Halte au lynchage de Georges Frêche

Publié le 28 décembre 2009 - par
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Quelque soit l’avis que l’on porte sur la politique et la gouvernance de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon, il devient insupportable d’entendre régulièrement, au sein du monde politico-médiatique, des commentaires calomnieux à l’encontre de cet homme politique pour les propos qu’il a tenus, en février 2006, à l’égard de militants UMP (descendants de Harkis) et, en novembre de la même année, au sujet de l’équipe de France de football.

L’UMP s’enfonce à coeur joie dans ces attaques fangeuses. Celles-ci transpirent l’hypocrisie : comment peut-on à la fois défendre la « blague » douteuse de Brice Hortefeux sur les Maghrébins, approuver les palabres ridicules de Nadine Morano sur le « verlan » et les musulmans à casquettes, tolérer les commentaires abjects de Christian Vanneste sur l’homosexualité et, en même temps, s’offusquer des propos de Georges Frêche ? Quant à la gauche, gangrénée par l’hystérie antiraciste, elle n’a pas hésité à jeter l’anathème sur cet homme, subitement devenu infréquentable.

Seulement voilà, les socialistes languedociens ont plébiscité la reconduction de Monsieur Frêche pour mener les leurs aux élections régionales de mars 2010. Nous avons alors eu droit à un formidable numéro d’équilibriste de la part de la Première Secrétaire du PS, Martine Aubry : son parti, qui a exclu Georges Frêche en 2006, prend acte de la décision des militants languedociens, ne présentera pas de liste concurrente mais, pour autant, ne donne pas l’investiture à la liste Frêche ! Comprenne qui pourra !

Jusqu’au boutiste (jusqu’au ridicule), Arnaud Montebourg continue de défendre la possibilité d’une liste alternative. Servant de conscience morale à un parti schizophrène sur ce sujet, il ne recule devant aucune absurdité offensante : le 16 décembre, sur le plateau de Michel Denisot, il affirmait que Georges Frêche était le représentant de la branche OAS du socialisme. Odieux mensonge lorsqu’on sait que Frêche a été un militant de l’indépendance de l’Algérie, s’opposant justement à l’OAS…

Mais peu importe, le Grand Journal de Michel Denisot se fait le spécialiste du lynchage anti-Frêche. Jean-Michel Aphatie, l’éditorialiste donneur de leçons du Grand Journal, se permet régulièrement d’attaquer Georges Frêche sans qu’il puisse se défendre. Ce dernier se voit affublé, à demi-mots, des pires tares sans qu’une quelconque contradiction ne soit apportée à cette sentence journalistique. En outre, quoique discrets, Arianne Massenet, Ali Baddou et Michel Denisot – co-présentateurs de l’émission – acquiescent généralement aux propos du grand censeur. La police de la pensée unique est à l’oeuvre.

Pour avoir répondu – de façon regrettablement véhémente – à des militants UMP qui perturbaient le discours qu’il prononçait en hommage à un ami pied-noir assasiné (Jacques Roseau), et pour avoir implicitement plaidé le principe de discrimination positive – en faveur des Blancs – au sein de l’équipe nationale de football, Georges Frêche est devenu persona non grata ! Et ce, malgré les excuses et les explications fournies par l' »accusé » qui – il est bon de le rappeler – n’a pas été condamné par la justice pour ses déclarations excessivement vilipendées.

La religion connaît le Pardon, quid du Parti Socialiste ?

Stanislas Geyler

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