra être intégrée si nous voulons dépasser le simple matérialisme qui est peut-être la grande menace » de nos sociétés.

Donc à l’instar de Nicolas Sarkozy, sa ministre de l’Intérieur nous explique en gros que la foi religieuse doit intégrer les débats éthiques de société, autrement dit, que des considérations religieuses peuvent inférer dans nos débats républicains et laïques. C’est le principe même de neutralité religieuse de l’Etat qui est remis en cause par ses plus hauts serviteurs : les dieux des uns ou des autres (ou plus exactement leurs représentants autoproclamés, curés, rabbins et imams) doivent être consultés sur le droit des homosexuels, l’avortement, la bioéthique, le mariage, le divorce, et j’en passe. Quelle régression humaniste et sociale ! MAM voudrait relancer les guerres de religion qu’elle ne procèderait pas autrement.

Et on se demande où est le « débat éthique » dans la viande casher et le foulard islamique ? Où est « la foi » dans ces pinaillages de religiosité des plus « matérialistes » ? Et où la « grande menace » dans nos sociétés où le communautarisme prôné par la HALDE, l’UE et MAM nous conduit à l’affrontement civil ? Ce n’est pas cette pseudo-« foi » qui doit « être intégrée » dans « l’Europe de demain », mais ce sont des individus, quelles que soient leur couleur de peau et leurs origines, qui doivent « être intégrés » à NOTRE société laïque, républicaine et égalitaire. C’est le seul moyen « objectif et légitime » de préserver la paix sociale et d’éviter le vrai racisme.

Par contre, il est parfaitement discriminatoire de faire des exceptions déguisées en « accommodements raisonnables » envers des individus qui se prévalent de « convictions religieuses » particulières et irrationnelles pour imposer ces exceptions dans tous les secteurs de la société civile. Il y a vingt ans, mon patron m’aurait considéré comme raciste si j’avais accepté l’exception du shabbat pour ma candidate juive. Aujourd’hui, le raciste est celui qui veut traiter tous ses employés, tous ses élèves ou tous ses partenaires sur un pied d’égalité.

En prenant les Français pour des imbéciles et en leur imposant d’une manière de plus en plus absurde une idéologie communautariste à l’encontre de leur volonté, de leur contrôle démocratique et de leurs valeurs, nos gouvernants européistes et leurs officines dispendieuses créent les conditions d’une révolte populaire, laïque et démocratique, et de graves affrontements sociaux. Cette fuite en avant n’est qu’une fuite vers le pire, qui reste à venir et dont nos dirigeants se pressent d’accélérer la venue.

Roger Heurtebise

(1) http://www.halde.fr/IMG/alexandrie/3468.PDF

(2) http://www.observatoiredeleurope.com/La-douleur-du-membre-fantome_a888.html

(3) http://www.stop-discrimination.info/808.0.html

(4) cf. les rapports Obin et Denécé, et… http://www.ripostelaique.com/Eric-Denece-les-grandes.html

(5) http://www.la-croix.com/afp.static/pages/080513174834.ompg0l72.htm

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