Hassan II : « du moment où l’on est musulman, on ne peut pas être laïque »

Publié le 22 juin 2009 - par - 4 734 vues
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J’ai démontré par mes articles l’incompatibilité fondamentale entre islam et laïcité, entre Marianne et Mahomet. Le défunt roi du Maroc le disait aussi. Pour Hassan II, les Marocains résidents en France restaient ses sujets (d’où le contrôle par des officines religieuses pilotées par l’ambassade du Maroc) et non ceux d’une république laïque française. Selon lui, ils sont appelés tôt ou tard à retourner en terre d’islam. Hassan II utilisait la métaphore de l’huile et de l’eau : on peut secouer un mélange des deux liquides dans un shaker, mais les molécules restent séparées et dès qu’on arrête d’agiter, chaque liquide se reconstitue séparément.

Je n’ai pas d’admiration pour cet ancien tyran, mais je reconnais qu’il était très cultivé, et qu’il connaissait parfaitement la culture occidentale et musulmane : il pouvait citer autant de morceaux de littérature française que de littérature musulmane, et il connaissait mieux l’Histoire de France que bien des Français de souche. Rien de commun avec ceux qui revendiquent chez nous une « double culture » et qui ne connaissent ni le Coran ni la Princesse de Clèves !

Hassan II connaissait donc la culture française et la culture musulmane, tout comme un africaniste suédois connaîtrait la culture africaine et la culture nordique. Mais cela ne veut pas dire que ces cultures sont « métissables », pour reprendre un terme à la mode. Connaître deux cultures, ce n’est pas les mélanger ou les amalgamer dans sa tête et son identité.

Hassan II explique fort bien l’incompatibilité entre islam et laïcité dans une interview remarquable :

http://www.dailymotion.com/video/x5dvpp_la-vision-dhassan-ii-sur-la-laicite_news

Le psychologue Fethi Benslama fait la même distinction qu’Hassan II, et met en garde contre une fausse « double culture », celle qui fait confondre, selon ses termes, modernité et modernisme, dans son ouvrage « La psychanalyse à l’épreuve de l’islam ». La modernité est occidentale. Ce qu’il appelle modernisme, c’est une volonté d’apparaître moderne, mais sans l’être réellement. C’est le plagiat de la modernité. C’est la fille voilée qui utilise un téléphone portable, c’est Tariq Ramadan qui définit sa propre conception de la « laïcité » sans renier le bien-fondé islamique de la lapidation, ce sont les époux musulmans qui se marient à la mairie avant le mariage « halal » parce que c’est la loi, mais sans adhérer aux droits et devoirs des conjoints définis par la République. C’est l’UOIF qui dit que les musulmans de France obéissent aux lois françaises non pas parce qu’ils les trouvent justes et qu’ils y adhèrent, mais parce qu’ils y sont obligés.

Par analogie, ce n’est pas parce que je porte une kippa le temps de visiter une synagogue que je suis juif, tout comme ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy parle de laïcité qu’il en a acquis les vrais valeurs et la nécessité de la neutralité de sa fonction présidentielle. Ses discours à Ryad ou au Crif le démontrent !

Entre Marianne et Mahomet, il faudra choisir. Mais comme le dit le Hamid Barrada dans la même vidéo, « le citoyen [musulman] est d’abord un croyant. Vous ne pouvez pas séparer cela. » On ne peut suivre à la fois l’école républicaine et l’école coranique, ou alors c’est de la schizophrénie que l’on constate autant dans la société marocaine ou algérienne que dans nos écoles (voir le rapport Obin !)

Roger Heurtebise

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