Identité nationale, un débat capital, qui illustre la dégénérescence de cette gauche

Publié le 30 octobre 2009 - par
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Dès l’annonce par Eric Besson du lancement d’un débat sur ce qui fait l’identité nationale, les réactions n’ont pas tardé. Une fois de plus la gauche n’a pas failli dans sa préférence pour les insultes primaires, caricaturales qualifiant ce débat de manipulateur, nauséabond, pétainiste, vichyste, maurassien.Tout y passe !

Au lieu de s’en saisir pour affirmer sa manière de voir l’avenir pour la France, elle préfère s’en tenir à l’invective pour cacher son incapacité à offrir une alternative crédible aux Français. Dans cet exercice, la palme revient assurément à l’Humanité et au parti communiste

Plus maligne, Marine Le Pen dit chiche ! Ce débat intéresse tous les Français et ne doit pas se dérouler dans l’enceinte fermée des préfectures ou réservée à quelques associations ou personnalité triées sur le volet, contredisant les propos fort surprenant du député Vallini qui affirme que l’identité de la France doit être discutée par les experts, les historiens et non laissée aux politiciens. Singulière conception de la politique pour un élu du peuple !

Or, la question de l’identité nationale concerne tous les Français. Confrontée à la mondialisation débridée, à la crise financière, aux délocalisations et au chômage, aux directives européennes qui n’ont d’autres ambitions que de détruire les Etats nations aux profits des particularismes régionaux et de flatter les minorités ethniques habillées sous le vocable diversité au détriment de citoyens égaux, oui les Français se sentent fragilisés et menacés. Ils l’ont déjà signifié aux pouvoirs publics à deux reprises. En mettant le Front national au deuxième tour lors des élections présidentielles de 2002 et en rejetant clairement le référendum sur le traité européen en juin 2005.

Cette incertitude sur l’avenir de la France est également illustrée par certaines populations immigrées qui n’ont pas voulu s’intégrer et qui, parfois, bien qu’ayant acquis la nationalité française et revendiquant le fait d’être Français, s’en servent pour contester les valeurs de la République. Qu’il s’agisse de siffler la Marseillaise contre l’équipe de France, qu’il s’agisse de porter le voile, la burqua ou les kamis, une fraction de cette population immigrée ou d’origine immigrée veut remettre en cause les valeurs fondamentales de la République et en particulier la laïcité. Plus subtilement mais aussi fortement certains, en avançant les concepts de diversité et son corolaire les statistiques ethniques, en se revendiquant comme une communauté sur la base de l’origine ethnique, d’une couleur, d’une religion, cherchent ni plus ni moins à mettre en cause le principe constitutionnel d’une France une et indivisible.

On peut très honnêtement s’interroger pour savoir dans quelle bulle vivent tous ceux qui s’étranglent à l’idée que l’on ose mettre en relation l’identité nationale et l’immigration !

Que l’on ne se méprenne pas : tout immigré n’est évidemment pas une menace ! En revanche, des dizaines, voire des centaines de milliers d’immigrés mal intégrés, ne connaissant pas les valeurs de la République ou choisissant délibérément de les manipuler – réduisant ainsi le principe de laïcité à la seule liberté de pratiquer sa religion sans autre contrainte – finissent par miner les fondements de la France telle qu’elle s’est construite parfois douloureusement au travers des luttes, des combats des défaites et des victoires. Cette attitude est d’autant plus facile qu’ils ne trouvent face à eux que des dirigeants politiques trop souvent prêts aux accommodements raisonnables pour préserver leurs places.

La France est un pays du mélange. Les Français n’ont cessé de se renouveler mais autour de valeurs communes et en faisant leur une histoire. Malheureusement, cette histoire, cette culture n’est plus guère enseignée et ce socle, ce ciment qui fonde le vivre en France a tendance à tomber en poussière. De nombreux jeunes se mobiliseront plus facilement pour saluer la mémoire de Mickael Jackson, défendre le droit de pirater, musique DVD, le droit de s’habiller comme bon lui semble que pour défendre la laïcité. C’est souvent assez affligeant.

Il n’empêche. Il est encore temps d’affirmer que l’avenir de la France ne se réduit pas à la concurrence libre et non faussée, à la loi du marché, du profit de quelques uns dont les valeurs seraient le métissage, le multiculturalisme, le confessionnalisme, une société à la libanaise, divisée qui débouche sur la guerre civile ou religieuse.

Mais il va falloir faire très vite, et surtout opérer un virage spectaculaire par rapport à ce qui s’est fait depuis trente ans, car la situation actuelle, illustrée par les violences de Marseille et de Fréjus, est extrêmement grave.

Gabrielle Desarbres

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